Economie

L’Argentine doit poursuivre ses réformes pour donner un nouvel élan à une croissance soutenable et inclusive

 

27/07/2017 - L’Argentine a accompli des avancées dans la réalisation de son programme économique de soutien à la croissance. La première Étude économique multidimensionnelle de l’OCDE sur l’Argentine met en évidence les résultats déjà obtenus grâce au vaste ensemble de réformes macroéconomiques et structurelles récemment lancées par le gouvernement. Selon l’OCDE, le pays doit encore relever plusieurs défis et consolider les fondements d’une économie plus productive et plus inclusive, réduire la pauvreté et les inégalités, et améliorer le bien-être de tous les Argentins.

 

L’Étude économique, présentée à Buenos Aires par Mme Gabriela Ramos, Directrice de Cabinet de l’OCDE et Sherpa du G20 pour l’Organisation, et par M. Nicolás Dujovne, ministre argentin des Finances, recense plusieurs axes de réforme pour promouvoir une croissance au service des populations, et recommande d’accorder la priorité aux mesures qui accroissent la productivité et la compétitivité de l’économie, notamment en réformant le cadre réglementaire, le marché du travail et les marchés de produits, ainsi que les politiques touchant à la fiscalité, aux infrastructures, à l’innovation, aux échanges et aux marchés financiers. Dans chacun de ces domaines d’action, l’Étude économique décrit des objectifs précis en matière d’inclusion sociale. Le rapport recommande également de renforcer les initiatives en faveur de l’éducation et des compétences et de l’égalité hommes-femmes. L’articulation entre productivité et inclusivité, à laquelle l’OCDE a consacré des travaux approfondis, pourrait en effet générer des effets bénéfiques importants pour l’économie argentine.

 

La convergence progressive des indicateurs de l’Argentine dans ces différents domaines vers la moyenne de l’OCDE se traduirait par une croissance du PIB par habitant de 15 % en 10 ans, tandis que des réformes destinées à égaler d’autres pays d’Amérique latine tels que le Chili, la Colombie et le Mexique conduiraient à une hausse des revenus par habitant de 8.5 % en 10 ans. Une condition devra cependant être respectée pour que les réformes actuelles et à venir entraînent des retombées positives pour l’ensemble des Argentins : l’action publique devra soutenir une croissance au service des populations, et adopter les mesures requises pour protéger les ménages pauvres et vulnérables des coûts d’ajustement induits par les réformes structurelles.

 

« L’Argentine a engagé une transformation audacieuse de son économie qui a déjà renforcé son attractivité pour les investisseurs nationaux et étrangers. Cependant, l’objectif principal doit rester celui de l’amélioration du bien-être des citoyens », a indiqué Mme Ramos. « Les inégalités, la pauvreté et l’économie informelle entravent la croissance, et les actions de lutte sur ces trois fronts doivent donc être au cœur des efforts pour promouvoir une croissance à la fois durable et inclusive ».

 

L’Étude économique précise que la soutenabilité des finances publiques et la bonne gestion macroéconomique, qui supposent une baisse de l’inflation et une réduction du déficit budgétaire, constituent un double objectif prioritaire. Pour accroître l’efficacité des dépenses publiques, l’Argentine pourrait notamment supprimer les subventions énergétiques en place, en veillant à ne pas pénaliser les ménages les plus pauvres ; rationaliser l’emploi public ; et dégager des économies supplémentaires au sein des entreprises publiques.

 

Des réformes fiscales neutres en matière de revenus pourraient être lancées, par exemple en abaissant le seuil d’entrée dans l’impôt sur le revenu des personnes physiques mais le rendant plus progressif ; en supprimant graduellement l’impôt provincial sur le chiffre d’affaires et la taxe sur les transactions financières ; en élargissant l’assiette des taxes sur la valeur ajoutée ; et en rendant les cotisations de sécurité sociale progressives et davantage adaptées pour promouvoir l’emploi formel. Par ailleurs, l’efficacité de la politique monétaire serait renforcée si elle était conduite par une banque centrale intervenant en toute indépendance dans le cadre d’un mandat simple.

 

L’Étude économique souligne la nécessité de relancer l’investissement et la productivité, qui sont le fondement d’une progression durable des revenus. L’adoption de mesures venant accroître la concurrence dans tous les secteurs d’activité, par la suppression des obstacles à l’entrée et une plus large ouverture aux échanges, stimulera la productivité et réduira les pratiques de recherche de rente, ce qui assurera une meilleure répartition des revenus.

