Développement

L'aide au développement en 2008 à son plus haut niveau

 

APD totale en 2008

30/03/2009 - En 2008, les apports nets totaux d’aide publique au développement (APD) en provenance des membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE se sont accrus de 10.2 % en termes réels pour s’établir à 119.8 milliards USD, chiffre le plus élevé jamais atteint. Ce montant représente 0.30 % du revenu national brut (RNB) cumulé de l’ensemble des membres du CAD (voir tableau 1 et graphique 1).

Les projets et programmes bilatéraux de développement suivent depuis quelques années une tendance ascendante, mais leur augmentation sensible entre 2007 et 2008 – de 12.5 % en valeur réelle – est révélatrice d’une nette montée en puissance des programmes d’aide de base des donneurs du CAD (voir graphique 2).

Les données préliminaires montrent que les apports nets d’APD bilatérale des donneurs du CAD à l’Afrique en 2008 ont totalisé 26 milliards USD, dont 22.5 milliards à destination de l’Afrique subsaharienne. Compte non tenu des dons au titre de l’allégement de la dette dont le montant est volatil, l’aide bilatérale consentie à l’Afrique et à l’Afrique subsaharienne s’est accrue de respectivement 10.6 % et 10 % en valeur réelle. (L’augmentation, y compris les allégements de dette, est de 1.2% et 0.4% respectivement).

Performance des donneurs

En 2008, les principaux donneurs en volume ont été les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et le Japon. Cinq pays ont dépassé l’objectif de 0.7 % du RNB préconisé par les Nations unies pour l’APD : le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, et la Suède.

Les plus fortes hausses en volume sont à mettre à l’actif des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Espagne, de l’Allemagne, du Japon et du Canada. L’Australie, la Belgique, la Grèce, la Nouvelle-Zélande et le Portugal ont également enregistré des augmentations notables.

L’APD nette dispensée par les États-Unis en 2008 s’est élevée à 26 milliards USD, soit une hausse de 16.8 % en termes réels. Le rapport APD/RNB est ainsi passé de 0.16 % en 2007 à 0.18 % en 2008. Le niveau de l’APD nette octroyée par les Etats-Unis à la quasi-totalité des régions a augmenté, en particulier l’Afrique subsaharienne (+38.3 % en termes réels pour atteindre 6.5 milliards USD). Les apports nets d’APD consentis au groupe des pays les moins avancés (PMA) ont aussi fortement progressé (+40.5 % en termes réels, ce qui les a portés à 6.9 milliards USD), de même que l’aide  humanitaire (+42.5 % en termes réels à 4.4 milliards USD), principalement sous l’effet d’un accroissement de l’aide alimentaire.

L’APD nette du Japon s’est chiffrée à 9.4 milliards USD, soit une progression de 8.2 % en termes réels par rapport à 2007. Le rapport de son APD nette au RNB est passé de 0.17 % en 2007 à 0.18 % en 2008. Cette augmentation est due pour l’essentiel à l’accroissement des contributions versées aux institutions financières internationales, laquelle met un terme à la tendance à la baisse qu’accusait l’APD japonaise depuis 2000 (abstraction faite des sommets atteints en 2005 et 2006 sous l’effet d’opérations d’allégement de la dette d’un montant exceptionnellement élevé).

L’APD nette cumulée des 15 membres de l’UE appartenant au CAD a augmenté de 8.6 % en termes réels pour s’établir à 70.2 milliards USD, ce qui représente 59 % de l’APD distribuée par l’ensemble des membres du CAD. En pourcentage du RNB, leur APD nette cumulée est passée à 0.42 %.

Une augmentation de l’APD nette réelle a été constatée dans les 14 pays suivants, membres à la fois du CAD et de l’UE : 

