Espagne

L’Espagne devrait davantage prendre en compte l’environnement dans son programme de relance, selon l’OCDE

 

02/03/2015 - Le dernier Examen environnemental de l’Espagne (en anglais) mené par l’OCDE constate que le pays a réduit l’intensité énergétique et l’intensité de carbone de son économie, a diminué la pollution industrielle et baissé la production de déchets par habitant depuis 2000. Les auteurs ne cachent toutefois pas qu’avec la reprise, l’augmentation de la production industrielle pourrait soumettre l’environnement à de nouvelles pressions.


« Il est indéniable que l’Espagne a amélioré ses performances environnementales depuis 2000 », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, lors de sa présentation de l’Examen à Madrid. « L’Espagne doit désormais veiller à ce que la reprise économique ne réduise pas à néant ses efforts. Elle peut poursuivre le renforcement et la simplification de ses politiques environnementales afin d’instaurer une croissance robuste, inclusive et verte ».


L’Espagne a réalisé de nombreux progrès pour améliorer ses performances environnementales depuis 2000. Néanmoins, le pays pourrait utiliser à meilleur escient les taxes liées à l’environnement et réduire la charge fiscale qui pèse sur le travail afin de stimuler la croissance économique, selon l’Examen.


L’Espagne pourrait également déployer davantage d’efforts pour simplifier et rationaliser ses réglementations environnementales en mettant à profit les mesures déjà prises dans cette direction. Ses règles complexes et sa gestion décentralisée restent en effet source, pour les entreprises, de formalités administratives environnementales contraignantes, toujours selon ce rapport.


Les auteurs du rapport ont constaté qu'en quelques années les recettes des taxes liées à l’environnement ont chuté pour atteindre 1,6 % du PIB en 2012, l’un des niveaux les plus bas d’Europe, alors que la fiscalité frappant l’emploi est en hausse, et souscrivent à l’idée d’une réforme visant à élargir et augmenter les taxes environnementales. Porter la taxe sur le gazole au même niveau que la taxe sur l’essence pourrait par exemple permettre de préserver l’environnement tout en allégeant les impôts sur les salaires.

 

Taxes environnementales et pression fiscale sur le travail en % du PIB

Télécharger les données : http://dx.doi.org/10.1787/data-00665-en


Les lois espagnoles sur la biodiversité sont partie les plus ambitieuses de la zone OCDE ; par ailleurs, l’empreinte écologique du secteur industriel est relativement faible. Toutefois, l’essor de la construction du début des années 2000, le tourisme et la croissance démographique dans les zones côtières ont soumis l’environnement à des pressions, dont il convient de suivre l’évolution.


L’Examen met en lumière les nombreuses exigences contenues dans les réglementations environnementales et la coordination relativement faible de leur mise en œuvre dans les 17 communautés autonomes. Si la rationalisation du système a été quelque peu améliorée, des efforts supplémentaires pourraient être déployés pour alléger la charge que font peser ces réglementations sur les entreprises ainsi que leur coût pour l’économie, sans pour autant porter pas préjudice aux normes environnementales.

Charges relatives des réglementations environnementales sur les entreprises

Télécharger les données : http://dx.doi.org/10.1787/888933183145


Parmi les autres conclusions qui se dégagent du dernier Examen environnemental de l’Espagne, on peut noter que :

  • L’intensité énergétique de l’économie espagnole (le volume d’énergie primaire utilisé pour créer une unité de PIB) a reculé de 15 % entre 2000 et 2012 et a perdu 5 % supplémentaires en 2013. La consommation énergétique globale a suivi le cycle d’expansion et de récession de l’économie : elle a fortement augmenté jusqu’en 2007 avant de décroître. En 2012, la consommation énergétique était inférieure de 1 % à son niveau de 2000.


  • L’Espagne produit 20 % de moins de CO2 par unité de PIB qu’en 2000, en raison de la hausse de la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie, d’une efficacité énergétique plus élevée, et des répercussions du ralentissement économique. L’offre d’énergies renouvelables a connu une envolée spectaculaire de 147 % depuis 2000. Ces énergies représentaient 14 % de l’offre d’énergie primaire en 2013, les énergies éolienne et solaire étant en forte hausse depuis 2005.


  • Environ 29 % du territoire et 8,4 % du domaine maritime espagnols bénéficient d’un régime de protection de la nature ; ces pourcentages sont parmi les plus élevés de la zone OCDE. La biodiversité y est également riche. Cependant, l’état de conservation de quelque 40 % des habitats et espèces est défavorable.


  • Si l’Espagne affiche l’une des plus fortes intensités d’utilisation de l’eau des pays de l’OCDE, et prélève environ 30 % de l’ensemble des ressources renouvelables disponibles, l’utilisation de l’eau dans le secteur manufacturier a baissé de plus de 60 % entre 2000 et 2010. 

Une version intégrable du rapport est disponible, ainsi que des informations sur les versions imprimables et téléchargeables.

Lire plus sur les Examens Environnementaux de l’OCDE: www.oecd.org/fr/environnement/examens-pays/commentsontprepareslesexamens.htm.

Pour obtenir de plus amples informations, ou pour obtenir un entretien avec l’auteur, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer à la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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