Direction de l'Environnement

La pollution de l’air pourrait causer entre 6 et 9 millions de décès prématurés et coûter 1 % du PIB d’ici 2060

 

9/6/2016 - Si nous n’agissons pas, la pollution de l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060 et coûter 1 % du PIB mondial – soit quelque 2 600 milliards USD par an – en raison des jours de congé de maladie, des frais médicaux supplémentaires et de la baisse des rendements agricoles, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

 

La publication intitulée The Economic Consequences of Air Pollution évalue que la réduction conséquente de la production économique mondiale à l’horizon 2060 représentera environ 330 USD par personne. Les coûts annuels des soins de santé liés à la pollution atmosphérique atteindraient 176 milliards USD contre 21 milliards USD en 2015, et le nombre de jours de travail perdus pour cause de maladie liée à la pollution de l’air passerait de 1,2 milliard à 3,7 milliards.

 

« Le nombre de vies écourtées en raison de la pollution de l’air est déjà terrifiante, et son augmentation potentielle dans les décennies à venir est effrayante. Si ce n’était pas une raison suffisante pour agir, ce rapport montre que l’inaction aura aussi un coût économique considérable », a affirmé le Directeur de l'environnement de l'OCDE Simon Upton lors de la 8e Conférence ministérielle « Un environnement pour l’Europe » à Batumi, Géorgie. « Nous devons empêcher que ces projections deviennent une réalité. »

 

La pollution de l’air extérieur a entraîné plus de 3 millions de décès prématurés en 2010, les personnes âgées et les enfants étant les plus vulnérables. Les projections de l'OCDE impliquent un doublement, voire un triplement des décès prématurés dus à la pollution de l’air – soit un décès prématuré toutes les quatre ou cinq secondes – d’ici 2060.

 

Les plus fortes hausses de la mortalité liée à la pollution de l’air sont prévues en Inde, en Chine, en Corée et dans des pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan, où la croissance démographique et la congestion des zones urbaines feront qu’un plus grand nombre de personnes seront exposées aux émissions des centrales électriques et aux gaz d’échappement. Selon les prévisions, les taux de décès prématurés iraient jusqu’à tripler entre 2010 et 2060 en Chine et seraient multipliés par quatre en Inde. Les taux de mortalité se stabiliseraient en revanche aux États-Unis et baisseraient dans la plupart des pays d’Europe occidentale, grâce en partie aux efforts déployés pour passer à des sources d’énergie et des modes de transport plus propres

 


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C’est en Chine, en Russie, en Inde, en Corée et dans les pays d’Europe orientale et de la région Caspienne que les pertes de PIB seraient les plus fortes, les coûts sanitaires et la baisse de productivité du travail affectant la production. La mauvaise qualité de l’air frappera plus durement l’économie de la Chine que celle de l’Inde. Toutes choses égales par ailleurs, les différences démographiques et la structure de l’épargne des ménages expliquent un impact plus important pour l’économie chinoise de la baisse de productivité du travail et de l’augmentation des coûts médicaux.

 

La réduction des rendements agricoles sous l’effet de la pollution de l’air pèsera sur les économies de la plupart des pays. À l’exception notable du Brésil, de la Russie et de  certains pays d’Amérique latine où les activités agricoles devraient être moins touchées, d’où une meilleure compétitivité à l’exportation et par conséquent des gains économiques.

 


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Le rapport examine également l’impact négatif de la pollution de l’air extérieur s’agissant du prix que les individus seraient disposés à payer chaque année pour ne pas voir leur santé compromise ou leur vie écourtée par cette pollution. Cette valorisation annuelle hypothétique de la pollution atmosphérique passerait de moins de 500 USD par personne en 2015 à pas moins de 2 800 USD en 2060. 

 

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Synthèse en anglais

D'autres travaux de l'OCDE sur l'environnement

 

Pour plus d’informations ou pour s’entretenir avec l’un des auteurs du rapport, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer à la Division des medias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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