Tirer d’une terrible crise un héritage positif

 

Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE

25/01/2012 - Les perspectives économiques sont très différentes pour 2012 de ce qu’elles étaient il y a un an. Face au regain d’incertitude sur l’état de l’économie mondiale et au malaise qu’inspire l’avenir, l’optimisme prudent du premier semestre 2011 s’est évanoui. Le chemin de la reprise est semé d’embûches ; pour enclencher une dynamique de progrès en 2012, il faut une solide impulsion et un engagement collectif énergique. Nous ne pouvons nous permettre de sombrer dans un pessimisme impuissant, nous devons de nouveau susciter espoir et confiance.

Certes, nul n’espérait que la croissance essoufflée et le chômage obstiné qui accablent la plupart des économies avancées depuis 2008 débouchent sur une reprise miraculeuse ; mais différents signaux laissaient entrevoir une reprise fragile. Les tensions ont commencé à peser sur les pays européens lorsque les marchés ne se sont plus seulement inquiétés de la dette publique de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, mais aussi de pays plus grands. Elles ont déclenché un débat sur l’avenir de l’euro, que relate le présent Annuel, et alimenté des efforts pour renforcer le socle de l’Union monétaire. Au Japon, la dette a franchi le cap des 200 % du PIB, conséquence partielle du tragique séisme et de l’effort de reconstruction qu’il a entraîné. Par ailleurs, l’impasse des négociations budgétaires aux États-Unis n’a guère réconforté les marchés.

Malgré maintes négociations et déclarations publiques, les marchés financiers sont restés tendus, sur fond de dégradation des conditions économiques. Aujourd’hui, de nombreuses grandes économies mondiales tournent au ralenti, les échanges stagnent et les chiffres du chômage ne vont probablement pas s’améliorer avant 2013 – ils devraient alors repasser sous les 8 % en moyenne dans l’OCDE, selon les prévisions. La croissance ralentit aussi dans les économies émergentes : au Brésil, la croissance du PIB devrait atteindre 3,2 % en 2012, contre 7,5 % en 2010.

Il existe toutefois un scénario plus positif, qui pourrait se réaliser grâce à des politiques adaptées, une impulsion résolue et une coopération internationale. Des actions fortes sont nécessaires pour débloquer la situation à court terme, mais les décideurs doivent penser à l’avenir sans se laisser influencer par les gros titres.

Prenons la crise de la dette souveraine. Pour assurer la viabilité des finances publiques à moyen terme, il faut un cadre budgétaire adéquat et la volonté affirmée d’appliquer des plans d’assainissement crédibles et clairs. La réduction du déficit et de la dette étant conditionnée par la croissance économique, l’assainissement budgétaire doit être aussi favorable que possible à la croissance. Le très bas niveau des taux d’intérêt laisse peu de marge pour assouplir encore la politique monétaire. Améliorer la structure fondamentale et la nature de nos économies et de nos sociétés semble une démarche prometteuse. Je voudrais souligner, dans ce deuxième Annuel de l’OCDE, les domaines d’action qui nous semblent essentiels pour 2012.


Penser structurel…

La démarche structurelle que nous encourageons privilégie des domaines stratégiques comme l’éducation, la santé, les marchés du travail, la concurrence, la fiscalité, la croissance verte et l’innovation. Prenons les nouvelles sources de croissance et la réforme structurelle des marchés de produits qui leur est associée. Il faut redoubler d’efforts pour renforcer la concurrence, non seulement sur les marchés de capitaux, où aucun établissement financier ne devrait pouvoir devenir « trop gros pour faire faillite », mais aussi dans les services et la fourniture d’énergie, où des restrictions freinent l’investissement et la création d’emplois.

L’innovation est l’une des nouvelles sources de croissance les plus importantes. Comme le démontrait notre Stratégie pour l’innovation de 2010, des politiques concrètes peuvent générer davantage d’investissements et d’emplois. Nous devons relancer nos économies avec une croissance plus intelligente, mue par de nouvelles start-ups, une recherche innovante et des PME dynamiques. Nous avons besoin de nouvelles idées, de nouveaux entrepreneurs, de nouveau modèles économiques. Et pour passer à une ère sobre en carbone, il nous faut des énergies renouvelables et des technologies vertes.

