Développement

8ème Forum international sur les perspectives africaines

 

Propos liminaires de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, lors du 8ème Forum international sur les perspectives africaines organisé par l’OCDE et la Banque africaine de développement.

 

Paris, le 27 juin 2008


I. INTRODUCTION


Mesdames et Messieurs les Ministres, Monsieur le Président Kaberuka, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir pour moi de vous accueillir au Huitième Forum international sur les perspectives africaines. Je suis particulièrement heureux d’accueillir M. Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement, et coorganisateur de cette manifestation.

 

J’interviens pour la troisième fois à l’occasion de ce Forum depuis ma prise de fonction en tant que Secrétaire général de l’OCDE. Cette manifestation est devenue incontournable – et j’y vois le signe de l’intérêt grandissant que suscite l’état de santé des économies africaines !

 

Une des priorités de l’OCDE est d’étendre sa coopération avec les pays non membres, et nos activités avec L’Afrique en offre une parfaite illustration. De fait, nos travaux sur l’Afrique se développent et couvrent des domaines aussi divers que l’investissement et les marchés de capitaux, la fiscalité, la gouvernance, l’éducation, l’environnement, les échanges ou l’agriculture. Nous avons à la fois renforcé nos capacités internes et cherché à resserrer notre collaboration avec la Banque africaine de développement, le NEPAD, l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU, plusieurs cercles de réflexion nationaux et d’autres institutions, afin de confronter nos expériences et de promouvoir la gouvernance de même que des politiques économiques efficaces.

 

C’est dans cette optique de resserrement des liens que nous voici réunis aujourd’hui.


II. PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES, INVESTISSEMENT


Au début de ce mois, la Réunion ministérielle de l’OCDE, sous la présidence de la ministre française de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi, Mme Christine Lagarde, a permis d’aborder les principaux défis auxquels le monde est actuellement confronté. Les Ministres ont chargé l’OCDE de continuer d’accorder une priorité absolue aux aspects économiques du changement climatique, et de s’attaquer aux pressions exercées sur des ressources rares, aux inégalités et à la pauvreté dans le monde. Ce sont là les thématiques auxquelles les Ministres nous ont demandé de donner suite dans nos travaux. Dans ce contexte, les progrès de l’Afrique sur la voie de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon 2015, plus lents que prévu, nous préoccupent tout particulièrement.

 

Et pourtant, à y regarder de plus près, le tableau est plus nuancé.

 

À bien des égards, les opportunités sont aujourd’hui nombreuses, en Afrique et pour l’Afrique. Selon les estimations, les économies africaines ont connu une croissance moyenne de 5.7 % en 2007. Pour une grande partie du continent, les perspectives demeurent favorables, avec des estimations de croissance globale atteignant 5.9 % pour 2008 et 2009, même si certains pays continuent de rencontrer des difficultés sur les plans humanitaire, politique et économique, exacerbées par la crise alimentaire actuelle.

 

Mais le climat général des affaires s’est considérablement amélioré. L’envolée des prix des matières premières, intervenue en même temps que de vastes opérations d’allègement de la dette, a nourri une forte croissance économique. Le revenu croissant des classes moyennes montantes a stimulé la consommation. Cela signifie que la croissance provient des pays eux-mêmes. Le fort potentiel d’épargne intérieure et les réserves patrimoniales des diasporas à l’étranger ne demandent qu’à être exploitées. Enfin, d’importants investisseurs nouveaux, issus d’économies émergentes – Chine, Inde, Malaisie et Corée du Sud – commencent à travailler avec l’Afrique.

 

On ne saurait sous-estimer l’importance d’investissements fructueux et profitables dans la région. Mais les niveaux actuels de l’investissement ne doivent être qu’un début. La mobilisation de l’investissement privé, tant national qu’étranger, sera essentielle pour soutenir les taux de croissance dont l’Afrique a besoin afin de créer des emplois dans les secteurs aussi bien urbain que rural, de progresser vers les Objectifs du millénaire pour le développement, et de construire une société sans exclus, qui est une condition sine qua non de la stabilité politique.

 

L’Afrique du Sud, principale économie du continent, dispose d’un potentiel énorme en tant que ‘plaque tournante’ financière et de développement pour la région. Nous espérons travailler activement avec l’Afrique du Sud –l’un de nos partenaires pour un engagement renforcé – afin d’approfondir notre collaboration.

 

La réduction des inégalités est un autre défi auquel nous devons nous attaquer pour atteindre une croissance soutenue à l’échelon régional et national. Dans cette optique, il importe de noter que l’impact de l’investissement et de la croissance sur la réduction de la pauvreté varie considérablement. Au Mozambique, par exemple, pays qui a connu une forte croissance ces dernières années, la pauvreté est restée obstinément élevée, car l’investissement est tiré par un petit nombre d’énormes projets d’extraction minière.

 

A l’évidence, l’investissement n’est qu’un élément du succès ; les infrastructures ont un rôle très important à jouer en permettant aux pauvres d’accéder aux processus de croissance. En bref, il s’agit d’élargir l’accès aux marchés des facteurs et des produits dont les pauvres ont besoin pour assurer leur subsistance. L’an dernier, à l’occasion de ce Forum, nous avions parlé de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Un an auparavant, le Forum traitait des infrastructures de transport. Cette année, nous nous focalisons sur « l’infrastructure humaine », à savoir les compétences et les moyens d’accéder au marché de l’emploi et de saisir ou créer des opportunités économiques.


