Direction de l'Environnement

« Énergie, environnement et changement climatique : libérer le potentiel d’innovation »

 

Discours de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, à l'occasion du Conseil mondial de l’énergie : Sommet « Energy Leaders »

 

Londres, 16 septembre 2008


Mesdames et Messieurs, bonjour,


C’est avec grand plaisir que j’aborde aujourd’hui avec les dirigeants du secteur énergétique mondial un sujet qui nous concerne tous : comment faire face au changement climatique ?


Le changement climatique est un motif de préoccupation particulier pour le secteur énergétique, puisque la consommation d’énergie est à l’origine de près de 60 % des émissions de gaz à effet de serre. Mais le changement climatique constitue surtout une préoccupation d’envergure mondiale, car si nous ne prenons pas de nouvelles mesures, nous risquons d’altérer de façon irréversible les fondements environnementaux d’une prospérité économique durable.


Le changement climatique aura un impact sur notre santé, notre sécurité et le fonctionnement de l’économie. Ses dommages pourraient être considérables et irréparables. Selon toute vraisemblance, les coûts du changement climatique seront inégalement répartis, et ce sont les économies et les ménages les moins favorisés qui en subiront les conséquences les plus lourdes. Il s’agit là d’un des nombreux aspects du problème qui complique les mesures à prendre au niveau international pour relever le défi du changement climatique. Et en cette période de fléchissement de la croissance et d’agitation sur les marchés financiers, nos dirigeants pourraient être tentés de surseoir aux mesures qui s’imposent.

 

La volonté politique d’élaborer un programme d’action international ambitieux, mais réalisable, pour lutter contre le changement climatique est en train de s’affermir. J’ai pu le constater à Hokkaido, en juillet, lors des discussions que les dirigeants des pays du G8 et des principales économies émergentes ont consacrées au changement climatique.


J’ai pu mesurer à la fois leur volonté et les obstacles auxquels ils sont confrontés : les divergences de vues sur plusieurs questions, notamment à qui incombe la responsabilité d’agir ; où trouver le financement nécessaire ; comment stimuler au mieux la mise au point et le déploiement des technologies ; et comment protéger la compétitivité des économies nationales. Il ne sera guère facile d’aller de l’avant.


Et il y aura un coût. L’OCDE fait valoir depuis longtemps que le succès passe par la mise en œuvre d’une stratégie à moindre coût. Pour favoriser l’émergence d’un consensus sur ce que cela implique, l’OCDE travaille sur les éléments de la solidité des fondements économiques de l’après-Kyoto.


Il s’agit globalement de relever le défi global d’une « révolution » énergétique, d’une restructuration de nos économies, qui doit devenir plus sobre en carbone. Mais comment y parvenir ? Voilà la grande question.  Et c’est là que l’OCDE, qui étudie l’économie du changement climatique depuis plus de vingt ans, a un rôle déterminant à jouer.


Je tiens tout d’abord à souligner qu’il n’y a pas de remède miracle. Le changement climatique est un défi d’envergure planétaire, et pour le relever, il faudra que les gouvernements nationaux du monde entier, les autorités locales — notamment les villes —, le secteur de l’énergie et les autres domaines d’activité et les consommateurs fassent front commun. Bon nombre de ces partenaires, notamment le secteur énergétique, ont déjà commencé à agir, mais il faut une stratégie mieux coordonnée, plus intégrée et plus ambitieuse.


Nous sommes en train de parvenir à une convergence de vues sur les principaux éléments d’une stratégie rentable pour lutter contre le changement climatique. Nous savons par exemple qu’il faudra fortement miser sur les instruments de tarification des émissions de gaz à effet de serre, et ce dans autant de pays, autant de secteurs et pour autant de types de gaz à effet de serre que possible. Les systèmes de plafonnement et d’échange de droits d’émission ou de taxes sur les émissions sont rentables car ils incitent les entreprises à rechercher les possibilités les plus économiques de réduire les émissions et renforcent les incitations à accélérer la R D axée sur les technologies respectueuses du climat. Les dirigeants, en faisant fond sur les évolutions récentes, doivent agir dès maintenant et utiliser plus systématiquement les instruments économiques.


Mais cela ne suffira pas. Il faudra compléter ce dispositif par d’autres mesures destinées à remédier aux défaillances du marché et aux déficits d’information. On sait, par exemple, que le manque d’information sur l’efficacité énergétique des appareils et ampoules électriques peut empêcher les ménages d’optimiser leur consommation d’énergie. Ce genre de problèmes spécifiques peut être résolu par la mise en œuvre de normes d’efficacité énergétique ou de l’éco-étiquetage.


