France

Continuer à réformer l’école française est indispensable pour concilier excellence et réussite scolaire pour tous

 

10/07/2015 - Les réformes menées en France vont dans la bonne direction mais il est nécessaire de les poursuivre pour diminuer les inégalités en croissance dans l’éducation et inverser la courbe de l’échec scolaire. Il sera notamment important de continuer à adapter le métier d’enseignant pour une école plus inclusive, selon une nouvelle note de travail remise aujourd’hui par le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, à la Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Mme Najat Vallaud-Belkacem à l’occasion de sa visite à l’OCDE visant à discuter des réformes dans le contexte des expériences et comparaisons internationales.

 

Les inégalités de performance des élèves se sont en effet considérablement creusées depuis 10 ans en France, alors même que l’insertion des jeunes les moins qualifiés dans le marché du travail est délicate. Les difficultés du système éducatif français se sont accentuées par la pratique intensive du redoublement dont les études internationales montrent qu’il est à la fois coûteux et inefficace, et par le manque de moyens et de  temps alloués aux élèves en difficulté. Le système est aujourd’hui tenu par ses bons élèves, dont la proportion est stable, et se dégrade par le bas, avec un échec scolaire dans l’étude PISA qui atteint 20 %. En comparaison, l’Allemagne et la Pologne, suite aux réformes de leurs systèmes d’éducation, ont réussi à baisser leur taux d’échec scolaire en dix ans d’environ 22% à 16% et 12,5% respectivement.  

 

Par ailleurs, les jeunes n’ont pas suffisamment accès à un système dit de « deuxième chance » et à l’apprentissage, et les filières professionnelles du secondaire sont, dans leur forme actuelle, peu porteuses sur le marché du travail français.  

 

« L’un des enjeux majeurs de l’éducation est de parvenir à faire réussir tous les élèves, indépendamment de leur milieu familial, et de les préparer à l’autonomie et à la responsabilité individuelle et collective, pour des raisons à la fois démocratiques et aussi pour étayer les compétences nécessaires à la croissance économique de demain » a déclaré M. Angel Gurría. « La France est en bonne voie pour lutter contre le décrochage scolaire. Les réformes engagées dans le primaire, et depuis peu au collège, sont un tournant vers une école plus juste et plus égalitaire. » Lire le discours.

 

Pour lutter activement contre l’échec scolaire, il est déterminant d’avoir des enseignants bien formés sur le volet pédagogique de leur métier. Cette note de travail insiste sur l’importance de la formation initiale et continue des enseignants, et sur la mise en place d’une politique d’éducation efficace à même d’attirer des enseignants expérimentés à travailler dans les zones prioritaires.

 

L’OCDE recommande que les réformes menées actuellement en France soient poursuivies et approfondies autour des six axes suivants dont certains ont commencé à être mis en place:

 

  • Continuer à améliorer la formation initiale et développer la formation continue des enseignants et chefs d’établissements du primaire et du secondaire, en la centrant davantage sur leurs besoins (pédagogie différenciée, travail en équipe, utilisation des nouvelles technologies dans les apprentissages…). Il conviendrait également d’approfondir la réflexion sur le statut des enseignants (salaire, temps de travail, incitations pour travailler dans les établissements difficiles…).

 

  • Lutter contre l’échec scolaire en poursuivant la politique visant à scolariser dès l’âge de 2 ans les enfants issus de milieux défavorisés, en continuant à limiter le redoublement, en allant vers une plus grande individualisation de l’enseignement et en recentrant les programmes sur la définition et l’acquisition du socle commun des compétences.

 

  • Soutenir les élèves et les établissements défavorisés en créant des incitations pour amener des enseignants expérimentés à travailler dans les établissements difficiles et en formant ceux-ci de façon plus spécialisée. Il s’agirait également de mieux adapter les stratégies de financement aux besoins des élèves et des établissements.

 

  • Rehausser la qualité et la valorisation des filières professionnelles au lycée et impliquer employeurs et syndicats dans l’élaboration des programmes des filières professionnelles sans délaisser les compétences générales dans ces programmes (calcul, lecture et écriture), gages de mobilité dans le déroulement de la carrière. Il conviendrait notamment de faciliter le recrutement de professionnels au sein du corps enseignant et de favoriser le travail à temps partiel en entreprise des formateurs.

 

  • Améliorer l’équité et l’efficacité dans l’enseignement supérieur en mettant en place une politique de frais d’inscription différenciés et modulés au regard des perspectives de rémunération offertes et de possibilités d’emplois sur le marché du travail après les formations, combinée à des aides publiques, afin d’accroître les ressources des universités ainsi que la participation des étudiants défavorisés.

 

  • Assurer à chaque jeune une trajectoire sécurisée vers l’emploi en développant de manière ciblée les programmes de soutien en dehors de l’école ou encore en offrant un nombre suffisant de « secondes chances » intégrant qualification, logement, accompagnement et aide financière.

 

Ces six axes sont détaillés dans la note de travail disponible ici.

 

Pour plus d’informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec la Division des médias de l’OCDE (+ 33 1 45 24 97 00).

 

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