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Biodiversité, eau et gestion des ressources naturelles

Mesure de la biodiversité

 

Ce qui rend difficile la mise au point d’indicateurs quantitatifs fiables de la biodiversité, c’est de déterminer quels sont ceux qui peuvent être utiles à l’évaluation des politiques. Il est important de noter ici que la biodiversité est souvent examinée à différentes échelles. Le débat international sur l’extinction d’une espèce à l’échelon mondial se déroule souvent indépendamment de l’examen de microanalyses appropriées. Perlman et Adelson (1997) ont testé la validité de la définition succincte de la biodiversité adoptée dans la Convention sur la diversité biologique en essayant de déterminer si les catégories mentionnées pouvaient être utilisées pour évaluer la biodiversité d’une région. Lorsque l’on cherche à établir si une espèce ou un écosystème est présent dans un endroit donné, on se heurte en effet à un certain nombre de difficulté liées aux problèmes fondamentaux de la définition des espèces et des écosystèmes. Plus précisément, on se heurte à la question de savoir où une espèce ou un écosystème s’arrête et ou une autre ou un autre commence. L’absence de limite précise entre les espèces ou les écosystèmes continue de faire l’objet de travaux de recherche et de discussions. Même si ce problème est résolu, le nombre de micro-organismes présents dans un endroit quelconque a des chances d’être vertigineux. Lorsqu’on passe au niveau génétique, les chiffres deviennent encore plus difficiles à maîtriser. Le projet sur le génome humain permet de se faire une idée du temps nécessaire à l’établissement de la carte du code génétique d’une espèce. Répéter l’exercice des milliers de fois pour pouvoir opérer des distinctions entre les espèces à des fins pratiques constitue une entreprise véritablement gigantesque. La science n’a qu’une idée limitée des différences génétiques existant entre les espèces.


Bien que la mise au point d’indicateurs ou d’inventaires des fonctions des écosystèmes suscite beaucoup d’intérêt, la richesse en espèces reste le moyen communément employé pour faire la synthèse des informations disponibles. Il s’agit simplement d’un inventaire systématique du nombre d’espèces présentes dans une région. C’est la méthode la plus fréquemment employée pour les études rapides d’impact relatives à l’évolution de la diversité. La richesse en espèces est aussi une notion facile à comprendre dans le contexte de méthodes d’évaluation. Van Kooten (1998) note que trois aspects interviennent dans la mesure de la biodiversité : l’échelle, la composition et le point de vue. L’échelle correspond aux diversités alpha, bêta et gamma. La diversité alpha est la richesse en espèces au sein d’un écosystème local. La diversité bêta reflète la modification de la diversité alpha lorsque l’on passe d’un écosystème à un autre dans un site, et la diversité gamma correspond à la richesse en espèces au niveau régional ou géographique. C’est une notion plus globale et un indicateur beaucoup plus tributaire des chocs mondiaux que des chocs locaux (incendies de forêt, par exemple) qui influent sur les diversités alpha et bêta. L’aspect « composition » de la mesure de la biodiversité concerne la détermination de ce qui constitue une population minimum viable pour la survie d’une espèce. C’est une opération voisine de la fixation de normes minimum de sécurité pour les espèces. Enfin, l’aspect « point de vue » renvoie à l'existence de nombreux points de vue (pratique, moral, esthétique notamment). Perlman et Adelson (1997) examinent l’attribution de valeurs de façon plus poussée. Ils font observer que les points de vue sont nécessairement subjectifs et chargés de valeurs et que certains critères de valeurs ont une importance théorique et juridique indépendamment de leur utilisation souhaitée ou de leur fondement éthique.

 

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