  • Allemagne (+5.7 %), du fait d’une intensification de la coopération bilatérale et d’une hausse des contributions à la CE ;
  • Belgique (+13.4 %), par suite d’un accroissement de l’aide bilatérale et des contributions aux organisations multilatérales ;
  • Danemark (+0.3 %), où elle est restée pratiquement inchangée ;
  • Espagne (+19.4 %), par suite d’un accroissement de l’aide bilatérale, en particulier à l’Afrique, ainsi que d’un gonflement des contributions aux institutions multilatérales ;
  • Finlande (+6.7 %), sous l’effet d’un accroissement général de l’aide ;
  • France (+2.9 %), en raison d’une hausse des contributions à la CE et des prêts bilatéraux ;
  • Grèce (+26.9 %), résultat d’une augmentation de l’aide bilatérale, notamment à l’Afrique, et des contributions multilatérales à la CE et à l’IDA ;
  • Irlande (+6.4 %), dans le cadre d’un effort global d’accroissement de l’aide en vue d’atteindre l’objectif des Nations unies qui consiste à porter à 0.7 % du RNB la part de l’aide d’ici 2012 ;
  • Italie (+2.2 %), du fait d’un gonflement des remises de dettes ;
  • Luxembourg (+1.8 %), ce qui s’explique par un accroissement de l’aide bilatérale ;
  • Pays-Bas (+4.8 %), en raison d’une intensification de l’aide bilatérale ;
  • Portugal (+ 21.1 %), sous l’effet d’une augmentation de l’aide bilatérale, en particulier à l’Afrique ;
  • Royaume-Uni (+24.1 %), sous l’effet d’un accroissement général de l’aide ;
  • Suède (+3.9 %), les budgets tablaient sur un niveau d’APD de 1% du RNB, pourcentage qui n’a pas été atteint cette année car des opérations d’allégement de dette prévues ne se sont pas concrétisées.

L’APD nette a fléchi en Autriche (-14.0 %), du fait de la diminution des dons consentis au titre de l’allégement de la dette en 2008 par rapport à 2007.

Les apports nets d’APD de la Commission européenne se sont accrus de 6.8 % en termes réels, essentiellement sous l’effet d’une intensification des activités de coopération technique et de l’aide humanitaire, pour s’établir à 13.4 milliards USD.

S’agissant des autres pays du CAD, l’évolution suivante de l’APD nette a été observée entre 2007 et 2008 :

  • Australie (+13.8%), sous l’effet d’une augmentation globale de l’aide ;
  • Canada (+12.2%), par suite d’un accroissement général de l’aide et d’une augmentation des contributions à la Banque mondiale ;
  • Norvège (-2.4%) ;
  • Nouvelle-Zélande (+11.0%), en raison de l’accroissement de l’APD bilatérale ;
  • Suisse (+6.5%), du fait de l’accroissement de l’aide bilatérale.

En termes bruts (c'est-à-dire hors déduction des remboursements de prêts), l’APD a atteint 133.9 milliards USD en 2008, soit une augmentation de 9.1 % en termes réels. Les plus importants donneurs d’APD brute sont les Etats-Unis (26.9 milliards USD), le Japon (17.4 milliards USD), l’Allemagne (15.9 milliards USD), la France (12.4 milliards USD) et le Royaume-Uni (11.8 milliards USD) (voir tableau 3).

Parmi les donneurs non membres du CAD, les pays suivants ont fait état d’une variation de leur APD nette en 2008, à savoir :

  • Corée (+31.5%), qui prévoit de devenir membre du CAD en 2010 et a accru son APD, principalement sous la forme d’une hausse des contributions aux banques et fonds régionaux de développement ;
  • Hongrie (-7.4%) ;
  • Pologne (-9.0%), du fait d’une diminution des opérations d’allégement de dettes ;
  • République slovaque (+14.4%) ;
  • République tchèque (-0.4%).

Les engagements souscrits en matière d’aide sont-ils à la portée des donneurs ?

En 2005, les donneurs s’étaient engagés à intensifier leur aide, d’abord au sommet du G8 de Gleneagles, puis lors du sommet du Millénaire + 5 des Nations unies. En vertu des engagements annoncés lors de ces sommets, et d’autres engagements souscrits par ailleurs, il s’agissait de porter l’aide de 80 milliards USD en 2004 à 130 milliards USD en 2010, aux prix constants de 2004. Si quelques pays ont revu leurs objectifs à la baisse depuis 2005, l’essentiel de ces engagements restent valables.

Cependant, le tassement de la croissance en 2008 et la perspective d’une contraction de l’économie en 2009 amputent la valeur monétaire des engagements exprimés en pourcentage du revenu national. Globalement, les engagements en l’état supposent un niveau d’APD de 121 milliards USD en 2010, exprimé en dollars de 2004, soit une augmentation de 20 milliards USD par rapport au niveau de 2008 (voir graphique 3). Le tableau 4 donne le montant de ces engagements en dollars de 2008.

