Partager

Climat : la voie à suivre

 

Dans les prochains mois, le monde préparera une rencontre qualifiée d’historique dans le cycle de négociations sur le climat. En prenant les bonnes décisions – avec l’ambition de construire un avenir énergétique durable –, nous pourrons tirer d’immenses et multiples avantages non seulement de la décarbonation, mais aussi de la moindre pollution atmosphérique, du meilleur accès à l’énergie, de la sécurité énergétique et de la prospérité économique.

Cependant, comme nous le savons tous, les énergies propres ne sont pas déployées où il le faut. Il est aujourd’hui crucial que gouvernements et autres acteurs concernés prennent des décisions efficaces en faveur de la durabilité énergétique, ce qui est impossible en s’appuyant sur des technologies et des politiques du passé. C’est l’innovation liée aux énergies propres qui nous placera sur la bonne trajectoire.

Ce thème est au cœur du rapport Energy Technology Perspectives 2015 de l’AIE, publié en mai dernier après la baisse brutale des prix des combustibles fossiles. Le nouveau contexte ainsi créé est à la fois source de difficultés et d'opportunités pour les décideurs, mais ne devrait pas servir de prétexte pour profiter à court terme de la baisse de la facture énergétique aux dépens d’un système énergétique mondial durable à long terme. Les États devraient tirer parti de la chute des prix pétroliers pour réduire les subventions à la consommation de combustibles fossiles qui, au total, dépassaient 550 milliards USD en 2013. Ces subventions prolongent notre dépendance vis-à-vis d’activités qui émettent le plus de gaz à effet de serre, protègent des pratiques coûteuses et dépassées, et découragent le changement. Pour les mêmes raisons, les décideurs publics des pays qui consomment beaucoup d’énergie devraient saisir cette occasion d’instaurer la tarification du carbone, des taxes carbone ou des obligations bas carbone, et de renforcer les mécanismes existants.

Cette année, Energy Technology Perspectives nous montre la direction à prendre pour concrétiser le scénario « 2 degrés » (2DS), selon lequel l’évolution du système énergétique est compatible avec une limitation de la hausse à long terme des températures mondiales à 2o Celsius.

Malheureusement, la route est encore longue pour atteindre cet objectif. Avec les politiques actuelles, les émissions de carbone liées à l’énergie dépasseront 50 gigatonnes de CO2 en 2050 – le triple environ du niveau requis pour le 2DS. Une transformation s’impose, et elle est possible  – mais la transition vers un mix énergétique bas carbone nécessite une stratégie à long terme, fondée sur une approche combinant une variété de sources énergétiques.  

On peut toutefois se réjouir que le scénario 2DS soit non seulement écologiquement viable et favorable à la sécurité énergétique, mais aussi source d’économies d’énergie très supérieures à son coût. Nous estimons que, pour atteindre nos objectifs climatiques, il faudra investir encore 40 000 milliards USD dans l’énergie bas carbone d’ici le milieu du siècle. Montant apparemment considérable, mais inférieur à 1 % du PIB mondial cumulé sur la période 2016-2050. Et surtout, cet investissement nous évitera de dépenser 115 000 milliards USD en combustibles. Autrement dit, pour chaque dollar investi dans les technologies énergétiques propres du scénario 2DS, près de trois seront économisés sur le coût des combustibles d’ici à 2050.

Le déploiement de technologies innovantes est déterminant pour rendre ce scénario possible. Les solutions mises en service chaque jour commencent enfin à transformer le système énergétique, à la fois dans les pays avancés comme dans les plus pauvres, et les décideurs publics doivent adopter les mesures intelligentes qui stimuleront encore cette dynamique et assureront à l’innovation, aux technologies propres et au savoir-faire correspondant un marché mondial équitable et ouvert.

Les enjeux sont élevés pour le secteur de l’énergie, où s’opère une profonde mutation technologique : pendant plus d’un siècle, une succession incroyable d’innovations ont propulsé ce secteur à l’avant-garde de la transformation économique et sociale, et il est enthousiasmant de constater les progrès des panneaux solaires, des bâtiments à haute efficacité énergétique et de la consommation de carburant des voitures, pour n’en citer que quelques-uns.

Nous ne saurions nous permettre de relâcher nos efforts, vu la distance qui nous sépare de la bonne trajectoire. Nos objectifs  concernant l’environnement et l’accès à l’énergie exigent de meilleures technologies. Les dépenses publiques actuelles en recherche et développement énergétiques sont estimées à 17 milliards USD : pour les tripler, comme le préconise le rapport Energy Technology Perspectives, une collaboration étroite entre secteurs public et privé, axée sur les technologies bas carbone, est indispensable. Le défi est gigantesque, mais nous pouvons rattraper le retard.

Voir www.iea.org

Travaux de l'OCDE sur la croissance verte et le développement 
durable

Travaux de l'OCDE sur la croissance verte


Thématiques du Forum de l'OCDE 2015

L'Observateur de l'OCDE

‌‌‌‌Maria van der Hoeven

Maria van der
Hoeven
Directrice exécutive
Agence internationale
de l'énergie

‌‌


© L'Annuel de l'OCDE 
2015

 

Documents connexes

 

Also AvailableEgalement disponible(s)