Dans les grandes économies émergentes, les réformes structurelles peuvent largement contribuer à atténuer durablement les déséquilibres nationaux et planétaires. Les efforts de protection sociale de la Chine pourraient diminuer la nécessité de l’épargne de précaution et stimuler la demande des consommateurs. Ainsi, l’excédent de la balance courante chinoise pourrait se modérer, et les exportations des pays déficitaires progresser.


… et penser social

Mais le retour de la croissance ne suffira pas, nous ne le répéterons jamais assez. La souffrance humaine et les conflits sociaux ont été les conséquences les plus tragiques de cette crise. En outre, comme le montre cet Annuel, la montée des inégalités et des mécontentements au sein des classes moyennes risquent de saper l’ensemble du système économique.

Trois chantiers sociaux pressants permettraient à mon sens de restaurer la confiance : empêcher l’enracinement du chômage dans de nombreux pays ; axer davantage nos efforts sur les jeunes ; réduire les inégalités menaçant la cohésion sociale et le niveau de vie. En 2012, les gouvernements doivent « penser social » en déployant les politiques adaptées.

Le chômage est le visage humain de la crise. Plus de 200 millions d’individus sont au chômage dans le monde, dont 45 millions dans la zone OCDE. La situation est encore pire parmi les jeunes : avant même la crise, en 2007 et début 2008, alors que les économies de l’OCDE étaient au plus haut et que le taux de chômage global était inférieur à 6 %, le chômage moyen des jeunes restait, à plus de 15 %, obstinément élevé. Aujourd’hui, il avoisine 20 %. La situation est pire encore dans certains pays : en France et en Italie, un quart des jeunes présents sur le marché du travail est sans emploi. En Espagne, le chômage des jeunes tutoie désormais les 49 %. Nous devons employer tous les moyens possibles pour éviter une « génération perdue ».

« Plus fort ! » : tel a été le principal message des Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2011, sous-tendant aussi l’importante décision du G20 de créer un groupe de travail sur l’emploi des jeunes. Que peuvent faire les gouvernements en 2012 ? Une double démarche s’impose.

Ils doivent d’abord s’assurer d’avoir des programmes du marché du travail actifs et assortis, pour les jeunes peu qualifiés, de services d’orientation, d’une aide à la recherche d’emploi et de subventions temporaires à l’embauche.

Ensuite, pour permettre à tous les jeunes un meilleur démarrage sur le marché du travail, il peut être nécessaire de revoir l’ensemble du dispositif éducatif et de doter la jeunesse des compétences élémentaires utiles, avec des programmes d’enseignement et de formation professionnels, ou en s’inspirant de bonnes pratiques. De fait, les taux de chômage des jeunes sont plus faibles dans les pays qui, à l’instar de l’Allemagne, de l’Autriche ou des Pays-Bas, disposent de systèmes d’apprentissage efficaces.

Dans le cadre de l’assistance que nous apportons aux décideurs, nous publierons en 2012 la Stratégie de l’OCDE sur les compétences, détaillant les compétences nécessaires pour passer de l’emploi à vie à l’employabilité à vie, et examinant les mesures les plus efficaces.

Pour lutter contre le fléau du chômage, il faut impérativement enrayer la hausse du nombre de chômeurs de longue durée. Un tiers des chômeurs sont aujourd’hui concernés aux États-Unis, et 40 % environ en Espagne : ce sont autant de ressources gaspillées et, pire encore, de situations d’exclusion et de pauvreté. Compte tenu de la crise, les gouvernements doivent prendre des mesures volontaristes et efficientes, par exemple subventionner les embauches des entreprises prêtes à étoffer leur personnel, ou investir dans la formation qualifiante des chômeurs et leur donner de meilleures chances de trouver un emploi digne de ce nom.


Lutter contre les inégalités

La démarche sociale contribuera aussi à réduire les inégalités. Celles-ci progressaient déjà avant la crise financière mondiale, et se sont probablement creusées depuis. Le titre de notre nouvelle publication sur le sujet – Toujours plus d’inégalité : pourquoi les écarts de revenus se creusent – sonne comme un avertissement à cet égard. De fait, les inégalités s’aggravent dans la majorité des économies avancées et émergentes du G20, et menacent donc le bien-être à l’échelle planétaire, mettant de plus en plus d’individus et de familles en situation difficile. Cette évolution n’est pourtant pas inéluctable.