De nouvelles augmentations de l’aide ne sont pas exclues. Une nouvelle enquête relative aux plans indicatifs de dépenses prévisionnelles des donneurs laissent augurer d’une hausse de 11 % de l’aide programmée entre 2008 et 2010, passant notamment par un accroissement des versements de certains organismes multilatéraux. Les allégements de dette pourraient également augmenter légèrement dans le cadre du traitement par le Club de Paris de la dette des pays pauvres très endettés qui n’en ont pas encore bénéficié. D’après les  perspectives actuelles, il faudra toutefois que les donneurs mobilisent encore entre 10 et 15 milliards USD supplémentaires par rapport à ces plans de dépenses prévisionnelles s’ils veulent honorer leurs engagements actuels à l’horizon 2010.

Il ressort des données de 2008 relatives à l’APD, tout comme des plans indicatifs de dépenses, qu’au prix d’un effort supplémentaire, la plupart des donneurs sont susceptibles d’atteindre les objectifs fixés pour 2010. Les pays qui ont déjà atteint l’objectif fixé par les Nations unies de consacrer à l’APD 0.7 % de leur RNB sont invités à maintenir le cap. La plupart des autres membres du CAD devraient tenir, ou peu s’en faudra, les objectifs prévus à l’horizon 2010. Certains pays, toutefois, resteront probablement loin du compte.

Ainsi, l’APD consentie en 2008 par l’Autriche, l’Italie et la Grèce, hors allégements de dettes, est largement inférieure à la moitié de l’objectif fixé pour 2010 en termes de ratio APD/RNB. Seul un effort spécial en rapport avec la crise peut garantir que les objectifs énoncés pour 2010 en matière d’aide seront atteints, d’autant plus aujourd’hui où la crise économique pèse sur les perspectives de croissance des pays en développement et leur capacité de progresser vers la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

Une aide nécessaire pour contrer les effets de la crise sur le développement

La crise financière mondiale actuelle a de graves répercussions sur les pays à faible revenu. Les échanges mondiaux ont connu leur plus forte contraction depuis 1929 et les prix des produits de base, notamment ceux qu’exportent les pays à faible revenu, sont en baisse. L’investissement direct étranger et les autres apports privés fléchissent, et les envois de fonds des travailleurs à l’étranger devraient chuter substantiellement en 2009. La hausse des prix alimentaires et pétroliers au cours des deux dernières années a malmené les budgets de nombreux pays en développement qui, de fait, ne se trouvent pas en bonne posture pour remédier aux effets de la crise financière.

Alors qu’on sait encore mal quels seront les réels effets de la crise financière et combien de temps elle durera, il importe que l’aide puisse jouer un rôle anticyclique afin de compenser au moins en partie le vif retournement des apports globaux destinés aux pays en développement.

L’APD a déjà été utilisée avec succès à des fins conjoncturelles à l’occasion d’autres crises financières. Au lendemain de la crise de la dette mexicaine en 1982, les prêts commerciaux ont été considérablement réduits pendant une dizaine d’années, période au cours de laquelle l’APD a légèrement augmenté, ce qui a contribué pour beaucoup à maintenir les flux en direction de l’Amérique latine. Toutefois, la récession économique mondiale du début des années 90 a entraîné d’importants déficits budgétaires dans les pays donneurs qui ont conduit à des coupes claires dans l’APD, ramenée de 0.33 % du revenu national brut en 1992 à 0.22 % en 1997.

Une contraction de l’aide à l’heure actuelle constituerait une menace supplémentaire pour des pays en développement déjà pénalisés par la raréfaction de leurs sources de revenu et l’aggravation de la pauvreté, et risquerait de réduire à néant certains des progrès déjà accomplis sur la voie de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

Fin 2008, le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, et le Président du CAD, M. Eckhard Deutscher, ont rendu publique une Déclaration sur la politique d’aide  invitant les membres du CAD à réaffirmer leurs engagements en matière d’aide, ce qu’ils ont fait en novembre à l’OCDE. Plus récemment, la Banque mondiale et le FMI ont lancé de nouveaux appels en faveur d’un accroissement du financement de l’aide.

L’aide doit se voir accorder une haute priorité au plan politique et faire l’objet d’une action coordonnée à l’échelle mondiale comme au niveau des pays si l’on veut qu’elle puisse agir comme une force anticyclique. Les participants à la réunion du CAD à haut niveau se rencontreront fin mai pour analyser les effets de la crise financière sur le développement en 2009 et au-delà, et déterminer comment mettre en place ou appuyer des initiatives en vue de soutenir les pays en développement tout au long de la crise.

Pour obtenir plus d’informations, les journalistes sont invités à contacter Yasmin Ahmad (tél. : +33 1 4524 8903, e-mail DAC.Contact@oecd.org) et à consulter www.oecd.org/cad.

 

Pour plus d'informations voir tous les graphiques et tableaux.

 

 

 

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