Politiques et données sur l'emploi

La Corée "peut mieux faire" pour améliorer les perspectives d'emploi de sa jeune génération, estime l'OCDE

 

20/12/2007 - La situation des jeunes face au marché du travail s'est détériorée eu Corée après la crise financière de la fin des années 1990. Malgré l'important arsenal de mesures mises en place par les pouvoirs publics depuis le début des années 2000, beaucoup reste à faire pour rétablir le dynamisme du marché du travail des jeunes. C'est ce que montre un nouveau rapport de l'OCDE.

Ce rapport, intitulé Des emplois pour les jeunes : Corée, indique que même si le taux de chômage des jeunes est en deçà de la moyenne OCDE, qui est de 14.7%, il dépasse 10 % depuis 2003 alors qu'il oscillait entre 6 et 8 % avant la crise financière. Le taux d'emploi de jeunes reste quant à lui relativement faible, à 27% en 2006, pour une moyenne OCDE de 43 % (voir tableau). Ce taux s'explique en partie par une participation relativement élevée à l'enseignement tertiaire.

La part des jeunes ni aux études ni dans l'emploi est proche de la moyenne OCDE pour la tranche d'âge de 15 à 24 ans, mais pour la tranche de 15 à 29 ans, ce taux est de 17 %, soit beaucoup plus que la moyenne OCDE. Le niveau élevé de ce taux chez les jeunes de 25 à 29 ans reflète à la fois leur arrivée tardive sur le marché du travail liée au service militaire obligatoire, une participation quasi-universelle à l'éducation tertiaire et un taux élevé de non-emploi chez les diplômés de l'enseignement tertiaire.

Dans le même temps, de nombreux jeunes travailleurs sont enlisés dans des emplois dits "non réguliers" c'est-à-dire à des emplois de courte durée offrant peu de perspectives de carrière. En 2006, plus de 33 % des travailleurs de 15 à 29 ans étaient employés dans le cadre de l'un de ces contrats non réguliers. De plus, un nombre croissant de jeunes diplômés ne trouvent pas d'emploi correspondant aux qualifications qu'ils ont acquises dans le système éducatif (le phénomène dit du "déclassement"). 

Ces problèmes sont le reflet d'un certain nombre de facteurs. D'abord, le développement rapide de l'enseignement tertiaire a conduit à une inadaptation croissante entre les compétences fournies par le système éducatif et les besoins du marché du travail. Par ailleurs, certains des obstacles à l'emploi des jeunes sont liés à la demande. Il se peut que la réglementation du travail (par exemple le fossé entre la protection de l'emploi offerte aux travailleurs réguliers et celle offerte aux travailleurs  non réguliers) ait aggravé le dualisme du marché du travail, et rende plus difficile pour les travailleurs sous contrats non réguliers, notamment pour les jeunes, de décrocher un emploi régulier. En troisième lieu, les jeunes sans emploi (en particulier ceux qui ont un niveau d'études peu élevé) ne reçoivent pas l'assistance nécessaire pour leur recherche d'emploi, en dépit d'initiatives récentes des pouvoirs publics pour remédier à cette situation.

D'une manière générale, l'encadrement réglementaire du système éducatif et du marché du travail, qui a bien fonctionné pour la Corée pendant plusieurs années, a besoin d'être encore modernisé face à l'évolution rapide des besoins de l'économie coréenne, à sa complexification et à sa mondialisation.

Pour répondre à ces problèmes, l'OCDE propose un certain nombre de recommandations dans son rapport :

