La zone euro, confrontée à une crise de confiance, connaît une récession qui devrait persister jusqu’au début de 2013. La croissance ne devrait se redresse que lentement en 2013 et dans les premiers mois de 2014. Les mesures d’assainissement budgétaire en cours freineront l’activité, mais la demande privée devrait se ressaisir avec le retour à la confiance et l’amélioration du fonctionnement du secteur financier. L’ampleur persistante du chômage et un important excédent de capacités se traduiront par un relâchement des tensions inflationnistes. Le principal risque vient de progrès insuffisants de la part des responsables politiques dans la résolution de la crise.
Du côté des banques, une solidification des bilans et l’instauration d’une véritable union bancaire au niveau européen permettraient d’enrayer la boucle de rétroaction négative entre emprunteurs souverains et système bancaire. Les économies vulnérables devraient activer le programme d’opérations monétaires sur titres (OMT) de la BCE si nécessaire. Afin de soutenir la demande, la BCE devrait continuer de baisser ses taux directeurs et donner des indications prospectives sur le maintien de la politique monétaire accommodante durant une longue période. Dans l’hypothèse de graves turbulences, il faudrait recourir à des mesures non conventionnelles supplémentaires. Les pays membres de la zone euro devraient mettre en œuvre les mesures d’assainissement budgétaires prévues, mais si l’activité venait à fléchir plus fortement que ne le tablent leurs prévisions budgétaires, ils devraient laisser jouer les stabilisateurs automatiques. Pour éviter une perte de crédibilité des différents pays prenant des initiatives autonomes, cette démarche devrait être annoncée de façon coordonnée. Des réformes structurelles s’imposent dans les pays débiteurs comme dans les pays créanciers pour stimuler la croissance et rééquilibrer leurs économies. Le marché unique de l’UE devrait se voir accorder une plus grande priorité.

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