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Education

La Norvège doit redoubler d’efforts pour offrir aux jeunes peu qualifiés de meilleures perspectives d’emploi

 

05/04/2018 - La Norvège doit intensifier ses efforts pour améliorer les perspectives d’emploi des jeunes qui n’ont pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, dans l’objectif de réduire encore la proportion de jeunes de moins de 30 ans sans emploi et sortis du système éducatif, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

Il ressort du rapport « Investing in Youth: Norway » que la situation des jeunes sur le marché du travail norvégien est globalement favorable, la proportion de jeunes âgés de 15 à 29 ans qui occupent un emploi étant supérieure à la moyenne de l'OCDE (59 % contre 52 %). Toutefois, le taux d’emploi des jeunes tend à diminuer, les possibilités d’emploi qui s’offrent à eux n’ayant pas progressé à un rythme aussi rapide que la population jeune, qui s’est accrue de 18 % entre 2007 et 2016. L’immigration a contribué à hauteur de plus de 4/5e à cette progression.

 

En 2016, près d’un jeune sur dix (9 %) – soit 86 000 jeunes de 15 à 29 ans – étaient sans emploi et sortis du système éducatif en Norvège, soit une hausse de deux points de pourcentage par rapport à 2008. Deux tiers environ de ces jeunes n’étaient pas en recherche active d’emploi. Comme l’indique le rapport de l'OCDE, il convient de redoubler d’efforts pour venir en aide aux jeunes sans emploi et sortis du système éducatif, et particulièrement à ceux qui sont inactifs.

 

En Norvège, les jeunes sans emploi et sortis du système éducatif sont généralement plus défavorisés que dans les autres pays de l'OCDE. Plus de la moitié (56 %) n’ont pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et les jeunes nés à l’étranger sont deux fois plus susceptibles d’être sans emploi et déscolarisés et de ne suivre aucune formation que leurs camarades nés en Norvège. Les jeunes sans emploi et sortis du système éducatif ont aussi neuf fois plus de risques d’être en mauvaise santé et six fois plus de risques d’être déprimés.

 

Alors que les pouvoirs publics ont fait de la lutte contre l’abandon prématuré de la scolarité une priorité en Norvège depuis de nombreuses années, près d’une personne de 25 à 34 ans sur cinq (19 %) n’est pas diplômée du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, ce qui est sensiblement supérieur à la moyenne de 16 % constatée dans la zone OCDE. Les élèves de l’enseignement et la formation professionnels (EFP) sont particulièrement nombreux à abandonner prématurément leurs études, 63 % seulement d’entre eux obtenant leur diplôme dans les deux ans qui suivent la fin du cursus normal, contre 72 % en Suède ou 80 % en Autriche.

 

Les deux premières années de l’EFP sont principalement axées sur l’enseignement théorique à l’école, et de nombreux élèves peinent ensuite à trouver une place en apprentissage dans une entreprise pour les deux années suivantes. Les employeurs sont souvent réticents à embaucher des apprentis, qui ont souvent des compétences professionnelles limitées et dont la rémunération est comparativement élevée.

 

Le programme « Un nouvel effort pour les jeunes », qui a remplacé le plan de « Garantie pour la jeunesse » en 2017, pourrait offrir de meilleurs débouchés professionnels aux jeunes sans emploi et sortis du système éducatif. Néanmoins, pour que ce nouveau cadre d’action soit efficace, sa mise en œuvre par l’intermédiaire de l’Agence nationale pour l’emploi et la protection sociale (NAV) doit être contrôlée de manière systématique, et des financements supplémentaires pour les programmes d’emploi pourraient se révéler nécessaires.

 

Le rapport préconise également de prendre de nouvelles mesures en vue de réduire la proportion de jeunes qui perçoivent des prestations d’incapacité en Norvège, puisqu’elle reste la plus élevée de tous les pays de l'OCDE en dépit des réformes engagées récemment.

 

Le rapport contient plusieurs recommandations visant à favoriser l’insertion des jeunes sur le marché du travail en Norvège :

 

  • Aligner plus étroitement l’offre d’EFP sur la demande du marché du travail, en intégrant la spécialisation dans le volet de l’EFP dispensé dans le cadre scolaire et en conjuguant dès le départ formation théorique et formation en entreprise.

 

  • Continuer de développer les filières d’EFP dans les niveaux d’enseignement inférieurs, afin d’aider les élèves qui ont un faible niveau scolaire ou l’esprit plus pragmatique à décrocher un diplôme.

 

  • Assurer une évaluation rigoureuse de l’aptitude au travail et un meilleur filtrage de l’accès aux prestations invalidité au moyen d’une amélioration des directives fournies au personnel de la NAV et aux médecins généralistes, et d’un meilleur suivi.

 

  • Allouer des ressources supplémentaires à l’accompagnement des jeunes bénéficiaires de l’aide sociale qui souffrent de troubles de la santé mentale et ont peu d’expérience professionnelle.

 

  • Reconsidérer l’importance accordée aux critères d’expérience professionnelle des jeunes demandeurs d’emploi, dont l’efficacité a été remise en question par plusieurs études d’évaluation récentes.

 

  • Accroître le recours aux programmes de formation pour les demandeurs d’emploi, afin d’inclure la formation professionnelle des chômeurs peu qualifiés et des cours de norvégien pour les chômeurs immigrés.

 

  • Faciliter l’échange de données entre les autorités en charge de l’éducation et la NAV, afin d’aider le personnel de la NAV à assurer un meilleur suivi des dossiers et à étudier la transition des chômeurs vers les programmes de formation.

 

  • Imposer des évaluations d’impact strictes comme condition préalable à l’octroi de financements publics aux programmes de formation, d’emploi et d’aide sociale ciblés sur les jeunes sans emploi et sortis du système éducatif.

 

 Pour de plus amples informations sur le rapport « Investing in Youth: Norway », consulter le site http://oe.cd/youth-norway

 

Les journalistes sont invités à prendre contact avec la Division des médias de l'OCDE (news.contact@oecd.org ; +33 1 45 24 97 00)

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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