Partager

Emploi

L’emploi des jeunes et le développement régional doivent constituer les priorités essentielles pour assurer stabilité et prospérité en Tunisie

 

10/03/2015 - La Tunisie a accompli des progrès considérables depuis 2011 pour un régime politique plus inclusif et équitable, basé sur un état de droit, transparent et une bonne gouvernance. Le pays doit désormais adopter un nouveau modèle de croissance pour réaliser son plein potentiel et consolider sa transition démocratique, selon deux nouveaux rapports de l’OCDE.

D’après un rapport de la série Meilleures Politiques intitulé Tunisie : Un programme de réformes à l’appui de la compétitivité et de la croissance inclusive 2015, l’ancien modèle de développement tunisien s’est épuisé et a abouti à d’importantes disparités régionales, des interventions fréquentes de l’État dans l’économie qui brident la productivité, et à un taux de chômage élevé chez les femmes et chez les jeunes, incitant ces derniers à se tourner vers des emplois informels ou encore à émigrer.

L’OCDE encourage la Tunisie à engager des réformes de grande ampleur visant à assurer la croissance des entreprises et l’entrepreneuriat, et à poser les fondements d’une économie plus dynamique et concurrentielle, créatrice d’emplois. Il conviendrait notamment d’éliminer les lourdeurs administratives et d’alléger le contrôle des prix pour améliorer le climat des affaires. L’Étude indique également qu’il est nécessaire de réduire la dualité du marché du travail et de combattre les disparités régionales à travers des infrastructures renforcées et des politiques sociales ambitieuses. En outre, elle souligne qu’il faut assurer la stabilité économique en remédiant aux vulnérabilités du système bancaire et en réduisant le déficit budgétaire.

S’exprimant à Tunis, le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría a déclaré : « La Tunisie offre aujourd’hui un nouveau visage, reflet de la volonté de changement de toute une génération de jeunes tunisiens qui sont descendus dans la rue avec l’espoir de bâtir un avenir meilleur. Cette jeunesse constitue la pièce maîtresse sur laquelle asseoir une prospérité partagée. Il est temps de s’attaquer aux obstacles structurels qui empêchent de longue date cette génération et tous ceux qui vivent dans les régions les plus pauvres de jouer pleinement leur rôle dans l’économie et la société tunisienne. » (Lire le discours intégral)

Le rapport Investir dans la jeunesse en Tunisie – Renforcer l’employabilité des jeunes pendant la transition vers une économie verte passe en revue les politiques du marché du travail ainsi que les mesures sociales les plus prometteuses pour supprimer les obstacles à l’emploi. Il contient quatre recommandations clés:

  • Améliorer l’employabilité des jeunes au moyen de politiques sociales et du marché du travail efficaces. Parmi les mesures qui peuvent être adoptées dans ce domaine : mettre en place un système d’indemnisation du chômage ; étendre et mieux cibler les programmes de transferts monétaires non conditionnels (Programme national d’aide aux familles nécessiteuses) afin d’offrir en dernier recours un filet de sécurité de base ; renforcer les services publics de l’emploi et le système d’aide à l’entrepreneuriat.


  • Rendre plus attrayante l’embauche des jeunes. Pour ce faire, il faudra encourager un dialogue social constructif qui tient adéquatement compte de la situation des jeunes ; réduire les écarts de salaires et de prestations entre les secteurs public et privé; utiliser de façon plus mesurée les subventions salariales pour encourager l’embauche et mieux cibler ces subventions sur les défavorisés, les peu qualifiés et les chômeurs de longue durée.


  • Accroître l’efficacité de l’enseignement et de la formation professionnels pour faciliter la transition école-travail. Il conviendrait, par exemple, de rendre l’enseignement et la formation professionnels plus attrayants pour les étudiants prospectifs, en facilitant les transferts entre filières générales et professionnelles et en améliorant la qualité des options au niveau du deuxième cycle du secondaire.


  • Favoriser les possibilités d’emploi des jeunes dans le secteur de l’écologie en se concentrant sur les domaines où il y aura soit une expansion de l’emploi, soit des modifications sensibles des compétences de l’emploi. Ces domaines sont vraisemblablement l’énergie renouvelable, les déchets et le recyclage, l’éco-tourisme, l’exportation de produits agricoles biologiques et la construction.


Selon Investir dans la jeunesse en Tunisie, environ deux jeunes actifs sur cinq sont au chômage, et un jeune sur quatre n’est ni en emploi, ni scolarisé, ni en formation – soit près de deux fois plus que dans la plupart des pays de l’OCDE. Si l’emploi des jeunes dans les pays d’Afrique du Nord constitue un défi commun, la Tunisie a tous les atouts pour servir d’exemple dans sa région.


Le Secrétaire général a également présenté aux ministres du gouvernement tunisien des projets de rapports de l’OCDE sur la gouvernance ouverte et les chaînes de valeur mondiales.


Pour plus d’informations sur Tunisie : Un programme de réformes à l’appui de la compétitivité et de la croissance inclusive 2015 et Investir dans la jeunesse en Tunisie, veuillez contacter Spencer Wilson ou Caroline Tourrier de la Division des médias de l’OCDE (33 1 4524 9700).

 

Documents connexes