Estonie

Estonie : Une action des pouvoirs publics s’impose pour asseoir une croissance plus solide et plus inclusive

 

15/09/2017 - Les perspectives de l’économie estonienne s’améliorent avec une croissance qui accélère le pas, des salaires en hausse et des résultats à l’exportation qui se maintiennent. L’heure est maintenant venue de faire que cette croissance soit plus vigoureuse, plus verte et plus inclusive, peut-on lire dans un dernier rapport de l’OCDE.  

 

Selon la dernière livraison de l’Étude économique de l’Estonie, l’économie du pays devrait croître au rythme de plus de 4 % cette année. Plusieurs options d’action publique sont présentées pour relancer les moteurs de la croissance et réduire la pauvreté et les inégalités.    

 

Présentée à Tallin par le Secrétaire général de l’OCDE M. Ángel Gurría et par le ministre estonien de la Santé et du Travail M. Jevgeni Ossinovski, l’Étude recense les domaines d’intervention prioritaires, notamment de nouvelles mesures visant à améliorer le potentiel à long terme de l’économie, rendre la croissance plus inclusive, approfondir l’intégration dans le commerce mondial et libérer l’investissement productif.  

    

« L’Estonie a accompli des progrès considérables en termes d’amélioration des revenus et du bien-être, essentiellement grâce à des politiques macroéconomiques saines ainsi qu’à son ouverture vers l’extérieur et son engagement dans l’économie mondiale », a déclaré M. Gurría. « Compte tenu d’une reprise qui va en s’accélérant et de la situation, enviable, de ses finances publiques, les conditions sont réunies pour que le pays puisse s’attaquer aux enjeux de long terme qui lui permettront de s’assurer une croissance durable. Des investissements plus nombreux dans la protection sociale et la santé, l’éducation et la protection de l’environnement, permettront d’offrir un avenir plus productif et plus prometteur à tous les Estoniens ».  

 

Selon l’Étude, toute avancée pérenne sur le front économique et social dépendra de nouvelles initiatives pour réduire les inégalités et lutter contre la pauvreté (qui s’établit à 15.5 %, contre 11.5 % en moyenne dans l’OCDE). Il conviendrait de mettre en place un filet de protection sociale approprié, et notamment de revaloriser l’allocation de subsistance, d’assouplir les conditions permettant de bénéficier des prestations de chômage, d’accroître la durée du congé parental réservée aux pères de famille et d’imposer de nouvelles obligations aux employeurs en matière de réduction des risques pour la santé et la sécurité de leurs salariés.

 

Au vu de la politique budgétaire prudente conduite en Estonie – à quelque 10 % du PIB, la dette publique (selon la définition de Maastricht) est la plus faible des 35 membres de l’OCDE – une marge de manœuvre budgétaire existe, selon l’Étude, pour augmenter l’investissement public et dynamiser ainsi la croissance potentielle tout en faisant en sorte qu’elle soit plus verte et plus inclusive. Il est également possible d’améliorer l’effet redistributif du système de prélèvements et de prestations et de fixer la taxation des schistes bitumineux, des véhicules et de la consommation d’énergie à un niveau qui rende mieux compte du préjudice occasionné à l’environnement. 

 

L’Étude s’attache aux principales pistes permettant de promouvoir à long terme la croissance et l’inclusivité, et notamment : accroître l’investissement, poursuivre l’intégration dans le commerce mondial et réduire les goulets d’étranglement sur le marché du travail. L’Estonie devrait établir des priorités d’action pour remédier aux pénuries croissantes de compétences. Il s’agit notamment de mettre davantage l’accent sur la participation à la formation des adultes et sur la qualité de celle-ci ; de veiller plus attentivement à la mise en place de services d’accueil de la petite enfance et au partage des obligations familiales pour que les femmes aient les mêmes chances que les hommes sur le marché du travail ; et enfin, d’améliorer la capacité du pays à attirer une immigration qualifiée. 

 

Les actions destinées à améliorer l’environnement des entreprises – par exemple achèvement de la mise en place d’un guichet unique pour les formalités administratives, création d’une instance centralisée de partage d’informations, positives ou négatives, sur les emprunteurs, réforme du régime des faillites et amélioration des mécanismes de coopération entre les établissements de R-D publics et le secteur privé, par exemple – permettraient de renforcer les incitations à la fois aux échanges commerciaux et à l’investissement.   

 

Une Synthèse reprenant les principales conclusions de cette Étude économique est consultable à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/economie/etudes/etude-economique-estonie.htm.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 4524 9700).

 

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