Partager

Economie

Inde : intensifier les efforts de réforme pour augmenter le nombre d’emplois de qualité et faire progresser les revenus, préconise l'OCDE

 

05/12/2019 - En Inde, la croissance qui avait perdu de l’élan devrait connaître une reprise modeste, grâce à des réformes visant à simplifier la fiscalité, alléger la réglementation des entreprises et moderniser les infrastructures qui commenceront à porter leurs fruits. Il s’agit maintenant de mener de nouvelles réformes pour stimuler la création d’emplois de haute qualité, et de prendre des mesures pour améliorer les services publics et le bien-être : c’est ce qui ressort d’une Étude nouvellement publiée par l’OCDE.

Dans la dernière édition de l’Étude économique de l’Inde publiée par l’OCDE, on relève que si l’Inde a vu sa participation aux échanges mondiaux se renforcer considérablement ces dernières années, l’investissement privé y demeure relativement faible, le taux d’emploi a reculé sur fond de pénurie d’emplois de qualité, les revenus en zone rurale sont au point mort et le revenu par habitant varie fortement d’un État à l’autre. 

« L’Inde s’est imposée aujourd’hui comme un champion de la croissance et un acteur majeur de l’économie mondiale », a déclaré la Cheffe économiste de l’OCDE Mme Laurence Boone au cours du lancement de l’Étude à New Delhi. « Toutefois, le ralentissement de la croissance souligne la nécessité d’une mise en œuvre pleine et entière des réformes déjà adoptées et d’une poursuite de l’abaissement des obstacles aux échanges afin de générer les investissements et les emplois dont l’Inde a besoin pour relever les niveaux de vie dans tout le pays. »

Selon les prévisions figurant dans l’Étude, la croissance du PIB de l’Inde devrait repartir pour atteindre 6.2 % en 2020 et 6.4 % en 2021, après être descendue à 5.8 % en 2019 après plusieurs années de croissance robuste. Pour que la croissance puisse renouer avec les niveaux plus élevés nécessaires pour déboucher sur de nombreuses créations d’emplois et atténuer les inégalités, il faudra donner un coup d’accélérateur aux réformes structurelles pour stimuler l’investissement et les exportations.

L'investissement reste faible en Inde.
Cliquez sur le graphique pour l'agrandir.

<Télécharger les données en Excel>

Assainir le secteur financier, où la part des créances douteuses et litigieuses, bien qu’en recul, reste élevée, sera indispensable pour soutenir l’investissement. Dans l’Étude, il est recommandé d’accélérer les procédures de faillite et d’améliorer la gouvernance dans le secteur bancaire.

L’Inde a vu sa participation aux échanges internationaux monter en puissance depuis la baisse des droits de douane intervenue dans les années 90. Sa part dans les exportations mondiales de biens et de services est passée à 2.1 % en 2018, contre 0.5 % au début des années 90, grâce à de très bonnes performances dans des secteurs comme les technologies de l’information ou les produits pharmaceutiques. Moderniser les ports et développer le réseau routier pour résoudre les points de blocage qui subsistent dans les infrastructures sera indispensable pour stimuler la compétitivité de l’Inde. Réduire les restrictions aux échanges de services imposées par des partenaires commerciaux ainsi que par l’Inde pour les importations permettra de doper encore le commerce dans ce secteur, ce qui donnera aussi un coup de fouet au secteur manufacturier et à l’économie dans son ensemble. D’après les estimations de l’OCDE, l’Inde serait la première bénéficiaire d’une baisse multilatérale des restrictions aux échanges de services. Même en l’absence d’un accord multilatéral, une action unilatérale de remise à plat de la réglementation aurait des retombées positives.

Alors que plusieurs millions d’Indiens ont pu sortir de la pauvreté ces dernières années, ils sont encore trop nombreux à n’avoir accès à aucune prestation liée à l’exercice d’un emploi dans le secteur formel, et à n’avoir qu’un accès limité à des financements. S’employer davantage à simplifier la législation du travail, complexe et souvent propre à dissuader les entreprises d’embaucher dans la mesure où elle devient obligatoire à partir d’un certain seuil d’effectif, contribuerait à accroître la proportion d’emplois de qualité attendue par des jeunes bien éduqués dont le nombre grandit rapidement, dans un pays où la grande majorité des emplois se trouvent dans le secteur informel.

Les pouvoirs publics ont obtenu des avancées pour améliorer l’accès à l’électricité, à l’eau potable et aux réseaux routiers en milieu rural. On observe de sévères pénuries de logement et une grande médiocrité de l’accès à des équipements collectifs de base, particulièrement dans les zones rurales. La croissance démographique et l’urbanisation vont aggraver les pressions sur le logement qui, selon les estimations, affectent déjà quelque 40 millions de ménages dans tout le pays. Développer le marché locatif, actuellement étroit, pourrait aider l’Inde à tenir son engagement d’offrir un logement à tous les Indiens d’ici 2022. Enfin, mobiliser davantage de recettes provenant des impôts fonciers et des impôts sur le revenu pourrait donner aux autorités la marge de manœuvre requise pour accroître les dépenses de santé et d’éducation et augmenter les transferts sociaux.

 

Note à l’intention des rédacteurs :

L’OCDE, qui a son siège à Paris, est une organisation internationale qui s’emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier. Elle offre aux gouvernements une enceinte où ils peuvent collaborer pour échanger des expériences et rechercher des solutions à des problèmes d’ordre économique, social ou relevant de la gouvernance.

Les 36 pays membres de l’OCDE sont : l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Islande, Israël, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie. La Colombie et le Costa Rica ont été officiellement invités à devenir membres de l'Organisation et leur processus d’adhésion est actuellement en cours.

L’Inde est l’un des cinq Partenaires clés de l’OCDE, avec l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine et l’Indonésie. Les Partenaires clés contribuent aux travaux de l’OCDE de façon continue et approfondie. Le développement de la participation directe et active de ces pays aux travaux des organes de substance de l’Organisation constitue un élément central du programme des Partenaires clés. Ce volet recouvre notamment la participation à des organes de l'OCDE, l’adhésion à des instruments de l'OCDE et l’intégration dans les systèmes de notification statistique et d’information de l'OCDE.

Des informations complémentaires sur les travaux de l’OCDE avec l’Inde sont disponibles à http://www.oecd.org/fr/inde/.

Pour toute information complémentaire, les journalistes sont invités à contacter Mme Catherine Bremer, du Bureau des médias de l’OCDE (tél. : +33 (1) 45 24 80 97).

 

L'OCDE est un forum mondial qui œuvre, aux côtés de plus d'une centaine de pays, à la promotion de politiques propres à améliorer le bien-être économique et social des peuples du monde entier.

 

Documents connexes