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Environnement

Déclaration de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, sur l’issue de la COP25

 

18/12/2019 - Je suis très déçu que la COP25, tenue à Madrid, n’ait pas apporté les réponses ambitieuses, collectives et décisives que l’urgence climatique exige des dirigeants du monde.

Cette issue, insatisfaisante malgré les efforts louables de la Présidence chilienne et les travaux remarquables de l’Espagne, pays hôte, fait écho au contexte géopolitique actuel, à la priorité accordée aux intérêts nationaux à court terme et à la défiance des États les uns envers les autres, mais ce n’est pas une excuse pour ne pas agir. Il est urgent d’asseoir sur de nouvelles fondations une action collective forte si nous voulons nous prémunir contre les dangers du changement climatique, qui s’aggravent rapidement.

L’un des principaux objectifs de la COP25 était, dans le prolongement de l’Accord de Paris, d’adopter un cadre solide et efficace où inscrire les marchés du carbone. En l’absence d’accord à ce sujet, il sera plus difficile aux pays de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et plus coûteux. Aucun progrès n’a été fait non plus sur la transparence, l’élément de l’Accord de Paris indispensable pour apporter à chaque pays la garantie que les autres honorent leurs promesses.

Une action climatique ambitieuse des pouvoirs publics se traduirait par une amélioration considérable du bien‑être des habitants, qui compenserait largement les coûts à court terme. Notamment, la qualité de l’air et la santé seraient meilleures, les villes seraient plus agréables à vivre, des industries moins polluantes offriraient de meilleurs emplois, et les chaînes de valeur mondiales et la sécurité alimentaire seraient consolidées. Surtout, il n’y a pas de plan B. Chaque minute compte et nous ne faisons pas ce qu’il faut pour préserver la planète.

La finance climatique reste essentielle au succès des efforts collectifs. La promesse faite par les gouvernements des pays développés de fournir 100 milliards USD par an à l’horizon 2020 revêt une importance à la fois symbolique et concrète. Nos dernières estimations montrent que cet objectif peut encore être atteint. Mais seulement si les pays développés intensifient rapidement leurs efforts visant à accroître les financements publics, à améliorer l’efficacité avec laquelle ceux‑ci sont employés et à mobiliser des fonds privés suffisants pour renforcer la résilience et les capacités des économies les plus pauvres et les plus vulnérables.

Il est temps de passer de la négociation à une action ambitieuse. Je me réjouis donc de l’adoption des Principes de San José pour une ambition élevée et l'intégrité des marchés du carbone internationaux par un groupe de pays à l’avant‑garde, en marge de la COP25. Grâce à ces principes, le recours aux marchés du carbone assurera l’intégrité environnementale et renforcera les efforts globaux d’atténuation des pays participants.

Je salue également le lancement du Plan d’action de Santiago, qui définit les actions nécessaires pour que le changement climatique soit pris en compte systématiquement dans la politique économique et financière. L’OCDE s’enorgueillit de prendre part aux travaux de la Coalition des ministres des Finances pour l'action climatique qui pilote ce projet.

L’OCDE est en ordre de marche pour aider les présidences actuelles et à venir de la COP à obtenir les résultats dont nous avons besoin à la 26e conférence, qui se tiendra à Glasgow, de manière à faire progresser la mise en œuvre au cours de la décennie décisive qui s’annonce. Le moment est venu de faire aboutir les négociations et de passer à l’action. Ce sera Glasgow ou le désastre !

Pour en savoir plus sur les travaux de l’OCDE à l’appui de l’action climatique : http://www.oecd.org/fr/environnement/cc/.

 

L'OCDE est un forum mondial qui œuvre, aux côtés de plus d'une centaine de pays, à la promotion de politiques propres à améliorer le bien-être économique et social des peuples du monde entier.

 

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