 

Chacune de ces réformes devra être assortie de programmes de protection des ménages pauvres et vulnérables, pour que ceux-ci soient les premiers bénéficiaires des avancées engrangées. L’accent aujourd’hui placé sur le renforcement du filet de protection sociale et les initiatives destinées à améliorer la formation et l’éducation vont dans ce sens, tout comme les mesures pour l’intégration sur le marché de l’emploi des travailleurs affectés par les réformes structurelles.

 

Parmi les recommandations de son programme d’action pour une croissance plus inclusive, l’Étude économique propose à l’Argentine de concentrer ses efforts vers une meilleure répartition des revenus. Celle-ci est en effet très inégalitaire à ce jour, puisqu’un tiers des Argentins vit dans la pauvreté et qu’un cinquième de la population est exposé au risque de pauvreté. Par conséquent, les progrès accomplis ne s’inscriront dans la durée que si des mesures sont prises en faveur de ces groupes moins avantagés qui représentent 50 % de la population. L’Étude économiquerecommande aussi de renforcer les programmes de lutte contre la pauvreté déjà en place, avec de nouveaux efforts pour réduire les inégalités d’accès aux services publics et à une éducation et à des emplois de qualité, tout en intensifiant les actions pour promouvoir l’égalité hommes-femmes.

 

L’amélioration de l’éducation – en particulier la réduction des inégalités pour l’accès à une éducation de qualité – revêt une importance décisive. La formation des enseignants doit être améliorée, de même que le ciblage des dispositifs de soutien aux étudiants défavorisés. Dans le même esprit, le développement de l’enseignement préprimaire et la promotion d’horaires de travail plus souples permettront d’atteindre un double objectif : améliorer les résultats scolaires et accroître le taux d’activité des femmes, encore faible. Ce dernier point contribuerait en particulier à une meilleure utilisation du capital humain, car le niveau d’instruction des femmes est, en moyenne, supérieur à celui des hommes. En outre, le développement du congé paternité et une plus grande représentation des femmes à tous les niveaux de responsabilité dans les secteurs public et privé, obtenue au moyen de quotas ou d’objectifs chiffrés, viendraient limiter l’écart entre le taux d’activité des hommes et des femmes.

 

Les mécanismes de redistribution destinés à réduire les inégalités et la pauvreté devraient conserver un rôle important, mais il faudrait intensifier la lutte contre l’emploi informel, qui concerne un tiers de la main-d’œuvre, et est synonyme de bas salaires et d’absence de protection des travailleurs. Il conviendrait également d’étoffer les dispositifs de formation, les services publics de l’emploi et les mesures d’aide au développement des petites entreprises, ce qui pourrait simultanément faire reculer l’économie informelle, dynamiser la productivité et améliorer la qualité de l’emploi pour tous les Argentins.

 

L’OCDE, qui a pour mission de promouvoir « des politiques meilleures pour une vie meilleure », a mis en évidence le creusement des inégalités de revenu et des chances et a élaboré le Cadre pour une croissance inclusive, qui vise à une répartition plus équitable des revenus et des opportunités entre tous les citoyens.

 

Une Synthèse incluant les principales conclusions de cette Étude économiquepeut être consultée à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/eco/surveys/economic-survey-argentina.htm.

 

Pour tout renseignement complémentaire, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 4524 9700).

 

Note à l’intention des rédacteurs :

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation internationale qui a son siège à Paris et dont la mission consiste à promouvoir des politiques visant à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier. Elle offre aux pouvoirs publics une enceinte où ils peuvent conjuguer leurs efforts, partager leurs expériences et rechercher des solutions aux problèmes économiques, sociaux et de gouvernance auxquels ils sont confrontés.

 

Les 35 pays actuellement membres de l’OCDE sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, la Lettonie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie.

 

Trois pays – la Colombie, le Costa Rica et la Lituanie – ont été officiellement invités à devenir membres de l’Organisation et leur processus d’adhésion est en cours.

 

Depuis fin 2016, l’Argentine met en œuvre un Plan d’action en coopération avec l’OCDE destiné à soutenir les priorités de réforme du pays dans les domaines suivants : politique économique, statistiques, concurrence, investissement, gestion publique et modernisation de l’État, fédéralisme, développement régional et gouvernance à niveaux multiples, lutte contre la corruption, éducation et compétences, et économie numérique.

 

De plus amples informations sur les travaux menés par l’OCDE avec l’Argentine sont disponibles en ligne à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/pays/argentine/.

 

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