Dans de nombreux pays de l’OCDE, les lacunes de la fiscalité, de la protection sociale et de la redistribution en sont les principales responsables. Ces dispositifs doivent être repensés. Cependant, nos programmes d’emploi, d’éducation et de formation doivent eux aussi contribuer à optimiser les chances et l’insertion de chacun.

Il faut agir. Pour commencer, les pouvoirs publics doivent s’inspirer des pays qui ont su contenir les retombées sociales de la crise. Ils doivent aussi chercher à répartir le fardeau et à aider les plus vulnérables. Les récessions passées l’ont montré, les coupes générales opérées dans les programmes sociaux touchent les bas revenus, les plus dépendants des prestations sociales. Les baisses d’impôt, qui favorisent souvent les riches, ont creusé les écarts et écorné la cohésion sociale.

Les pays de l’OCDE ne sont pas les seuls à devoir renforcer leurs politiques sociales. L’extension de la couverture sociale de base commence à permettre aux économies émergentes de réduire la pauvreté et l’exclusion, via par exemple le versement, sous conditions de ressources, d’aides financières associant une garantie de revenu et des investissements dans l’éducation et la santé des enfants. En bref, les gouvernements doivent cibler en priorité les familles et les enfants dans leurs choix stratégiques en matière de fiscalité et de dépenses.


Plus de pouvoir aux femmes

La condition féminine est un sujet particulièrement important, aussi bien socialement qu’économiquement. Comme le montre cet Annuel, le taux d’emploi des femmes est, dans la majorité des pays, bien inférieur à celui des hommes. Or, une économie ne peut réaliser tout son potentiel sans exploiter pleinement l’apport des femmes. Ce constat sous-tendait le lancement, en avril 2011, de l’Initiative de l’OCDE pour la parité. En présidant au mois de mai la Réunion du Conseil au niveau des ministres du 50e anniversaire, Mme Hillary Clinton, Secrétaire d’État des États-Unis, s’est jointe aux autres ministres pour soutenir cette importante initiative.

Celle-ci ne pouvait être plus opportune. Au début de la crise, les hommes risquaient davantage de perdre leur emploi que les femmes, dont la durée de travail a augmenté au moment où celle des hommes reculait. Ceci renforcerait la résilience des ménages. En 2012, les politiques doivent intégrer plus de femmes à la population active en soutenant l’entrepreneuriat féminin, en favorisant l’égalité des chances dans l’éducation et en améliorant les conditions du travail à temps partiel, les services aux familles et les rémunérations.


Une croissance plus verte

Aujourd’hui, le bien-être n’est plus une question de choix entre la croissance de l’économie et la santé de la planète. Depuis le Sommet de Rio, il y a 20 ans, nous savons qu’écologie et croissance vont de pair. Avec le sommet anniversaire Rio+20 programmé en juin prochain, nous devons nous assurer que 2012 sera l’année de la concrétisation des engagements. Notre Stratégie de l’OCDE pour une croissance verte de 2011 aidera les responsables publics et les parties prenantes à relever les grands défis environnementaux de la planète, tout en ouvrant le champ des possibilités économiques.

La croissance verte a un sens tant économique qu’environnemental. Dans les seuls secteurs des ressources naturelles, les débouchés commerciaux liés aux investissements écologiques pourraient atteindre des milliers de milliards de dollars à l’horizon 2050. Avec les bonnes politiques (mise en place de cadres budgétaires et réglementaires, soutien à l’innovation, incitation à un usage efficient des ressources naturelles et alourdissement des charges financières pour les pollueurs), nous pouvons créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer notre qualité de vie.

Les gouvernements peuvent comparer leurs politiques à notre stratégie afin de vérifier leur pertinence. Par exemple, leurs dépenses de recherche-développement sont-elles bien ciblées ? Leurs marchés du carbone fonctionnent-ils ? La proportion d’énergies renouvelables est-elle suffisamment élevée ? Ils peuvent désormais répondre à ces questions et aller de l’avant.


