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Economie

L’économie néo-zélandaise affiche de bons résultats, mais le maintien de niveaux élevés de croissance et de bien-être passera par de nouvelles réformes

 

10/06/2015 - L’économie néo-zélandaise a enregistré de bons résultats ces dernières années. Cependant, les goulets d’étranglement observés dans les secteurs du logement et des infrastructures urbaines, les inégalités de niveau de vie et des pressions environnementales accentuées constituent des défis à relever pour préserver, sur le long terme, une croissance soutenue et des niveaux de bien être élevés, selon la dernière Étude économique de l’OCDE consacrée à la Nouvelle-Zélande.


Selon l’Étude, la Nouvelle-Zélande peut tabler sur une expansion économique forte à court terme et reposant sur une large assise, la croissance devant atteindre 3,4 % en 2015 et 3 % en 2016. Le déficit budgétaire a été pratiquement comblé, la dette des administrations publiques exprimée en proportion du PIB est en recul, et la politique monétaire reste accommodante, ce qui permet à l’inflation de remonter au milieu de la plage de 1 à 3 % retenue officiellement comme cible.

Cependant, l’OCDE recense un certain nombre d’obstacles au maintien d’une croissance robuste. Les prix des logements sont élevés à Auckland, centre économique de la Nouvelle-Zélande, ce qui réduit l’attractivité de la ville comme lieu d’implantation des entreprises et suppose des risques pour la stabilité financière. La forte croissance démographique et les contraintes pesant sur l’offre de logements ont conduit à une hausse rapide des prix de l’immobilier résidentiel, limitant l’accessibilité financière au logement. Pour y remédier, la Nouvelle-Zélande devrait réduire les coûts économiques découlant de ses réglementations en matière d’environnement et d’aménagement du territoire, et limiter les possibilités, pour des parties ayant des intérêts établis, de faire obstacle à des projets immobiliers allant dans le sens de l’intérêt général.

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Les ménages à faible revenu sont confrontés à une hausse significative de la charge du coût du logement. Il conviendrait, pour aider les familles les plus durement touchées, de remanier le parc locatif social pour mieux répondre à la demande démographique et géographique, et de réattribuer ces logements pour y accueillir les personnes les plus défavorisées. L’engagement pris par le gouvernement d’accroître le parc de logements sociaux est le bienvenu, même si l’Étude recommande de mobiliser des ressources supplémentaires pour obtenir une croissance plus importante de ce parc.


L'expansion du parc de logements sociaux ne permettra pas d’accueillir tous les ménages à faible revenu, et, selon l’Étude, il conviendrait d’augmenter l’allocation complémentaire au logement (Accommodation Supplement) et de redéfinir les priorités en faveur des ménages les plus pauvres, en veillant à ce que les principaux bénéficiaires de ces mesures soient les locataires plutôt que les propriétaires.

En matière d’environnement des affaires en Nouvelle-Zélande, les entreprises citent les services insuffisants d’infrastructures comme étant l’un des facteurs les plus problématiques. L’Étude propose que la Nouvelle-Zélande accompagne le développement de l’offre d’infrastructures urbaines en diversifiant les sources de revenus dont disposent les administrations locales. De plus, la gestion de la demande d’infrastructures urbaines pourrait être améliorée, et leur utilisation pourrait être rationalisée, par exemple en adoptant une tarification plus élevée aux heures de pointe pour réguler le trafic.


Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la Nouvelle-Zélande sont élevées en proportion du PIB et les mesures en place parviennent mal à remédier à cette situation. S’il est vrai que la réduction des émissions de GES est une tâche complexe dans un pays où l’agriculture représente une part importante des émissions et où les sources d’énergie renouvelables sont déjà très présentes dans la production d’électricité, de nouvelles mesures devraient être prises dans ce domaine. L’Étude recommande la suppression des dispositions transitoires qui sapent l’efficacité du Système néo-zélandais d’échange de quotas d’émission (NZ ETS). Elle propose en outre de définir une nouvelle stratégie de réduction des émissions d’origine agricole, en associant des mesures de tarification, de réglementation et de recherche-développement.


Si la Nouvelle-Zélande a dans l’ensemble réussi à assurer des niveaux élevés de bien être pour la plupart de ses citoyens, une minorité non négligeable d’entre eux n’a connu qu’une maigre amélioration, voire une dégradation, en termes de revenus, de qualité et d’accessibilité du logement, de santé et de résultats scolaires. Pour venir en aide à ce groupe diversifié de foyers en difficulté, les réformes actuelles se concentrent davantage, à juste titre, sur les améliorations sur le long terme, sans pour autant négliger les retombées à court terme, et sur une meilleure coordination des politiques sociales (prestations sociales, aides en matière de logement, de santé et d’éducation) et une coopération accrue entre les prestataires de services sociaux publics et privés.


Selon l’Étude, l’utilisation de données plus pertinentes permettrait d’engranger des gains d’efficacité dans la mise en œuvre des réformes. Par exemple, la récente réforme des prestations sociales pourrait être plus efficace moyennant une meilleure prise en compte des retombées positives à long terme pour les bénéficiaires qui parviennent à sortir des dispositifs d’aide sociale.


Une synthèse de l’Étude économique de l’OCDE consacrée à la Nouvelle-Zélande, contenant les conclusions principales, peut être consultée gratuitement sur le site Internet de l’OCDE à l’adresse suivante : http://www.oecd.org/fr/nouvellezelande/etude-economique-nouvelle-zelande.htm. Ce lien est destiné à apparaître dans les articles mentionnant l’Étude. Une version intégrable (en anglais) est également disponible.


Pour plus d’informations sur l’Étude économique, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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