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Education

Avenir du travail : l’Italie doit investir davantage dans la formation

 

11/03/2019 - En Italie, l’État, les entreprises et les travailleurs devront accroître sensiblement les investissements consentis en matière de formation pour se préparer au monde du travail de demain, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

Il ressort de l’étude Adult Learning in Italy: what role for training funds? que les compétences indispensables à la réussite professionnelle évoluent rapidement, sous l’effet de la montée en puissance du numérique et de la mondialisation. Avec l’introduction de nouvelles technologies, 15.2 % des emplois sont aujourd’hui exposés à un risque élevé d’automatisation, tandis que 35.5 % supplémentaires pourraient se voir profondément transformés. Il faudra offrir aux adultes davantage de possibilités, au cours de leur vie active de plus en plus longue, d’acquérir les compétences dont ils auront besoin pour conserver leur emploi ou en trouver un nouveau. Pour relever ces défis de taille, l’Italie devra donc faire de l’investissement dans la formation des adultes l’une des priorités de son programme d’action.

À l’heure actuelle, 20 % seulement des adultes participent à des activités de formation liées à l’emploi en Italie, soit la moitié de la moyenne de l'OCDE. Cette proportion tombe à 9.5 % parmi les travailleurs peu qualifiés, alors que ce sont sans doute ceux qui en ont le plus besoin.

Les fonds pour la formation mis en place en Italie offrent la possibilité de doter les adultes des compétences requises pour prospérer sur le marché du travail, et dans la société dans son ensemble. Il s’agit d’associations gérées par les partenaires sociaux, qui financent la formation des travailleurs avec les fonds recueillis au moyen de prélèvements opérés auprès des employeurs (0.3 % de la masse salariale).

Créés pour inciter les entreprises à former leurs salariés et pour améliorer l’accès à la formation, ces fonds sont toutefois méconnus, ce qui témoigne d’une faible demande de compétences et d’une culture de la formation limitée par comparaison avec d’autres pays de l'OCDE, surtout parmi les PME. À ces difficultés s’ajoutent les démarches administratives et les coûts de formation qui restent lourds pour de nombreuses PME.

Par ailleurs, la formation n’est pas toujours en phase avec les besoins du marché du travail. La formation obligatoire à la sécurité et l’hygiène au travail représente plus de 30 % de l’ensemble des programmes financés par les fonds pour la formation, contre un peu plus de 3 % seulement pour les formations axées sur les TIC.

Il convient aussi de noter que les fonds mis en place par l’Italie à l’appui de la formation fonctionnent souvent de manière cloisonnée, sans réels efforts de coordination entre eux ou avec les institutions et les autres parties prenantes de la formation des adultes (comme les régions ou les services publics de l’emploi). Des mécanismes de coordination plus structurés doivent être mis en place pour éviter les chevauchements et développer des synergies entre les programmes de formation mis au point par les différents intervenants.

Enfin, les fonds pour la formation ont besoin de financements adéquats et viables pour fonctionner correctement. Ces dernières années, ils ont fait les frais de coupes budgétaires importantes : ainsi, en 2017, ces coupes ont absorbé plus de 40 % des financements recueillis par le biais des taxes pour la formation. Ces réductions budgétaires non seulement diminuent les ressources disponibles pour financer la formation, mais elles peuvent aussi compromettre la crédibilité des fonds dédiés à la formation et éroder la confiance à l’égard du système.

Pour favoriser une utilisation plus efficace de ces fonds, l'OCDE préconise plusieurs mesures : 

  • Augmenter le nombre de PME et de travailleurs vulnérables qui participent à la formation, par exemple en développant une véritable culture de la formation dans les PME, en formant les chefs d’entreprise, en continuant de réduire les formalités administratives et les coûts de formation pour les PME, et en déployant des initiatives ciblées afin de s’assurer que les groupes défavorisés puissent bénéficier de formations.

  • Aligner la formation sur les besoins du marché du travail, par exemple en associant davantage les partenaires sociaux aux décisions relatives à la formation, en mettant davantage à profit l’évaluation et l’anticipation des besoins en compétences, et en interdisant le recours aux fonds pour la formation aux fins de la formation obligatoire.
    • Renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes, par exemple en instaurant un observatoire national de la formation des adultes, chargé de coordonner les activités des différents acteurs du secteur.
    • Veiller à ce que les fonds pour la formation reçoivent des financements adéquats et pérennes, en limitant les ponctions opérées par l’État à des fins autres que la formation.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec Alessia Forti, de la Division des compétences et de l’employabilité de l'OCDE (tél. : +33 1 45 24 16 50), ou avec la Division des médias de l'OCDE (tél. + 33 1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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