Mesurer le progrès

Qu’elles soient structurelles ou sociales, environnementales ou budgétaires, toutes nos actions doivent remettre l’humain au cœur de l’action publique. Vous, moi, tout le monde veut une vie meilleure. En mai 2011, nous avons lancé l’Initiative « Vivre mieux » de l’OCDE, première tentative de regroupement d’indicateurs du bien-être permettant des comparaisons internationales entre tous les pays de l’OCDE et d’autres grandes économies. Au-delà des mesures classiques du PIB, cette initiative souligne les nombreuses facettes de la vie, des besoins, des aspirations et des perceptions de chacun. L’objectif est de réintégrer le point de vue des citoyens dans le débat. Les questions centrales sont non seulement « quelle croissance ? », mais aussi « la croissance de qui ? » ; non seulement « la société de qui ? », mais aussi « quelle société ? » ; et non seulement « le monde de qui ? », mais aussi « quel monde ? ».

Quoique très récente, cette initiative montre que le bien-être est une affaire de lien social et de collectivité, de chances offertes et d’élimination d’obstacles comme la pauvreté et l’illettrisme. Elle a bénéficié en octobre 2011 du lancement de Comment va la vie ?, qui montre aussi que le bien-être est une question de perception qu’ont les gens de leur vie. Cette publication s’inscrit dans notre mission de production de lignes directrices internationales permettant de comparer le bien-être subjectif à l’échelle mondiale.


Vers l’efficacité du développement

Les pays en développement représentent aujourd’hui un quart environ des échanges mondiaux ; leur bien-être est le bien-être de tous. Pourtant, plus d’un milliard d’individus sur cette planète ont faim, et plusieurs milliards n’ont pas accès à une eau de qualité, à des installations sanitaires ou à l’énergie. Changer cette réalité inacceptable est l’une des principales raisons de l’élaboration de notre nouvelle Stratégie de l’OCDE pour le développement, afin de partager nos connaissances avec des partenaires du monde en développement et, ainsi, améliorer les résultats des politiques de développement.

En s’éloignant d’une logique paternaliste, cette nouvelle réflexion accélère l’avènement de politiques plus globales et plus cohérentes. La mobilisation des ressources nationales, la mise en place de dispositifs budgétaires efficaces, l’exploitation de nouvelles sources de croissance et l’élaboration de systèmes de gouvernance efficaces seront les éléments de notre stratégie pour le développement.

L’aide demeure un outil essentiel pour le développement, mais elle n’est pas le seul. Le Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide de Busan a placé l’efficacité du développement, et non plus de l’aide, au cœur des préoccupations. De fait, les pays de l’OCDE assurent quelque 90 % de l’aide bilatérale au développement, et l’OCDE œuvre depuis des décennies à une meilleure efficacité de l’aide.

Avec la Stratégie de l’OCDE pour le développement, nous mettrons notre savoir-faire collectif au service de politiques plus efficaces axées sur les résultats. Il faudra pour cela remettre en question des idées reçues et des recommandations d’action. Prenons l’exemple du commerce international. L’ouverture aux échanges et aux investissements sont un préalable à la croissance et au développement, mais ils ne constituent pas une fin en soi, et doivent se définir à l’aune des résultats obtenus en termes d’amélioration du niveau de vie, du bien-être de chacun, de l’insertion sociale et de la qualité environnementale.


Pour une gouvernance mondiale

Au début de la crise économique, de nombreux décideurs – à commencer par moi – ont répété qu’il serait « terrible de gâcher une crise ». Les gouvernements doivent se demander si cette injonction a toujours été entendue. En tant que Secrétaire général de l’OCDE, je puis affirmer avec force que notre organisation s’est efforcée de tirer toutes les leçons de cette crise, et de les transformer en meilleures politiques, capables d’améliorer partout la vie des gens.

Prenons la fraude fiscale. La lutte contre les paradis fiscaux paie. Ces deux dernières années, malgré le scepticisme initial, le voile du secret bancaire a été levé. Le Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales – mis en place par l’OCDE en réaction à un appel du G20 au Sommet de Londres en 2009 – est un instrument d’évolution irréversible vers un environnement fiscal plus transparent, qui a déjà permis de produire 59 examens. Quelque 700 accords d’échange d’informations ont été signés.

La réunion du G20 à Cannes en novembre 2011 a poursuivi sur cette excellente voie, notamment avec la Convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale, puissant instrument de l’OCDE et du Conseil de l’Europe. Selon les estimations de l’OCDE, près de 14 milliards d’euros de recettes fiscales ont été collectées dans une vingtaine de pays auprès de plus de 100 000 contribuables aisés, qui ont désormais compris la futilité de délocaliser des actifs non déclarés.

