Pression des pairs : une notion connexe

 

L’efficacité du processus d’examen mutuel tient à l’influence et la persuasion exercées par les pairs au cours de l’exercice. C’est ce qu’on appelle “la pression des pairs”.

Le processus d’examen réciproque peut donner lieu à une pression des pairs découlant, par exemple :

  • de la conjugaison, par les autres pays, de recommandations formelles et d’un dialogue informel,
  • de la publicité ainsi que des comparaisons, et parfois des classements entre pays auxquels l’exercice donne lieu,
  • et de l’impact produit par les éléments précédents sur l’opinion publique, les administrations et les décideurs nationaux.

Cet impact sera d’autant plus grand que les résultats de l’examen sont rendus publics, ce qui est
habituellement le cas à l’OCDE. Lorsque la presse s’intéresse de près à l’exercice, la pression des pairs
atteint son point culminant. L’attention portée par le public aux résultats des examens est souvent le fruit
de l’association des médias au processus.

La pression des pairs ne prend pas la forme d’actes juridiquement contraignants, telles des sanctions ou autres mesures obligatoires. Elle passe au contraire par une persuasion en douceur qui peut jouer un rôle important pour inciter un Etat à opérer des changements, atteindre des objectifs et respecter des normes.

La pression des pairs est particulièrement efficace lorsqu’il est possible de donner une évaluation à la fois qualitative et quantitative des performances.

  • L’évaluation quantitative peut prendre la forme d’un classement des pays en fonction de leur performance, avec l’établissement de veritables “tableaux d’honneur”.
    On peut citer à titre d’exemple la Stratégie de l’OCDE pour l’emploi : ce programme fixe des principes et des critères de référence et prévoit la conduite d’analyses quantitatives permettant de classer les pays en fonction des résultats obtenus dans la lutte contre le chômage.
    Un autre exemple, en dehors de l’OCDE, est le Tableau d’affichage du marché intérieur établi par la Commission européenne, instrument très efficace qui fournit un classement des Etats membres de l’UE en fonction des efforts qu’ils déploient pour assurer la mise en place du marché unique.

  • Une variante est la technique dite “de l’opprobre”, qui consiste à “montrer du doigt” ceux dont la performance laisse à désirer. De telles méthodes ne peuvent cependant être employées et produire des résultats concluants que si les “règles du jeu” sont clairement définies et acceptées par les pays. Dans le cas contraire, elles risquent, au lieu de déboucher sur un débat ouvert, de transformer l’exercice d’examen en une querelle diplomatique motivée par le souci de gagner quelques places au classement.

 

 

 

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