Département des Affaires économiques

Étude économique de la Suisse 2003 (janvier 2004): Développements macroéconomiques et principaux défis de politique économique

 

Quels sont les défis principaux de l'économie suisse ? 

Bien que la croissance tendancielle de la production ait été faible depuis deux décennies (1¼ pour cent contre 2¾ pour cent pour la moyenne de l’OCDE), le revenu par tête en Suisse reste parmi les plus élevés de l’OCDE. La croissance de la production a été moins résistante que dans la plupart des pays de l’OCDE ces dernières années et l’économie a enregistré une récession au premier semestre 2003. Ceci résulte en partie de l’affaiblissement général et prononcé des secteurs financiers et des biens d’équipement qui ont une grande importance pour l’économie helvétique. Toutefois, cette performance insatisfaisante de croissance  trouve son origine, dans une large mesure, dans la timidité des réformes structurelles depuis de nombreuses années. Dans ce contexte, la politique économique est confrontée à trois enjeux principaux :

  • A court terme, la tâche la plus urgente est de soutenir le redressement prévu de l’activité et de minimiser les risques de déflation, l’inflation étant actuellement très faible. La reprise ne doit pas être entravée par un resserrement budgétaire tandis que la Banque nationale doit maintenir des conditions monétaires souples, même si ses marges de baisse des taux d’intérêt sont épuisées.
  • A moyen terme, le défi principal est d’accroître la croissance potentielle de l’économie, principalement en renforçant la hausse de la productivité. Des efforts substantiels sont nécessaires pour combler les graves lacunes du fonctionnement des marchés des produits, que révèle, entre autre, le niveau très élevé des prix par rapport aux autres pays. De plus, une mise en œuvre stricte du nouveau cadre légal de la concurrence est indispensable.
  • A plus long terme, le défi est de maintenir des finances publiques saines. Cet objectif est formalisé pour la Confédération par la nouvelle règle budgétaire imposant le maintien d’un équilibre structurel des comptes. Si la croissance tendancielle ne se redresse pas, un arbitrage difficile se présentera entre une réduction des dépenses, notamment sociales, ou une hausse de la pression fiscale qui pourrait bien pénaliser davantage la croissance. Dans ce contexte, une nouvelle réforme du système de pensions paraît nécessaire pour assurer sa viabilité financière au-delà de 2015.
     

Indicateurs de revenu et de production par tête
Aux prix et PPA constants de 1995
 

1. A l'exclusion de la Hongrie, de la Pologne et des Républiques slovaque et tchèque.
2. Les courbes du « command GDP » sont en gras, le «  command GDP » étant défini comme :
 Command GDP = PIB + (Termes de l’échange -1) * Exportations
 Comme les termes de l’échange sont égaux à l’unité dans l’année de base de 1995, le PIB et le «command GDP» sont égaux pour cette année. Avant 1995, le niveau plus faible du « command GDP» reflète que les termes de l’échange (exprimés aux prix de 1995) sont inférieurs à 1 au cours de cette période. Le déclin tendanciel du «command GDP» par tête a été plus faible que celui du PIB par tête.
Source :  OCDE, Comptes nationaux.

Comment ont évolué les performances macroéconomiques récentes ? 

Le fléchissement de l’activité a été très marqué, avec une croissance quasi nulle en 2002 et, sans doute, un léger recul en 2003. Outre l’affaiblissement des secteurs financiers et des biens d’équipement, les exportations ont aussi été affectées par la faiblesse de la demande allemande et l’appréciation du franc jusqu’au printemps 2003. Par ailleurs, la demande intérieure finale a été fortement déprimée par la chute des investissements depuis le début de 2001, laquelle fait suite à la forte hausse de la fin des années 90. La consommation privée a aussi perdu de sa vigueur avec la hausse du taux d’épargne liée à la montée des incertitudes. Le taux de chômage a augmenté et atteignait 3.8 pour cent à l’automne 2003, son niveau le plus élevé depuis cinq ans, même s’il reste faible en comparaison internationale. Compte tenu de l’affaiblissement du marché du travail et d’un écart de production négatif, l’inflation très basse au début de la récession a encore fléchi à ½ pour cent (mesurée en glissement) en novembre 2003.

Comment la politique monétaire peut-elle renforcer la reprise ? 