Nous attendons beaucoup de l’application d’autres accords d’échange. Mais le respect de la discipline fiscale ne se limite pas à l’augmentation des recettes : il permet de renforcer l’équité et l’efficacité de nos systèmes fiscaux. Nous devons montrer que la charge fiscale est équitablement répartie et que ceux qui pratiquent la fraude fiscale ou dissimulent leurs gains doivent rendre des comptes.

Nous devons aussi montrer que nous sommes déterminés à éradiquer la corruption active et passive. Le rôle moteur de l’OCDE dans ce domaine a été appuyé par le G20, et a bénéficié d’une nouvelle impulsion en mai 2011 lorsque la Russie a rejoint le groupe de travail de l’OCDE sur la corruption, étape importante pour rejoindre la Convention anticorruption. Nous ne pouvons permettre que la lutte contre la corruption soit étouffée par la crise économique : il nous faut au contraire redoubler d’efforts dans ce domaine en 2012.

Un autre enseignement tiré de la crise concerne l’amélioration de l’éducation financière, domaine où les progrès sont réels. En octobre 2011, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 ont entériné les Principes de haut niveau du G20 sur la protection des consommateurs de services financiers, élaborés en coopération avec le Conseil de stabilité financière. Pour ceux d’entre nous qui s’impliquent dans la protection des consommateurs, c’est une bonne nouvelle, car les marchés de capitaux et leurs produits se complexifient et posent à la majorité des clients des problèmes de compréhension et, a fortiori, d’usage en vue de leur retraite ou d’autres investissements de protection sociale.

Cette crise a fait éclater au grand jour le risque colossal de l’intégration économique mondiale lorsque la gouvernance internationale reste fragmentée. Nous ne pouvons progresser durablement sans une meilleure coordination de l’action de nos gouvernements, de nos décisions institutionnelles et de nos politiques, qu’il s’agisse de surmonter les déséquilibres, de promouvoir un développement efficace ou d’aider l’euro à traverser la crise.

Malgré l’énorme difficulté pour obtenir un consensus et trouver de nouveaux équilibres entre pays en développement et développés, le G20 a remporté quelques succès importants, dont l’adoption de mesures cruciales pour mettre fin au secret bancaire, la création du Cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée, ou la mise au point du Consensus de Séoul sur le développement pour une croissance partagée.

L’OCDE a favorisé ces progrès en participant à la formulation du Plan d’action de Cannes pour la croissance et l’emploi, à partir du Cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée. Nous avons également soutenu le G20 dans plusieurs domaines : corruption, volatilité des prix alimentaires, emploi, échanges et investissements, subventions aux combustibles fossiles, financement des PME, fiscalité, réforme du système monétaire international. Nous serons heureux de poursuivre ces progrès en 2012, sous la présidence mexicaine.

Je crains de ne pouvoir me remémorer une année dont les prémices économiques aient été plus incertaines. 2012 nous ouvre toutefois des portes : la communauté mondiale devra affronter des épreuves, mais pourra saisir sa chance. De meilleures politiques pourront faire la différence, pour peu que les dirigeants montrent la voie. Les yeux et les espoirs du monde entier sont suspendus aux gouvernants. L’OCDE a vocation à leur offrir son concours, né de l’expérience de politiques adaptées ; elle est déterminée à contribuer à ce que l’avènement d’une économie mondiale meilleure, plus solidaire et plus verte soit l’héritage positif d’une terrible crise.

© L’Annuel de l’OCDE 2012 (en anglais, traduction française en cours)
 

See also:

Toujours plus d'inégalité : Pourquoi les écarts de revenus se creusent Editions OCDE (2011)
Perspectives de l'emploi de l'OCDE 2011 Editions OCDE (2011)
Comment va la vie ? Mesurer le bien-être Editions OCDE (2011)

 

More:
L’initiative « Vivre mieux » de l'OCDE
La Stratégie de l'OCDE pour le développement (en anglais)
La stratégie de l'OCDE pour l'innovation
Stratégie de l'OCDE sur les compétences
L'initiative de l'OCDE pour la parité
La Stratégie de l'OCDE pour une croissance verte

www.oecd.org/secretairegeneral

 

 

 

 

 

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