Marché du travail, capital humain et inégalités

Etude économique de la France 2007 : Renforcer les incitations à une meilleure performance du systèm éducatif

 

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 3 de l'Etude économique de la France, publiée le 27 juin 2007.

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Le système éducatif est déterminant pour la formation du capital humain, la croissance potentielle à long terme et le niveau de vie moyen. Il vise également à réduire les inégalités, mais cette tâche est très difficile car l’influence des parents se fait sentir à chaque stade du développement de l’enfant. L’éducation préscolaire pour tous les enfants, qui en théorie réduit une forte proportion des inégalités, est très développée en France, où tous les enfants sont scolarisés en maternelle dans l’enseignement public à trois ans, et, de fait, elle a des effets manifestement bénéfiques sur le plan de l’équité jusqu’à l’entrée dans le secondaire. Les inégalités entre élèves paraissent plus marquées dans le secondaire, avec une dimension géographique très sensible.


Les dépenses éducatives par élève au niveau secondaire sont élevées par rapport à d’autres pays de l’OCDE. Selon les études récentes de l’OCDE, le système éducatif français ne souffre pas de carences majeures, mais un certain nombre de pays obtiennent de meilleurs résultats avec des ressources comparables. Pour améliorer les résultats, il faut tout d’abord pouvoir les mesurer correctement. Il existe déjà en France des indicateurs de « valeur ajoutée », qui sont rendus publics pour les lycées, mais il faudrait les améliorer et les étendre aux collèges. Lorsque ces indicateurs seront en place, il sera difficile pour les établissements scolaires de ne pas réagir aux signes de mauvais résultats.


L’une des caractéristiques traditionnelles du système français est le manque d’autonomie des chefs d’établissement. Ils n’interviennent guère dans le recrutement des enseignants ou dans leur rémunération, et les programmes sont établis dans le détail au niveau national. Pour améliorer les résultats dans l’enseignement secondaire, il faudrait soit que l’inspection nationale réagisse davantage lorsque la performance d’un établissement est insuffisante, soit que les chefs d’établissement aient plus d’autonomie et soient responsables des solutions à mettre en œuvre, dans le cadre de normes nationales claires de résultats des élèves. Il est difficile de savoir quelle démarche est préférable, mais l’étude PISA de l’OCDE semble montrer que les systèmes où l’autonomie est la plus développée donnent les meilleurs résultats. Certaines réformes et expériences accordent d’ores et déjà plus d’autonomie aux établissements scolaires ; il faudrait poursuivre l’application de ces dispositifs tout en évaluant leur efficacité.


La concurrence entre établissements joue un rôle insignifiant. En principe, suivant la règle de l’égalité, l’élève est affecté à un établissement en fonction d’un critère géographique ; c’est le système de la carte scolaire. Dans la pratique, une faible proportion de parents bien informés parvient à échapper aux contraintes de cette sectorisation et certains lycées ont réussi à mettre en place une sélection plus ou moins explicite pour les élèves les plus doués. De plus, étant donné la concentration géographique de la pauvreté et de l’exclusion (voir ci dessus), certains établissements ont une très forte proportion d’élèves difficiles et la mixité sociale qu’est censée réaliser la carte scolaire reste limitée. Ces deux phénomènes nuisent à l’équité et des voix se sont fait entendre pour assouplir la carte scolaire et (ce qui n’est pas nécessairement la même chose) le choix de l’établissement. Le libre choix de l’établissement risquerait d’aggraver le problème de la ségrégation du fait de l’avantage dont disposent les familles aisées bien informées, et de conduire à un écrémage de la part des établissements scolaires. Pour éviter ces phénomènes, des réformes profondes seraient nécessaires pour garantir que les ressources allouées aux établissements publics d’éducation s’ajustent aux choix des familles. A défaut de telles réformes, la carte scolaire devrait être maintenue.