Une stratégie rentable devra probablement intégrer aussi un certain nombre d’autres éléments, notamment la suppression graduelle des subventions aux combustibles fossiles, ainsi que des mesures d’encouragement à l’innovation en faveur du respect du climat, dans le cadre des politiques de R D. J’en dirai plus dans un moment sur le développement des nouvelles technologies énergétiques.


Nous sommes en train d’élargir notre analyse des coûts et des impacts de différentes panoplies de mesures envisageables pour lutter contre le changement climatique. Nous aurons les résultats cet automne, mais j’aimerais dès maintenant vous donner un aperçu de nos principales conclusions.

 

Nous estimons que le coût d’une réduction ambitieuse des émissions à l’horizon 2030 sera vraisemblablement plus élevé que prévu. L’évolution de la situation dépendra pour beaucoup de la croissance, surtout dans les pays émergents, qui pourrait faire augmenter les émissions dans le scénario de base. Par ailleurs, l’évolution des prix du pétrole et du gaz pourrait dans une certaine mesure avoir un effet régulateur sur la progression des émissions. Il va de soi que nous devons suivre cet aspect très attentivement. Une action ambitieuse demeure rationnelle du point de vue économique. En mettant en œuvre le bon dosage de mesures, il est possible de réduire sensiblement les émissions pour une petite fraction de la croissance économique prévue au cours des prochaines décennies, ce qui est un coût abordable, si on le compare aux coûts et aux conséquences de l’inaction.


Notre nouvelle analyse souligne également qu’il importe de mettre en œuvre un large éventail d’instruments. Le dosage exact variera d’un pays à l’autre en fonction de leurs conditions propres, mais en général, il devrait tendre vers l’égalisation des coûts de réduction à la marge dans l’ensemble des activités économiques. L’analyse montre cependant que les coûts augmenteront si les mesures prises ne sont que partielles. Tel serait le cas si un nombre limité de pays décident d’agir, ou si certains secteurs — par exemple, les secteurs à forte intensité énergétique — bénéficient d’une exemption à l’égard des mesures adoptées.


Une action plus limitée soulève également des inquiétudes quant à la « fuite de carbone » et à la compétitivité industrielle. Nous examinons actuellement les coûts et impacts possibles de stratégies qui pourraient être mises en œuvre pour éviter la « fuite de carbone », notamment un ajustement fiscal à la frontière et des approches sectorielles. Les résultats de cette nouvelle analyse seront connus dans le courant de l’automne.


Permettez moi de revenir maintenant sur le sujet crucial de l’innovation, de la R D et des nouvelles technologies énergétiques.


La mise en place d’une économie sobre en carbone passe par la mise au point et le déploiement de nouvelles technologies, et ce pour deux raisons. D’abord, pour faire baisser les coûts des technologies de réduction des émissions dont on dispose déjà ou qui sont en voie de faire leur apparition. Ensuite, pour élargir le choix de technologies disponibles et leur potentiel de réduction. C’est ainsi que l’on pourra faire baisser les coûts de réduction marginale à l’avenir.


Les énergies renouvelables, le nucléaire, le piégeage et le stockage du carbone sont quelques unes des perspectives technologiques prometteuses du secteur de l’énergie. Selon un récent rapport sur les perspectives des technologies énergétiques à l’horizon 2050, l’Agence internationale de l’énergie, une organisation apparentée à l’OCDE, démontre qu’un large éventail de technologies émergentes peuvent contribuer à l’instauration d’une économie sobre en carbone, à condition d’engager dès maintenant les investissements massifs qui sont nécessaires pour les rendre concurrentielles.


Pour sa part, l’Agence de l’énergie nucléaire (AEN), elle aussi apparentée à l’OCDE, publiera à la mi-octobre la première édition des Perspectives de l’énergie nucléaire. Cette nouvelle publication mettra en évidence le rôle que le nucléaire peut jouer pour assurer des approvisionnements en énergie stables et concurrentiels, tout en contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon cette première édition des Perspectives de l’AEN, les technologies nucléaires actuelles permettraient d’assurer près de quatre fois la production actuelle d’électricité nucléaire à l’horizon 2050. L’AEN souligne toutefois que pour y parvenir, il est indispensable de gagner l’adhésion de la société en faveur d’une augmentation de la puissance nucléaire installée.


À ce jour, toutefois, les progrès sur la voie d’une « société sobre en carbone » sont lents. Comment alors trouver les incitations et le financement qui permettront de mettre au point et de déployer des technologies propres ?


La priorité des priorités doit être que tous les pays qui se réuniront à Copenhague en décembre 2009 parviennent à un accord ambitieux et crédible sur le climat, qui témoigne de leur engagement à long terme et favorise les investissements dans les technologies sobre en carbone. Selon nos travaux, dans l’hypothèse d’un profil d’évolution prévisible de la tarification du carbone dans le monde, les dépenses mondiales de R D consacrées à l’énergie augmenteraient de plusieurs ordres de grandeur à l’horizon 2050 par rapport à un scénario sans tarification. Prenons l’exemple du piégeage et du stockage du carbone.

