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Gouvernance publique

Grâce à une meilleure gestion des budgets serrés, les gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes pourraient améliorer les niveaux de vie

 

06/12/2016 - Les gouvernements d’Amérique latine devront améliorer la gestion du secteur public et renforcer ses capacités, y compris au niveau de l’allocation budgétaire, afin de compenser les pressions que fait peser le recul des cours des produits de base sur les finances publiques, comme l’indique une nouvelle publication de l’OCDE et de la Banque interaméricaine de développement (BID), qui couvre plus de 15 pays dans la région.

 

Selon le rapport Government at a Glance: Latin America and the Caribbean 2017 (disponible en anglais), afin de raviver une productivité actuellement stagnante, de réduire les écarts de revenu et de renforcer les filets de protection sociale, il faudra mieux gérer les dépenses des pouvoirs publics et améliorer la gouvernance publique dans son ensemble.

 

Le rapport indique que les dépenses consacrées par l’État aux écoles publiques et aux hôpitaux peuvent atténuer les inégalités de revenus, mais dans la région Amérique latine et Caraïbes (ALC), la plupart du temps, les autorités n’investissent pas suffisamment dans ces services publics. Au total, les pays de l’ALC affectent à peine 8.7 % du PIB en moyenne à des dépenses sociales tels que l’éducation, la santé, les allocations de chômage ou les pensions, contre 16.8 % dans les économies de l’OCDE.  

 

« La stagnation de la productivité combinée à de fortes inégalités et à une faible perception des recettes fiscales impose des contraintes aux gouvernements de la région ALC. Les gouvernements disposent de très peu de marge pour étoffer les budgets de l’État, si bien qu’ils devront mieux cibler les dépenses publiques et en améliorer la conception s’ils veulent assurer un meilleur niveau de vie à leurs citoyens », affirme le directeur adjoint de la gouvernance publique et du développement territorial de l’OCDE, M. Luiz de Mello, à l’occasion du lancement du rapport lors d’une réunion ministérielle internationale sur la productivité et la croissance inclusive (disponible en anglais), à Santiago du Chili.

 

La deuxième édition de Government at a Glance: Latin America and the Caribbean porte sur le Brésil, le Costa Rica, l’Équateur, Haïti, le Mexique, l’Argentine, l’Uruguay, El Salvador, Panama, la République dominicaine, la Colombie, le Chili, le Paraguay, la Jamaïque et le Pérou.

 

« Au cours de la dernière décennie, l’Amérique latine et les Caraïbes ont conjugué croissance et amélioration de la distribution des revenus, à la faveur d’une conjoncture propice, qui a facilité la croissance et la gestion budgétaire de la région. L’environnement international étant désormais moins favorable, les autorités doivent améliorer l’efficience et l’efficacité des dépenses publiques. Cela passe par une amélioration de la conception et de la mise en œuvre des programmes publics, de façon à garantir que chaque centime dépensé peut contribuer à la réduction des inégalités sociales et de la pauvreté ou accroître la productivité en vue de rehausser la qualité de vie des individus », déclare M. Carlos Pimenta, spécialiste principal des questions budgétaires et municipales de la BID.

 

Principales conclusions du rapport :

 

  • La taille de l’État varie d’un pays de la région ALC à l’autre mais en règle générale, ils sont relativement petits. Les dépenses publiques dans les pays de l’ALC étudiés ressortent en moyenne à 31 % du PIB, contre 41.5 % dans les pays de l’OCDE, même si cet écart se réduit. De même, l’emploi dans la fonction publique en proportion de l’emploi total s’établit en moyenne à 12.4 % dans les pays de l’ALC, contre 21.6 % dans les pays de l’OCDE.

 

  • Malgré des progrès récents, l’ALC reste une région marquée par de fortes inégalités en termes de revenus des ménages, comme le montre un coefficient de Gini moyen, après impôts et transferts, de 0.49 dans la région, contre 0.29 dans les pays de l’OCDE.

 

  • Les pouvoirs publics des pays de l’ALC pourraient contribuer à améliorer la productivité économique de la région en abaissant les obstacles aux échanges et à l’investissement, qui sont bien plus élevés que dans la zone OCDE. La réglementation des marchés de produits tend également à être plus restrictive dans les pays de l’ALC.

 

  • Le rôle moteur et la coordination exercés par les centres de gouvernement ont progressé, mais restent encore davantage axés sur les procédures que sur la teneur de l’action publique. Une culture de l’évaluation des politiques publiques fait également défaut aux administrations des pays de l’ALC alors qu’elle pourrait conduire à une amélioration de la conception, de la budgétisation et de la mise en œuvre.

 

  • Concernant la qualité des services publics, la plupart des pays de l’ALC disposent désormais d’un portail destiné aux citoyens constituant un point d’accès unique aux services gouvernementaux. Toutefois, afin de recueillir pleinement les fruits de ces portails, il conviendrait d’adopter de nouvelles technologies dans l’ensemble de l’administration.

 

  • Les administrations de la région ALC font des efforts pour que leurs données soient librement accessibles au grand public. Néanmoins, elles pourraient faire davantage pour faciliter leur utilisation par les citoyens et entreprendre avec eux la mise au point de solutions qui répondent à leurs attentes et à leurs besoins.

 

  • Ces dix dernières années, le recrutement concurrentiel au mérite a été renforcé dans la région ALC, essentiellement grâce à l’introduction de portails web pour la fonction publique et à la consolidation des organismes de la fonction publique. Toutefois, il reste de la marge pour améliorer les performances du secteur public.

 

Téléchargez le rapport et les synthèses en anglais, espagnol et portugais :

www.oecd.org/governance/government-at-a-glance-latin-america-and-the-caribbean-2017-9789264265554-en.htm

 

Pour de plus amples informations, ou pour parler à l’un des auteurs du rapport, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer à la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00) ou le contact presse de la BID Mildred Rivera (+1 202 623 2319.)

 

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