Partager

Analyse des politiques fiscales

Les pays africains devront surmonter la crise de COVID-19 avant de renouveler leurs efforts pour mobiliser leurs ressources domestiques

 

12/11/2020 - Les recettes fiscales des pays africains sont restées en moyenne au même niveau en 2018 pour la cinquième année consécutive, alors que l’actuelle crise de COVID-19 devrait réduire considérablement les recettes publiques dans la région, selon un nouveau rapport.



L'édition 2020 des Statistiques des recettes publiques en Afrique montre que le ratio moyen impots / PIB des 30 pays participants est resté inchangé pour la cinquième année consécutive, à 16,5 %. Face à un niveau d’incertitude élevé en raison de la pandémie actuelle, les gouvernements africains devront soigneusement échelonner leurs efforts pour se ménager une marge de manœuvre budgétaire en vue d'une reprise forte et inclusive. Une fois la crise sanitaire et économique maîtrisée, ils devront renouveler leurs efforts pour mobiliser davantage de recettes domestiques afin d'atteindre leurs objectifs de développement à plus long terme.



Lancé aujourd'hui lors d'un événement virtuel, le rapport identifie une grande disparité de niveaux des recettes publiques et de leur évolution dans les 30 pays participants, incluant pour la première fois le Tchad, le Lesotho, le Malawi et la Namibie. Les ratios impôts/PIB allaient de 6,3 % en Guinée équatoriale et au Nigeria à 32,4 % aux Seychelles. Le ratio impôts/PIB dépassait 25 % dans quatre pays (Afrique du Sud, Maroc, Seychelles et Tunisie) et était inférieur à 10 % dans cinq pays (République du Congo, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale Nigeria et Tchad).



Entre 2010 et 2018, le ratio moyen impôts/PIB de l'Afrique (30) a augmenté de 1,4 point de pourcentage (p.p.), la majeure partie de la croissance ayant eu lieu entre 2010 et 2014. En comparaison, le ratio impôts/PIB en Amérique latine et dans les Caraïbes (ALC) a augmenté de 1,9 p.p. pour atteindre 23,1 % en 2018, tandis que la moyenne de l'OCDE a augmenté de 2,0 p.p. entre 2010 et 2018 pour atteindre 34,3 % en 2018. Le rapport montre que les recettes fiscales restent la principale source de recettes publiques en Afrique et sont généralement plus stables que les recettes non fiscales : la moyenne des recettes non fiscales est passée de 8,3 % à 6,5 % du PIB entre 2010 et 2018 en raison de la baisse des recettes tirées des ressources naturelles et des dons.



Les impôts sur les biens et services sont la principale source de recettes fiscales parmi les 30 pays africains,  représentant en moyenne 51,9 % du total des recettes fiscales en 2018; la taxe sur la valeur ajoutée représentait à elle seule 29,7 % du total des recettes fiscales. Les recettes de l'impôt sur les sociétés, qui ont tendance à être plus volatiles que les autres impôts, sont également élevées en Afrique par rapport aux autres régions, avec 19,2 % du total des recettes fiscales contre 15,5 % et 9,3 % respectivement dans les zones ALC et OCDE. En revanche, les cotisations de sécurité sociale et l'impôt sur le revenu des personnes physiques sont comparativement faibles en Afrique.



Le rapport contient un dossier spécial sur la mobilisation des ressources domestiques pendant et après la pandémie de COVID-19. Il examine les mesures de politique fiscale des pays en réponse à la pandémie et explique l'importance de continuer à soutenir les ménages et les entreprises dans la mesure où la situation fiscale le permet, de garantir l'efficacité de ces mesures par un ciblage approprié et de surveiller leur impact. Il examine également la contribution potentielle de la zone de libre-échange du continent africain (AfCFTA) à la résilience et à la reprise économique de la région.



Les Statistiques des recettes en Afrique sont une initiative conjointe du Centre de politique et d'administration fiscales de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du Centre de développement de l'OCDE, du Forum africain sur l'administration fiscale (ATAF) et de la Commission de l'Union africaine (CUA), avec le soutien technique de la Banque africaine de développement (BAD) et du Cercle de réflexion et d'échange des dirigeants des administrations fiscales (CREDAF). L'édition 2020 a reçu le soutien financier des gouvernements d'Irlande, du Japon, du Luxembourg, de la Norvège, de la Suède et du Royaume-Uni.



Contacts presse

Pour de plus amples informations ou pour obtenir une copie du rapport, les journalistes doivent s'adresser à :

 

 

Documents connexes