 

Sans tarification du carbone, le rendement privé sur l’investissement dans cette technologie est nul.


Un cadre réglementaire prévisible favoriserait également la mise en œuvre de technologies et de types de carburant plus sobres en carbone. Cet aspect est particulièrement important dans les économies émergentes. En effet, au cours des deux prochaines décennies, le parc immobilier qui sera construit en Chine équivaudra à l’ensemble du stock immobilier actuel de l’Europe. Imaginons la différence, du point de vue des besoins énergétiques et des émissions, si ces immeubles sont tous construits dans le respect des normes d’efficacité énergétique les plus rigoureuses.


Mais que peut on faire d’autre, en particulier pour élargir la panoplie de technologies disponibles et leur potentiel de réduction ?


D’abord, les pouvoirs publics doivent renforcer leurs politiques de recherche et de développement, car la tarification du carbone ne sera vraisemblablement pas suffisante pour permettre les dépenses de R D dont nous avons besoin. Étant donné la dimension mondiale du changement climatique, l’une des options qui s’offrent aux gouvernements est d’unir leurs efforts entre eux et avec le secteur privé pour renforcer la coopération internationale afin d’accélérer la mise au point et le développement de technologies énergétiques transformatrices à grande échelle. Par exemple, les fonds d’innovation mondiaux peuvent aider à répartir les risques et les coûts de ces technologies. Les technologies qui se prêtent particulièrement bien à ce type de collaboration sont le piégeage et le stockage du carbone, les systèmes nucléaires de la prochaine génération, la fusion et les piles à combustible.


Nous devons également accélérer le déploiement des technologies qui existent déjà. Outre la tarification du carbone, les mesures possibles ne manquent pas. S’agissant d’énergie renouvelable, les pouvoirs publics ont le choix : incitations à l’investissement, mesures fiscales, tarifs préférentiels, objectifs quantitatifs ou obligation de produire une certaine partie de l’électricité à partir d’énergies renouvelables, certificats d’énergie renouvelables négociables permettant d’atteindre ces objectifs et programme volontaire.


Mais ces instruments doivent être utilisés avec précaution. Premièrement, le développement technologique doit être largement réparti et au moindre coût. Deuxièmement, il faut éviter de privilégier les « meilleures » technologies au détriment d’autres. À cet égard, certaines politiques gouvernementales en faveur des biocarburants, mal conçues, peuvent servir de leçon. Les subventions aux biocarburants ne sont pas rentables. Elles imposent en outre des coûts sociaux élevés en contribuant à l’augmentation des prix alimentaires. Nous avons estimé que le coût de la réduction des gaz à effet de serre attribuable aux politiques actuelles en faveur des biocarburants dépasse en général 1 000 USD par tonne d’équivalent CO2 évitée, alors que le coût de réduction dans le cadre du système d’échange de permis d’émission de l’UE se situe entre 30 et 50 USD.


Une fois que de nouvelles technologies sobres en carbone seront mises au point, il faudra rapidement les mettre en œuvre et les diffuser, notamment dans les pays en développement où les plus fortes augmentations des émissions sont attendues à l’avenir. Ces pays devront s’associer à la stratégie de réduction des émissions et ils auront besoin d’aide pour adopter rapidement les technologies propres. La tarification de leurs émissions, ou tout au moins le renforcement du Mécanisme pour un développement propre serait utile à cet égard.


La protection internationale des droits de propriété intellectuelle revêt également une importance primordiale. Les travaux de l’OCDE ont aussi mis en évidence d’autres obstacles à la diffusion des nouvelles technologies, notamment les tarifs d’importation, la lourdeur des procédures douanières, le manque de transparence des marchés publics ainsi que l’hétérogénéité des réglementations techniques.

 

En résumé, le changement climatique est un défi d’envergure mondiale qui appelle une solution conçue dans une optique mondiale. Heureusement, la volonté de définir et de mettre en œuvre des politiques qui nous assureront un avenir sobre en carbone est en train de s’affermir. Le moment est venu d’exploiter cette impulsion et de la concrétiser dans un accord ambitieux sur le climat. Pour y parvenir, nous devons pouvoir compter sur l’engagement durable de toutes les parties prenantes – pouvoirs publics, entreprises, consommateurs et chercheurs.


De notre côté, à l’OCDE, nous continuerons à soutenir les dirigeants pour qu’ils mettent en place des politiques nationales de changement climatique qui soient rentables et pour assurer la solidité des fondements économiques de l’après 2012.


Je vous remercie.

 

 

 

 

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