Partager

Echanges

Le Secrétaire général de l'OCDE annonce que l’Organisation va se focaliser davantage sur la nécessité de réparer la mondialisation pour qu’elle profite à tous

 

27/04/2017 - Le Secrétaire général de l'OCDE, M. Angel Gurría, a mis l’accent aujourd’hui sur la détermination de l'Organisation à aider les gouvernements à mieux faire face aux conséquences négatives de la mondialisation, tout en préservant les avantages de l'ouverture des économies et des sociétés à l'échelle mondiale. M. Gurría a indiqué que la Réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des Ministres (RCM) qui se tiendra les 7 et 8 juin prochains offrait à ses pays Membres l'occasion de s'entendre sur les mesures qui pourraient les aider à tirer pleinement parti des potentialités de l'intégration économique et du progrès technologique, afin d'améliorer le sort de chacun. Associer davantage les citoyens à l'élaboration des politiques qui, à l’échelle mondiale, influent sur leur situation sera également crucial pour reconstruire le lien entre les individus et les institutions.

 

M. Gurría était à Copenhague pour tenir une série de réunions destinées à préparer la réunion ministérielle annuelle de l'OCDE, présidée par le Danemark et couplée au Forum de l'OCDE, qui aura lieu cette année les 6 et 7 juin, à Paris. Le Secrétaire général a non seulement rencontré le Premier Ministre, M. Rasmussen, et des membres de son gouvernement, mais aussi consulté des représentants des syndicats et des milieux d'affaires pour recueillir leurs points de vue et suggestions avant la réunion de Paris. Il a aussi prononcé un discours à l'occasion de la conférence intitulée « Faire de la mondialisation un instrument au service de tous » organisée à la Bourse danoise (ce discours est consultable dans son intégralité ici et des extraits figurent ci-après).

 

Cette allocution s'est accompagnée de la diffusion d'une brochure de l'OCDE intitulée « Réparer la mondialisation : agir maintenant pour qu’elle profite à tous ». Ce document présente une analyse liminaire par l'Organisation des avantages de la mondialisation et des problèmes qu'elle soulève. Tout en affirmant qu'un désengagement vis-à-vis de la mondialisation serait préjudiciable, il met en avant la nécessité de prendre d'urgence des mesures pour favoriser une croissance inclusive et remédier au creusement des inégalités, à la concentration de la richesse et au manque de perspectives auquel sont confrontées de nombreuses personnes. La brochure souligne la nécessité d'adopter des mesures qui, non seulement renforcent les gains de productivité, mais permettent aussi d’assurer l’inclusivité. Cette « articulation » entre productivité et inégalités est cruciale pour permettre aux individus, en particulier dans la partie inférieure de la distribution des revenus, de réaliser pleinement leur potentiel. Le rapport rappelle l'importance que revêtent la solidité des systèmes de protection sociale, les politiques actives du marché du travail, et la mise en place de systèmes fiscaux plus équitables, plus efficaces et plus progressifs. Il préconise également que soient prises des mesures en vue d’assainir les marchés de capitaux et de resserrer leurs liens avec la sphère de l'économie réelle, et que soient réalisés des investissements stratégiques dans l'éducation, les compétences, la santé, l'innovation et les infrastructures matérielles, afin que nul ne soit laissé de côté. Des initiatives s'imposent également pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et le développement régional. La concrétisation de cette mondialisation inclusive passe nécessairement par un « État émancipateur ».

 

Le document met en évidence que, pour réparer la mondialisation, il faudra en outre agir plus résolument en vue de garantir la liberté et l'équité des échanges, et renforcer les règles de la mondialisation ainsi que les normes internationales de façon à harmoniser les règles du jeu. Cela passe par la mise en place de cadres propices au jeu de la concurrence permettant de trouver de meilleures solutions face à la dynamique du « presque tout au gagnant », de garantir l'accès aux marchés, de favoriser l'émergence de règles plus efficaces de gouvernance des entreprises et de promouvoir une conduite responsable des entreprises, ainsi que par une lutte déterminée contre la corruption active et passive et contre la fraude et l'évasion fiscales. Il est possible d'améliorer dans ces domaines l'adhésion aux normes de l'OCDE et leur mise en œuvre au niveau international, indique le rapport.

 

Enfin, il est recommandé dans cette publication d'améliorer la gouvernance publique afin de mieux concevoir et mettre en œuvre les politiques publiques, de mieux les adapter aux problèmes de chaque pays, de renforcer le débat démocratique et de permettre d'associer davantage les parties prenantes aux processus d'élaboration des politiques publiques au niveau international.

 

Extraits de l'allocution prononcée à Copenhague par le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría :

 

« La mondialisation est un moyen au service d'une fin, et non une fin en soi. […] Elle vaut la peine d'être défendue, mais nous n'y parviendrons que si nous veillons à ce que ses fruits soient plus largement partagés. »

« Bien que les avantages de la mondialisation l'emportent clairement sur ses coûts, le sentiment que ces bienfaits sont concentrés entre les mains de quelques-uns est largement répandu dans certaines économies de l'OCDE. […] Et les citoyens expriment leur mécontentement par la voie des urnes. »

« La mondialisation est-elle à l’origine de la stagnation des revenus de la classe moyenne dans certaines économies avancées et du creusement des inégalités de revenus et de patrimoine ? Nous ne pouvons pas encore l’assurer, mais il est plausible qu'elle ait contribué à ces évolutions par le jeu de certains mécanismes. »

« [Il] est difficile de faire la distinction entre les effets imputables à la mondialisation et ceux qui résultent d'autres facteurs, notamment des évolutions technologiques. Or, nous ne pouvons sans doute pas nous permettre d'attendre les résultats d'études complémentaires pour cerner les causes du problème. Si nous ne réagissons pas aux préoccupations exprimées par nos citoyens, nous risquons d'assister à un recul préjudiciable de l'ouverture. »

« Les tentatives de ‘réparation’ de la mondialisation ne seront couronnées de succès que si elles s'inscrivent dans une logique de croissance inclusive. »

« Nous devons saisir l'occasion qui s'offre à nous d'agir avec détermination pour préserver l'ouverture et le multilatéralisme. Il est temps de mobiliser les capacités d'analyse, les instruments d'action et l'énergie nécessaires pour faire de la mondialisation un instrument au service de tous. »

 

Pour obtenir de plus amples informations ou solliciter un entretien avec le Secrétaire général, veuillez contacter Carol Guthrie de la Division des médias de l'OCDE.

 

Documents connexes