  • Renforcer les liens entre les établissements tertiaires et le monde du travail. Les établissements d'enseignement post-secondaire et les universités ont, certes, lancé un certain nombre d'initiatives pour améliorer leurs liens avec le marché du travail, mais des efforts plus systématiques doivent être engagés pour les intensifier. Pour cela, une option consisterait à inciter les établissements d'enseignement post-secondaire et les universités à développer davantage les formules de stages et les dispositifs combinant travail et expérience, et de les intégrer aux programmes d'études. Une autre approche serait de lier une partie du financement de l'État aux établissements d'enseignement post-secondaire et aux universités au devenir de leurs diplômés sur le marché du travail. Pour que cette dernière option fonctionne, il faudrait la compléter par un dispositif permettant un véritable suivi du devenir des étudiants sur le marché du travail.
  • Assurer un service d'orientation professionnelle à tous les étudiants afin que leurs décisions en matière d'études reposent sur des choix informés et guidés. Étant donné la participation quasiment universelle à l'enseignement tertiaire en Corée et les problèmes d'inadéquation sur le marché du travail qui en découlent, il est extrêmement important d'assurer un service d'information et d'orientation de bonne qualité aux élèves du secondaire. Le plan quinquennal annoncé en 2006 par le gouvernement pour promouvoir le développement de la carrière tout au long de la vie semble à cet égard tout-à-fait prometteur, puisqu'il comprend des mesures consistant à offrir aux étudiants de tous niveaux, des possibilités d'expérience sur le marché du travail et à les informer sur les possibilités de carrière. Il est essentiel que ce plan soit appliqué de manière systématique.
  • Poursuivre une réforme plus globale de la législation de protection de l'emploi. Pour remédier à la dualité de plus en plus marquée sur le marché du travail et pour améliorer les perspectives d'emploi des jeunes, il est nécessaire de réduire le fossé entre travailleurs réguliers et non réguliers en matière de protection de l'emploi, tout en renforçant globalement la sécurité des travailleurs sur le marché du travail. A cet égard, la récente réforme du droit du travail est une première étape qui paraît bienvenue. D'autres réformes sont toutefois nécessaires, notamment au niveau des procédures de licenciement individuel et collectif, qui sont trop longues.  A terme, la Corée devrait envisager la mise en place d'un modèle adapté de " flexisécurité ", c'est-à-dire associant des contrats de travail flexibles avec un niveau suffisant de sécurité de revenu et des politiques actives du marché du travail efficaces.
  • Dans les mesures du marché du travail pour les jeunes, donner la priorité au groupe des jeunes ni aux études ni dans l'emploi et simplifier les dispositifs existants destinés aux jeunes. La conception des mesures pour l'emploi des jeunes devra évoluer afin de s'adresser à tous les jeunes qui ne sont ni aux études ni dans l'emploi, et pas seulement aux jeunes au chômage, et mieux s'occuper des problèmes des jeunes faiblement qualifiés. Par ailleurs, il existe une multitude de petits programmes destinés aux jeunes, qui sont gérés par différentes instances gouvernementales. Cela complique la tâche des jeunes qui doivent s'orienter parmi une multitude d'options et accroît en outre la difficulté du suivi et de l'évaluation des programmes. La simplification de ces programmes, après une évaluation approfondie de leur organisation et de leurs impacts, serait une option avantageuse.
  • Poursuivre les efforts pour renforcer le service public de l'emploi et le rendre plus pertinent aux besoins des jeunes en recherche d'emploi. Malgré de récents investissements de l'État dans le service public de l'emploi (SPE), peu de jeunes s'adressent au SPE pour l'instant. Le SPE doit accroître sa part de marché, faciliter l'accès des jeunes à ses services et proposer ses services d'orientation professionnelle et d'aide à l'emploi à tous les jeunes qui en ont besoin.

Ce rapport, intitulé Des emplois pour les jeunes: Corée (Jobs for Youth: Korea), est le dernier tome en date d'une série d'ouvrages de l'OCDE qui devrait porter sur seize pays. Cette publication est disponible pour les journalistes auprès de la Division des relations avec les médias de l'OCDE (tél. + 33 1 45 24 97 00). Elle est en vente dans sa version papier et sous forme électronique à la Librairie en ligne de l'OCDE. Les abonnés et les lecteurs des établissements abonnés peuvent accéder à la version en ligne depuis SourceOCDE.

Pour tout complément d'information, les journalistes sont invités à contacter Chang-Hun Han, Direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales de l'OCDE (tel. +33 1 45 24 92 79).

 

 

 

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