Problématique du Forum : Promouvoir une croissance inclusive

 

La croissance économique nous est nécessaire pour financer ce dont nous avons besoin dans notre vie courante – éducation, soins de santé, logement ou infrastructures routières. Comment garantir toutefois que la croissance profite à tous, sans creuser davantage les inégalités et renforcer l’exclusion ?


Six ans après le début de la pire crise économique qu’ait connu notre génération, les gouvernements sont toujours confrontés à un endettement et des déficits élevés, alors qu’ils doivent déjà commencer à semer les graines d’une croissance durable et plus inclusive. Comment y parviendront-ils, alors que 200 millions d’individus sont toujours au chômage, que les jeunes sont particulièrement touchés, que les inégalités se creusent et que les signes d’un retour à la croissance sont encore incertains ?


La crise a fait naître des questions concrètes sur la façon dont nous mesurons la santé de nos économies et de nos sociétés. Avant même l’arrivée de la crise, certains se demandaient déjà si le PIB à lui seul permettait de dresser un tableau fiable et exact de la réalité. Au cours de la période de prospérité, les inégalités se sont creusées dans la plupart des pays de l’OCDE, un phénomène qui n’a pas été décelé immédiatement.

 

Les paramètres qu’il convient de mesurer pour suivre l’évolution de nos sociétés et de nos économies suscitent eux aussi des interrogations réelles. La crise a amené les gouvernements à se demander si les systèmes utilisés aujourd’hui et mis en place au XXe siècle pour mesurer et gérer les économies nationales et les échanges internationaux doivent être revus pour être utiles dans l’économie de la connaissance du 21e siècle.


S’il est facile d’affirmer que les responsables de la planification des politiques doivent aujourd’hui cesser de ne prendre en compte que la croissance pour s’intéresser aux concepts plus vastes de bien-être et d’inclusivité, la mise en œuvre concrète de cette recommandation est plus périlleuse. Des projets tels que l’Initiative du vivre mieux ou l’Indicateur du vivre mieux de l’OCDE, ainsi que divers indicateurs de bonheur et de bien-être élaborés à l’échelon national sont une première étape, mais seul le temps permettra de dire s’ils parviennent à rendre fidèlement compte du bien-être et du progrès à l’échelon international.


Nous savons que les retombées positives de la croissance ne se propagent pas forcément vers les couches plus modestes de la population pour donner naissance à des sociétés plus égales. Nous devons par conséquent adopter une nouvelle approche inclusive en matière d’élaboration des politiques, qui tienne compte des répercussions d’ordre social et économique de l’action publique.


Pour ce qui est des jeunes, la question n’est pas uniquement de savoir si nos systèmes d’enseignement sont équitables et dans quelle mesure ils parviennent à atteindre les jeunes à tous les échelons de la société. Les compétences de base dont ont besoin les jeunes sur le marché du travail au 21e siècle évoluent elles aussi. L’enjeu consiste par conséquent à déterminer également si ce que nous apprenons et les compétences disponibles répondent aux besoins du marché du travail.

Une croissance inclusive passe également par une utilisation optimale de l’ensemble des ressources, des jeunes comme des plus âgés, des hommes comme des femmes. Le marché du travail, l’éducation et les programmes de formation doivent tous concourir à optimiser les débouchés et l’inclusivité.

Les systèmes en vigueur à l’échelle internationale doivent eux aussi être revus. La façon dont les flux commerciaux sont mesurés, par exemple, remonte à une époque où, en substance, un pays A produisait et exportait un bien, qu’il s’agisse de bananes, de vélos ou de bottes, dans un pays B. Or la mondialisation et les technologies d’Internet ont modifié ce schéma – comment en effet déterminer le pays d’origine d’une voiture ou d’un téléphone portable qui sont composés de centaines de pièces pouvant provenir de multiples pays et être partiellement assemblés en plusieurs endroits ?


Les travaux sur cette question ont débuté suite à la crise, et l’OCDE, avec l’OMC, ont produit en janvier les premiers chiffres permettant de prendre la mesure de cette réalité plus complexe qui pourrait bien remettre en question nos hypothèses sur le pays qui entretient le plus gros excédent commercial, et avec qui, ou sur celui qui crée des emplois, et à quel endroit.

 


La fiscalité est un autre domaine dans lequel la crise a montré que les régimes en vigueur n’avaient pas évolué au même rythme que la réalité mondiale. Les règles régissant la fiscalité applicable aux activités menées par les entreprises hors de leur pays d’origine ont été établies avant l’avènement de la mondialisation et ont été conçues de manière à veiller à ce que les entreprises ne soient pas pénalisées en étant imposées deux fois sur les mêmes recettes. En 2008, il était devenu clair que la mondialisation rendait ce système inadapté, et des interrogations commençaient à se faire jour sur la question inverse, à savoir celle des entreprises qui passaient au travers des mailles de l’impôt. Le G20 a demandé à l’OCDE de l’aider à faire face à ce nouveau défi à l’échelle mondiale.

Dans tous ces domaines, les gouvernements doivent coopérer pour élaborer des politiques meilleures qui contribueront à une vie meilleure pour tous, et à l’instauration de sociétés et d’économies plus inclusives et durables.

En savoir plus

Articles et blogs

Autres liens intéressants

Sessions du Forum sur cette problématique

  • La révolution de la production du 21ième siècle
  • PME - Colonne vertébrale de l'économie
  • La parité au masculin (déjeuner-débat)
  • Les non-employés
  • Le siècle de l'Asie
  • Quels choix énergétiques pour un futur durable? (Fabrique-à-idées)
  • Le nouveau contrat sociétal
  • De l'école à l'emploi
  • Vers de nouveaux business models
  • Echanges en valeur ajoutée : l'usine du monde
  • Lutter contre les inégalités pour une société plus inclusive
  • Les stigmates de la crise (déjeuner-débat)
  • La confiance numérique (déjeuner-débat)
  • Partenariats pour le développement (panel avec déjeuner)
  • Femmes d'influence
  • La renaissance de l'Afrique
  • L'Etat : une entreprise comme une autre ?

Consultez le programme

 

 

Discours

Communiqués de presse

 

 

 

 

Also Available