Partager

Général

L’OCDE préconise des politiques de l’emploi plus dynamiques pour faire face à la mondialisation

 

28/06/2005 - Il est indispensable que les pays se dotent de politiques efficaces pour encourager l’emploi et combattre le chômage s’ils veulent tirer pleinement parti de la mondialisation et éviter une réaction de rejet face à la libéralisation des échanges. C’est ce que recommande l’OCDE à ses 30 pays membres dans la dernière édition de sa publication annuelle, Perspectives de l’emploi.

"Les pertes d’emplois dans certains secteurs, au même titre que les possibilités d’emploi nouvelles dans d’autres secteurs, accompagnent inévitablement le processus de mondialisation", selon l’OCDE. "Le défi est de faire en sorte que le processus d’ajustement qu’implique l’adaptation de la main-d’œuvre disponible aux emplois nouveaux s’opère sans heurts, dans toute la mesure du possible".

L’OCDE adresse en particulier aux gouvernements les recommandations suivantes :

  • Faire en sorte que le travail soit financièrement plus intéressant que les prestations sociales, en versant s’il le faut un complément de salaire aux prestataires qui acceptent un emploi.
  • Fournir une garantie de revenu adéquate en cas de perte d’emploi et aider les chômeurs à retrouver rapidement du travail en les faisant bénéficier d’une véritable aide au reclassement, de possibilités de formation et d’autres aides à la réinsertion.
  • Veiller à ce que la gestion des services de l’emploi permette d’assurer autant que possible un suivi individualisé des demandeurs d’emploi.
  • Faire en sorte que les entreprises qui licencient donnent à leurs salariés un préavis suffisant et que les travailleurs concernés puissent disposer de services de reclassement efficaces pendant la durée du préavis, par exemple grâce à la présence sur place d’agents spécialement détachés par les services de l’emploi.

Cet appel lancé par l’OCDE à ses pays membres a pour objectif de les inciter à engager des réformes pour faire face à la concurrence des économies émergentes. L’emploi se redresse lentement dans les pays de l’OCDE, note l’Organisation, mais si l’on se fie aux tendances actuelles, il y aurait encore quelque 36 millions de chômeurs dans la zone de l’OCDE en 2006 (6,4 % de la population active), contre 37 millions en 2004 (6,7 % de la population active). Environ 35 % des personnes d’âge actif sont sans emploi, et il y a peu de chances qu’une amélioration notable se produise au cours des deux prochaines années.

Augmentation des importations, investissements directs à l’étranger (parfois directement liés à la délocalisation de la production) et afflux d’immigrés sont autant de facteurs qui contribuent à l’insécurité croissante de l’emploi dans les pays de l’OCDE. L’intégration rapide dans le système commercial mondial de la Chine et de l’Inde, avec leurs énormes réserves de main-d’œuvre à bas salaires, et l’élargissement récent de l’Union européenne n’ont fait qu’attiser un peu plus les craintes de pertes d’emplois et de baisse des salaires.

Si les inquiétudes engendrées par la mondialisation, quoique très répandues, ne sont pas toujours justifiées, l’OCDE reconnaît néanmoins que l’ajustement à opérer face aux nouvelles évolutions n’est "ni automatique, ni indolore".

D’une part, "une partie seulement des pertes d’emplois enregistrées dans les pays de l’OCDE est directement imputable à la libéralisation des échanges et de l’investissement", est-il indiqué dans la publication, et "il est exagéré de prétendre que la mondialisation est la cause principale des problèmes du marché du travail dans les pays de l’OCDE".

D’autre part, le fait est que les travailleurs qui perdent leur emploi dans les secteurs touchés par la concurrence des importations ont souvent du mal à retrouver du travail et doivent parfois accepter pour cela une baisse notable de leur rémunération. Par rapport aux autres catégories de travailleurs privés d’emploi, il s’agit généralement de personnes plus âgées, moins instruites et dont les qualifications ne correspondent plus aux besoins du moment.

Dans ces conditions, conclut l’OCDE, "il est plus important que jamais de veiller au dynamisme du marché du travail et faire en sorte que les personnes d’âge actif aient la possibilité de travailler et y soient incitées". Sans quoi le prix à payer pourrait être une opposition au changement : "Le fait de ne pas reconnaître l’effort d’ajustement que la mondialisation exige de la part des travailleurs et de ne pas mettre en œuvre les réformes indispensables risque d’éroder le soutien de l’opinion publique aux politiques d’ouverture aux échanges".

Des notes par pays sur l’Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l’Italie et le Japon sont également disponibles.

L’édition 2005 des Perspectives de l’emploi de l’OCDE est disponible pour les journalistes auprès de la Division des relations avec les médias de l’OCDE (tél. 33 1 45 24 97 00).

Pour des informations complémentaires, les journalistes sont invités à contacter Raymond Torres, Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE (tél. : [33] 1 45 24 91 53).

Pour des informations complémentaires voir le site www.oecd.org/els/perspectivesemploi

Voir graphiques

 

Documents connexes