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Développement

Les donneurs doivent veiller à ce que le financement du développement contribue davantage aux objectifs climatiques

 

27/11/2019 - Les pays donneurs doivent s’attacher à mieux aligner le financement du développement avec les objectifs climatiques, en augmentant la part allouée à l’action climatique et en supprimant les dotations à l’appui d’activités nouvelles dans le domaine des combustibles fossiles, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

Aligning Development Co-operation and Climate Action: The Only Way Forward, révèle que seuls 20 % des ressources versées chaque année au titre du financement du développement par les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE entre 2013 et 2017 étaient ciblés, entre autres, sur le changement climatique. S’agissant des apporteurs multilatéraux tels que les organismes des Nations Unies et les banques internationales de développement, cette proportion s’élève à 40 %. De manière générale, si le financement du développement bénéficiant aux énergies renouvelables et à l’efficience énergétique est en hausse, les ressources allouées aux nouveaux projets reposant sur les combustibles fossiles continuent de porter préjudice aux efforts dans ce domaine.

« Il est encourageant de constater que les donneurs progressent dans l’alignement de financement du développement sur les objectifs climatiques. Toutefois, nous devons poursuivre nos efforts jusqu’à la suppression totale des dotations aux combustibles fossiles et intensifier notre action visant à faire face au changement climatique », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría. « Compte tenu de l’urgence climatique à laquelle nous sommes confrontés, dont certains des impacts les plus lourds toucheront les pays en développement, rien ne peut justifier l’utilisation de l’aide étrangère pour subventionner les combustibles fossiles ».

Le rapport examine à la fois les financements concessionnels (dons et prêts à des conditions généreuses) et non concessionnels accordés par les membres du CAD, les non-membres du CAD et les fournisseurs multilatéraux pour le développement.

Il montre qu’à l’échelle mondiale, les pays ont peu ou prou doublé leurs ressources au titre du financement du développement à l’appui des énergies renouvelables depuis l’Accord de Paris de 2015, pour les porter de 5.6 milliards USD par an en moyenne en 2014-15 à 12.2 milliards USD par an en moyenne en 2016-17.

Toutefois, en 2016 et 2017, un montant moyen de 3.9 milliards USD par an – soit 1.4 % du financement total du développement qui s’élevait à 283 milliards USD – a bénéficié à des activités relatives aux combustibles fossiles. Sur ce montant, 23 % provenaient de l’aide bilatérale émanant des membres du CAD. La quasi-totalité des 77 % restants provenaient d’apporteurs multilatéraux.

On assiste à une prise de conscience croissante des apporteurs bilatéraux et multilatéraux, qui sont de plus en plus nombreux à s’engager à aligner leur aide sur l’Accord de Paris. Plusieurs d’entre eux diminuent le financement de la production d’électricité à partir du charbon et s’engagent en outre à ce qu’une part croissante de leur aide ne bénéficie pas aux combustibles fossiles. Ainsi, le Groupe de la Banque européenne d’investissement (BEI) s’est récemment engagé à aligner toutes ses activités de financement sur les objectifs de l’Accord de Paris d’ici 2020, et à mettre fin au financement des projets à l’appui de l’énergie reposant sur des combustibles fossiles à compter de fin 2021. Une enquête menée auprès des fournisseurs d’aide dans le cadre du rapport a révélé qu’un tiers des sondés ont établi des listes d’exclusion pour les activités à forte intensité de combustibles fossiles.

Les avancées ne sont toutefois pas assez rapides, et de nombreux donneurs ne disposent toujours pas des mandats, des ressources, des incitations et des stratégies pour réorienter pleinement leur aide vers la lutte contre le changement climatique. Outre le financement pour le développement, les crédits à l’exportation, un instrument majeur de l’action publique visant à promouvoir les échanges, nuisent également aux objectifs climatiques. Selon une analyse de pays de l’OCDE qui ont communiqué des données, 58 % des crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public et versés à des fins de production énergétique profitent aux technologies des combustibles fossiles.

Les activités d’aide non cohérentes avec l’Accord de Paris, telles que le financement d’infrastructures ou d’activités économiques à fortes émissions ou non résilientes au climat, pourraient piéger les pays dans des trajectoires de développement qui aggraveront et renforceront leur vulnérabilité au changement climatique, et présenter un risque d’actifs échoués et de surendettement, compliquant ainsi la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Des trajectoires à faibles émissions et résilientes au climat sont la seule voie envisageable pour atteindre les objectifs d’accès à une énergie durable et de réduction de la pauvreté.

L’OCDE mesure le financement du développement en lien avec le climat via son système de notification des pays créanciers.

Lire la brochure (en anglais).

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à prendre contact avec Catherine Bremer à la Division des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00.)

 

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