Dans tous les cas, il faut rendre plus réactif le système actuel, où les grandes décisions sont essentiellement prises par les administrations régionales de l’éducation et inciter les établissements dont les performances sont médiocres à s’améliorer. Il est pourtant peu probable que la sanction ultime pratiquée dans certains pays de fermer les établissements où les résultats demeurent durablement très insuffisants en dépit des efforts importants pour améliorer la situation soit acceptable en France.


La réussite au baccalauréat, l’examen de fin d’études secondaires, permet à l’élève de s’inscrire à l’université dans la filière de son choix (l’accès n’étant toutefois automatique que pour l’université de l’académie de résidence du futur étudiant). L’absence de sélection à l’entrée (sauf dans certains cas très particuliers) et la quasi gratuité de l’enseignement expliquent une série de dysfonctionnements. Les meilleurs élèves cherchent à sortir du lot en optant pour une voie qui comporte de la sélection, celle des classes préparatoires, puis des grandes écoles. D’autres choisissent une filière sélective plus courte à vocation professionnelle, comme celle des Instituts universitaires de technologie (IUT), en rejoignant ensuite le cursus universitaire traditionnel, ce qui leur permet d’éviter les deux premières années d’université. Les diplômés de ces filières courtes sont très bien placés sur le marché du travail, grâce aux liens qui se sont établis entre les IUT et les entreprises. L’IUT était au départ destiné aux élèves moins aptes à suivre un enseignement universitaire plus long et plus théorique, mais le manque de place dans les IUT, où les études sont plus coûteuses, fait qu’un grand nombre de ces élèves se retrouvent malgré tout à l’université. Mal informés, ils s’inscrivent dans une forte proportion à des cours qui offrent peu de perspectives de carrière, en courant le risque de devoir abandonner leurs études et d’être alors pénalisés sur le marché du travail. Les universités mettent actuellement en place des dispositifs d’information sur les perspectives de carrière dans les différentes disciplines et elles s’efforceront de conseiller l’étudiant sur la compatibilité de son choix avec le type de baccalauréat qu’il a passé et les notes qu’il a obtenues. Les informations de ce type sont nécessaires et utiles, mais elles ne suffiront pas à améliorer sensiblement la répartition des étudiants entre les différents cours en fonction de leurs aptitudes. Puisque l’enseignement supérieur est déjà implicitement sélectif à de nombreux égards, il faudrait mettre en place une sélection explicite pour l’entrée à l’université. L’inscription à des cours universitaires dispensés gratuitement ne devrait pas être autorisée si l’université considère que la probabilité de réussite est très faible.


La dépense par étudiant dans l’enseignement supérieur est faible par rapport à celle des autres pays de l’OCDE et les frais de scolarité sont fortement inférieurs au coût des services fournis. Le rythme d’achèvement est lent et le taux d’abandon élevé. Cette situation est une source d’inéquité : en effet, les étudiants qui bénéficient le plus du système sont ceux qui accomplissent les études les plus avancées et qui seront le mieux armés sur le marché du travail ; or, très souvent, leurs parents ont les plus hauts revenus. De plus, il sera difficile d’accroître la contribution des fonds publics aux ressources, compte tenu des pressions prévisibles qui s’exerceront sur le budget. Toutefois, des droits de scolarité plus élevés pourraient permettre d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur. Il faudrait augmenter les droits de scolarité progressivement, mais nettement, en les fixant à un niveau proportionnel bien qu’inférieur au coût des cours. L’équité dans l’accès à l’éducation supérieure pourrait être assurée grâce à un système de prêts remboursables en fonction du revenu futur, auquel viendraient s’ajouter le cas échéant des bourses. Si les universités avaient de plus larges responsabilités et plus d’autonomie, comme le recommande la Cour des comptes, la concurrence pour attirer les étudiants s’en trouverait stimulée et les universités seraient incitées à utiliser plus efficacement ces ressources plus abondantes.

 

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Informations complémentaires                                                                        

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau de la France du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Paul O'Brien et Stéphanie Jamet sous la direction de Peter Jarrett.

 

 

 

 

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