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La Chine pourrait devenir le premier exportateur mondial d’ici 2010

 

16/09/2005 - La Chine pourrait devancer les États-Unis et l’Allemagne et devenir le premier exportateur mondial dans les cinq prochaines années. Les biens et services chinois représenteraient alors pas moins de 10 % des échanges mondiaux, contre 6 % à l’heure actuelle, selon l’OCDE.

Dans la première Étude économique qu’elle consacre à la Chine, l’OCDE constate que le rythme actuel de la croissance économique – qui s’établit en moyenne à plus de 9 % par an depuis une vingtaine d’années – ne montre aucun signe de ralentissement. Toutefois, si le dynamisme de l’économie a contribué à faire reculer le nombre de Chinois vivant dans la pauvreté absolue, le niveau de revenu est encore faible et les inégalités s’accentuent, non seulement entre zones urbaines et rurales – le revenu moyen dans les campagnes ne représente qu’un tiers de celui observé dans les villes – mais aussi au sein même des provinces côtières plus prospères.

Pour réduire ces écarts de revenu, les autorités devraient prendre des mesures propres à faciliter la circulation de la population entre les campagnes et les villes même si, précise l’étude, l’urbanisation devra être gérée avec soin. Un assouplissement des restrictions légales à la migration devra être envisagé, ainsi qu’une réforme du droit foncier. Il conviendra en outre d’adapter les modes de financement des différents niveaux d’administration afin de pouvoir couvrir les besoins en matière de santé et d’éducation d’une population urbaine croissante, les autorités locales n’ayant pas toujours les moyens d’accroître leurs recettes à hauteur de leurs obligations financières. Les autorités devront également s’appliquer à faire respecter plus strictement la législation anti-pollution.

A la suite des réformes de fond engagées par les pouvoirs publics, le secteur privé est désormais le moteur de la croissance économique remarquable de la Chine. Largement plus de la moitié du PIB chinois est le fait d’entreprises contrôlées par des intérêts privés. Il faut cependant aller plus loin encore et continuer d’améliorer l’environnement dans lequel opèrent les entreprises, indique l’étude. Le capital requis pour créer une société, par exemple, est encore relativement élevé. La révision de la loi sur les sociétés, l’adoption d’un nouveau code des faillites et l’amélioration de la protection des droits de propriété comptent parmi les priorités dans ce domaine.

L’instauration de l’économie de marché en Chine exige également de poursuivre la réforme d’un système financier encore dominé par les banques, dont la quasi-totalité sont contrôlées par l’État. La ponction qu’exerceront sur le budget de l’État les récentes réformes destinées à apurer l’immense stock de créances improductives accumulées par les banques sera élevée, mais devrait rester tolérable, est-il précisé, du fait notamment que la croissance économique a permis de ramener cette charge de près de 50 % du PIB en 1999 à moins de 30 %. L’étude souligne néanmoins que, si le secteur privé n’y joue pas un rôle plus affirmé, la santé future du système bancaire restera précaire.

Selon l’étude, l’amélioration de l’affectation du capital est une condition de la pérennité de la croissance. Les sociétés doivent avoir plus facilement accès aux marchés des actions et des obligations pour lever des fonds. La totale négociabilité des actions détenues par l’État permettrait d’améliorer la gouvernance des sociétés cotées en bourse, tandis que le marché des obligations de sociétés, qui représente aujourd’hui moins de 1 % du PIB, gagnerait à un recul de l’intervention de l’État.

En outre, l’assouplissement du régime de change de la monnaie chinoise réduirait l’instabilité des prix et favoriserait une plus grande stabilité de l’environnement macroéconomique. La décision prise en juillet 2005 de réévaluer le yuan et de mettre fin à l’ancrage du yuan sur le dollar EU pour évoluer vers un système de taux de change autorisant une marge de fluctuation autour d’un cours pivot déterminé en fonction d’un panier de devises, constitue de ce point de vue un pas dans la bonne direction.

Les finances publiques chinoises sont en bonne posture, puisque le déficit budgétaire en 2004 était inférieur à 1 % du PIB et que la dette publique est restée stable, aux alentours de 23 %. Cependant, les dépenses publiques consacrées à la santé et à l’éducation, qui demeurent faibles, devront être accrues. La réforme du système de pensions doit se poursuivre dans la mesure où le vieillissement de la population chinoise va sensiblement s’accélérer dans les vingt prochaines années. L’étude formule à cet égard quelques recommandations, par exemple l’élévation de l’âge de la retraite, l’extension de la couverture du système de retraite et la transférabilité des droits à pension à l’intérieur du pays.

Une synthèse de l’étude économique de la Chine peut être consultée à l’adresse suivante : www.oecd.org/eco/etudes/chine. Des informations en chinois sont accessibles sur le site de l’OCDE dans cette langue www.oecdchina.org.

Pour des informations complémentaires ou pour se procurer un exemplaire de l’étude, les journalistes sont invités à contacter la Division des relations avec les médias de l'OCDE(tél. : +33 1 45 24 97 00).

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