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Situation du marché
Les prix mondiaux de l’éthanol ont fortement grimpé en 2011, bien au-dessus des niveaux élevés de 2007/08, dans un contexte marqué par la vigueur des prix de l’énergie, encore que les prix des produits employés comme matières premières, à savoir surtout les plantes sucrières et le maïs, aient diminué par rapport aux sommets atteints en 2010. Les deux principales causes de cette hausse ont été la stagnation de l’offre d’éthanol aux États-Unis et une baisse de la production de canne à sucre au Brésil. En outre, la production d’éthanol est restée bien en deçà des attentes dans les pays en développement qui ont fixé des obligations légales ou des objectifs ambitieux concernant l’utilisation de biocarburants.
Les prix mondiaux du biodiesel ont eux aussi augmenté en 2011. La production n’a pas ralenti en 2011, contrairement à la situation observée sur le marché mondial de l’éthanol ; les quatre grandes régions productrices de biodiesel (Union européenne, États-Unis, Argentine et Brésil) ont accru leur offre par rapport à 2010. Cette progression a été atténuée par une diminution de la production de biodiesel en Malaisie (pratiquement inexistante en 2011, contre environ 1 milliard de litres en 2010).
Principaux éléments des projections
- Durant la période de projection, les prix de l’éthanol et du biodiesel devraient comme auparavant être soutenus par les prix élevés du pétrole brut, ainsi que par le déploiement et la poursuite de mesures axées sur l’utilisation de biocarburants. D’éventuels changements touchant la mise en œuvre de ces mesures peuvent grandement influer sur les marchés des biocarburants.
- La production mondiale d’éthanol et de biodiesel va sans doute progresser, à un rythme cependant plus lent que dans le passé. Les marchés de l’éthanol sont dominés par les États-Unis, le Brésil et, dans une moindre mesure, l’Union européenne. Sur les marchés du biodiesel, l’Union européenne va vraisemblablement continuer à l’emporter, suivie par les États-Unis, l’Argentine et le Brésil.
- Dans beaucoup de pays en développement, les projections indiquent que la production de biocarburants restera en deçà des objectifs déclarés car la culture à cet effet de plantes non comestibles ne dépassera pas, dans la plupart des cas, le stade du projet ou d’activités à petite échelle, et les prix élevés des produits agricoles n’inciteront pas à les utiliser comme matières premières pour obtenir des biocarburants.
- Le commerce des biocarburants devrait connaître un essor significatif, d’autant plus que les principaux pays producteurs et consommateurs suivent des démarches différentes. Aux États Unis, au Brésil et dans l’Union européenne, les carburants ne sont pas pris en compte de la même manière pour la réalisation de leurs objectifs politiques respectifs. Cette différenciation va sans doute susciter des échanges supplémentaires de carburants renouvelables, les produits étant écoulés là où ils atteignent la valeur la plus élevée, si bien que l’éthanol et le biodiesel pourraient faire l’objet d’un commerce croisé.
Focus: Les obligations fixées aux États-Unis en ce qui concerne les biocarburants favorisent-elles les échanges ?
De nombreuses incertitudes planent sur les mesures qui seront appliquées aux biocarburants dans l’avenir. L’une d’entre elles, notamment, concerne les options qui s’offrent à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) des États-Unis, chargée de la mise en œuvre de la politique relative aux biocarburants.
Le rapport Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2012-2021 présente une analyse de trois formules différentes de mise en œuvre qui tablent sur le fait que les mesures sur les biocarburants cellulosiques prévues par la loi de 2007 relative à l’indépendance et à la sécurité énergétiques (Energy Independence and Security Act, EISA) ne seront pas respectées. Les scénarios analysés ont été élaborés de manière à brosser le panorama de l’action publique et non pas dans l’optique de promouvoir une option plutôt qu’une autre. Leurs résultats peuvent être synthétisés comme suit :
- Si, pour respecter les prescriptions d’ensemble applicables aux États-Unis, le déficit de biocarburants cellulosiques est comblé en relevant les quantités prescrites pour les biocarburants avancés ou en autorisant la production d’éthanol de maïs supplémentaire, les effets sur les prix mondiaux des biocarburants (en particulier de l’éthanol) et des produits qui servent à les fabriquer (céréales secondaires, canne à sucre) seront probablement importants. Des retombées sur d’autres produits alimentaires (y compris la viande et le poisson) auraient lieu.
- Respecter la prescription corrigée aux États-Unis nécessitera des ajustements en ce qui concerne les modes de production et de consommation de l’éthanol, ainsi que l’utilisation des matières premières de l’éthanol dans le monde. Les prix de l’alimentation sont susceptibles d’augmenter sous l’effet de ces ajustements.
- Si certaines conditions sont remplies, il est probable que des volumes importants d’éthanol soient échangés entre le Brésil et les États-Unis dans un sens comme dans l’autre, sous l’effet de la politique menée. Le Brésil sera sans doute le seul pays capable de s’adapter à la demande des États-Unis et d’y répondre. Cela est dû aux caractéristiques de sa production d’éthanol, qui s’appuie sur la canne à sucre, à la facilité avec laquelle il peut passer de la production de sucre à la production d’éthanol et inversement, et à la hausse de la demande d’éthanol utilisé dans les véhicules polycarburant sur place.
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