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Environnement

Dans un rapport conjoint, l’OCDE et la Banque mondiale appellent les gouvernements à améliorer la résilience aux catastrophes et aux risques budgétaires connexes

 

20/05/2019 - Alors que le développement économique rapide et le changement climatique nous rendent plus vulnérables face aux catastrophes naturelles, l’OCDE et la Banque mondiale publient un nouveau rapport conjoint dans lequel elles préconisent une gestion anticipative des coûts financiers de ces catastrophes avant qu’elles ne surviennent.

Présenté à l’occasion du Forum annuel de l’OCDE à Paris, le rapport Fiscal Resilience to Natural Disasters indique qu’au cours de la décennie précédant 2012, les dégâts et les préjudices économiques occasionnés par les catastrophes naturelles ont coûté aux économies avancées et émergentes quelque 1 200 milliards USD d’après les estimations, soit plus du double que durant les dix dernières années. En plus d’avoir fait de nombreuses victimes humaines, les dramatiques tremblements de terre survenus en 2010 au Chili et en 2011 en Nouvelle-Zélande ont coûté l’équivalent de respectivement 10 % et 20 % du PIB annuel de ces pays. Au Japon, le tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire de 2011 ont provoqué une contraction de 2 % de l’économie lors du trimestre qui a suivi ces événements. Ils ont également obligé l’administration centrale à engager des dépenses supplémentaires considérables en 2012, égales à 8 % du PIB national et à plus de 20 % du budget général, pour financer le rétablissement et la reconstruction.

« Une part importante des coûts des catastrophes retombe sur les administrations centrales, en particulier dans les pays où les marchés de l’assurance privée contre les risques liés aux catastrophes sont sous-développés », a déclaré Marcos Bonturi, Directeur de la gouvernance publique de l’OCDE. « En définissant plus clairement au préalable les règles de partage de la charge et en rendant plus transparentes les conditions d’octroi d’aides financières, les pouvoirs publics pourraient maîtriser ou limiter ces coûts et le rétablissement pourrait être facilité si une catastrophe venait à se produire. »

Le rapport met en évidence les principaux coûts que les catastrophes font supporter aux administrations. En l’occurrence, les dégâts causés aux infrastructures publiques et les perturbations qu’ils occasionnent dans les services font partie des principales sources de coûts pour les pouvoirs publics, et ce sont également les plus difficiles à maîtriser. Comme le montre le rapport, ces coûts sont pour une bonne part liés aux demandes des organismes publics infranationaux, entreprises publiques et autres partenaires qui détiennent ou exploitent les infrastructures et les services.

Lorsque les règles régissant l’octroi d’aides en cas de catastrophe sont générales et peu claires, les pouvoirs publics sont amenés à supporter une part importante des coûts des catastrophes. En cas de catastrophe de grande ampleur, les pouvoirs publics sont sommés de prendre des mesures exceptionnelles et les indemnisations atteignent souvent un niveau relativement élevé.

Dans le rapport, l’OCDE montre que les gouvernements doivent être en mesure de maîtriser plus efficacement leurs engagements hors bilan en cas de catastrophe. Une définition plus claire des règles régissant les aides en cas de catastrophe, y compris des modalités de partage des coûts, peut être un moyen d’améliorer la résilience aux risques budgétaires.

Comme recommandé dans le rapport, au lendemain d’une catastrophe, les pouvoirs publics pourraient assortir leurs aides financières de conditions afin de récompenser les efforts de reconstruction conçus pour réduire le risque de dommages futurs. À titre d’exemple, dans certains pays, l’indemnisation financière diminue pour les biens qui subissent de façon répétée des dommages.

« Chaque pays devra gérer sa réponse à la lumière de défis particuliers », a indiqué Alfonso Garcia Mora, Directeur mondial des finances, de la compétitivité et de l'innovation à la Banque mondiale. « Le point commun est la possibilité d’assurer le rétablissement en cas de catastrophe en faisant appel à des solutions différentes, fondées sur des marchés stables, des institutions fortes, la coopération internationale, l’innovation et la technologie, afin d’améliorer la résilience financière. »

Pour plus d’informations ou pour obtenir un exemplaire du rapport, les journalistes sont invités à prendre contact avec Carol Guthrie, de la Division des médias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui œuvre à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des citoyens dans le monde entier.

 

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