Face au manque de dynamisme de l’activité, les autorités ont assoupli leur politique. La détente monétaire s’est amorcée au début de 2001, le LIBOR à trois mois étant abaissé de 3¼ points en plusieurs étapes, pour s’établir finalement à 0.25 pour cent. Mesurée par un indice des conditions monétaires, cette détente a plus que compensé l’appréciation effective du franc en termes réels, qui s’est poursuivie jusqu’au printemps 2003, en raison notamment des incertitudes entourant la situation internationale. Bien que les conditions monétaires soient devenues encore plus favorables plus récemment avec l’affaiblissement du franc, les perspectives économiques pour le reste de l’année restent médiocres. L’activité, qui a commencé à se redresser au troisième trimestre 2003, sous l’impulsion des exportations, se raffermira toutefois avec la reprise internationale, et la croissance pourrait atteindre l’an prochain 1¼ pour cent, chiffre proche du taux de croissance de la production potentielle. Compte tenu d’un écart de production fortement négatif, l’inflation pourrait baisser encore, voire devenir négative pendant quelques mois dans un proche avenir. Les risques de déflation ne devraient pas être exagérés mais ils nécessitent une surveillance étroite. Ils pourraient même s’intensifier si les risques négatifs entourant les prévisions venaient à se concrétiser, notamment en cas de renforcement sensible du taux de change. Étant donné que les taux ne peuvent plus être abaissés, la Banque nationale devrait alors être prête à recourir à des instruments non orthodoxes pour éviter que la déflation ne s’ancre dans les anticipations. A cet égard, des interventions sur les marchés des changes seraient les plus efficaces. En tout état de cause, même en l’absence de déflation, l’orientation de la politique monétaire devrait rester accommodante tant que la reprise ne se sera pas affermie. Globalement, le cadre de politique monétaire adopté depuis 2000, mettant l’accent sur les perspectives d’inflation pour les trois années à venir, a permis à la Banque nationale de réagir avec souplesse et efficacité à l’évolution de la situation économique.

LIBOR à trois mois et taux de change CHF/EUR
 

1. La zone ombrée correspond aux limites d'intervention de la Banque nationale.
Source :  BNS, Bulletin mensuel de statistiques économiques, octobre 2003 et OCDE.


Quelle est l’urgence d’une remise sur les rails des finances publiques ?  

Après l’assainissement des années 90, les finances publiques n’ont pas cessé de se dégrader ces dernières années, même si le déficit reste plus modéré que dans la moyenne de la zone euro ou aux États-Unis. Le solde budgétaire est passé d’un excédent de 2½ pour cent du PIB en 2000 à un déficit de près de 2 pour cent en 2003. Bien que résultant en partie de l’impact négatif de la conjoncture, plus de la moitié de cette détérioration résulte d’une baisse du solde corrigé des variations cycliques mesuré de façon conventionnelle. Les mesures discrétionnaires n’ont eu qu’un rôle limité sur cette évolution qui résulte surtout du fléchissement marqué des recettes fédérales liées aux actifs financiers, lequel a perturbé l’évolution et l’estimation du solde structurel. Un déficit structurel de ½ à 1 pour cent du PIB sera sans doute atteint en 2003 pour l’ensemble des administrations et la Confédération, au lieu de l’équilibre précédemment escompté. En 2004, la politique budgétaire, qui repose sur une hypothèse de croissance de 1 pour cent, est en principe contrainte par la règle du frein à l’endettement. Son application stricte exigerait une élimination du déficit structurel fédéral. Conscient du risque d’affaiblissement qu’une telle politique induirait sur une conjoncture déprimée et compte tenu des perspectives incertaines, le gouvernement a proposé de relâcher cette contrainte pour éviter un resserrement immédiat, le déficit structurel étant corrigé graduellement entre 2005 et 2007. Selon ce scénario, l’orientation des finances publiques dans leur ensemble resterait légèrement expansionniste l’an prochain, dans une large mesure du fait de la baisse prévue des cotisations à l’assurance-chômage. Au total, le déficit des administrations pourrait augmenter à 2½ pour cent du PIB en 2004. La stratégie des autorités fédérales d’attendre la reprise pour donner des impulsions restrictives, paraît appropriée, de même que la baisse des cotisations sociales car elle ne met pas en danger la viabilité financière à long terme de l’assurance-chômage. L’adoption d’un plan de relance, entraînant une détérioration structurelle importante des comptes publics, ne serait en revanche ni souhaitable, ni particulièrement efficace pour stimuler l’activité dans une petite économie largement ouverte sur l’extérieur.

Soldes budgétaires des administrations publiques
En pourcentage du PIB
 

1. Sur la base de la « Statistique financière révisée ». Le solde structurel de la Suisse ne comprend pas les facteurs exceptionnels tels que la vente des participations dans Swisscom en 2002.
2. Estimations.
Source :   Administration fédérale des finances et OCDE.

 

Cliquer ici pour télécharger la Synthèse  (en format pdf). La Synthèse contient les évaluations et recommandations de l'OCDE.

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