III. MISE EN VALEUR DES COMPÉTENCES

 

Dans l’édition 2008 des Perspectives économiques en Afrique , il est estimé que l’illettrisme concerne quelque 133 millions de jeunes, soit la moitié de la jeunesse africaine Nombre d’entre eux n’ont aucune compétence ou presque. En Afrique sub-saharienne, pas moins de 20 % des jeunes sont au chômage et une majorité d’entre eux souffrent du sous-emploi alors même que la plupart des économies sont confrontées à une pénurie main-d'œuvre qualifiée. L’an dernier, par exemple, l’Afrique du Sud avait besoin de 300 000 artisans, alors que 7 000 diplômés seulement sortaient des écoles de formation.

 

Les économies africaines ont besoin de rehausser le niveau de leurs compétences techniques pour accroître leur compétitivité, mais aussi pour renforcer la cohésion sociale, créer davantage d’emplois et faire reculer la pauvreté. C’est là un défi majeur. Selon les Perspectives économiques en Afrique 2008, qui passe 35 pays en revue, les systèmes de formation technique et professionnelle sur le continent sont trop souvent sous-financés et médiocrement gérés : ils manquent de personnel qualifié, leurs équipements sont obsolètes, leurs programmes mal adaptés et peu en phase avec les besoins du marché du travail.

 

Comment pouvons-nous, à l’OCDE, aider les gouvernements à répondre à ces défis ? Notre propos n’est pas de leur dire ce qu’ils ont à faire ; nous leur montrons plutôt ce qui fonctionne ou a fonctionné dans d’autres contextes. Notre rapport conjoint avec la Banque africaine du développement foisonne d’exemples de pays africains dans lesquels la réforme des systèmes de formation progresse. Les systèmes les plus performants présentent des caractéristiques communes.

  • leurs stratégies d’apprentissage sont pleinement intégrées aux plans de réduction de la pauvreté et se concentrent sur des secteurs présentant des perspectives d’emploi prometteuses. C’est le cas par exemple du système de formation sud-africain ;
  • des partenariats ont été instaurés avec des entreprises, des organisations syndicales et des ONG. Des incitations fiscales encouragent les entreprises à promouvoir la formation en cours d’emploi. C’est le cas par exemple au Maroc ;
  • la réforme des systèmes de formation technique et professionnelle intègre et valorise les apprentissages traditionnels du secteur informel, comme l’ont fait le Mali et le Sénégal avec des maîtres artisans.

 

La Banque africaine du développement elle-même gère un grand nombre de programmes innovants visant l’emploi, qui viennent renforcer et compléter les programmes de formation mis en place par les autorités nationales.

 

IV. CONCLUSION

 

Voici les questions qui nous intéressent aujourd’hui : comment investir au mieux dans les entreprises africaines ? Comment investir au mieux dans la jeunesse africaine ?


Pour traiter de ces questions, nous sommes très heureux que des représentants des gouvernements au plus haut niveau aient accepté de partager leur propre vision des perspectives de l’Afrique dans ce cadre informel : les ministres des Finances d’Égypte, du Maroc et du Nigeria nous font l’honneur de nous accompagner ce matin et les ministres de l’Éducation du Sénégal et de l’Afrique du Sud, ainsi que le ministre du Travail du Mali, seront parmi les conférenciers invités à s’exprimer devant nous cet après-midi.


Par ailleurs, maintenant que l’investissement et l’activité commerciale progressent dans la région, les entreprises qui travaillent avec l’Afrique doivent jouer un rôle de premier plan dans ce dialogue international. C’est pourquoi je suis heureux de constater que plusieurs éminents représentants des principaux investisseurs privés en Afrique, – et plus important encore d’investisseurs africains - ont accepté notre invitation.


Je souhaite que les échanges soient particulièrement fructueux.


Monsieur le Président Kaberuka, j’ai maintenant le grand plaisir de vous laisser la parole. Et encore une fois, nous vous souhaitons la bienvenue à Paris.

 

 

 

Also Available

Countries list

  • Afghanistan
  • Afrique du Sud
  • Albanie
  • Algérie
  • Allemagne
  • Andorre
  • Angola
  • Anguilla
  • Antigua-et-Barbuda
  • Antilles Néerlandaises
  • Arabie Saoudite
  • Argentine
  • Arménie
  • Aruba
  • Australie
  • Autorité Nationale Palestinienne
  • Autriche
  • Azerbaïdjan
  • Bahamas
  • Bahreïn
  • Bangladesh
  • Barbade
  • Belgique
  • Belize
  • Bermudes
  • Bhoutan
  • Bolivie
  • Bosnie-Herzégovine
  • Botswana
  • Brunéi Darussalam
  • Brésil
  • Bulgarie
  • Burkina Faso
  • Burundi
  • Bélarus
  • Bénin
  • Cambodge
  • Cameroun
  • Canada
  • Cap-Vert
  • Caïmanes, Îles
  • Centrafricaine, République
  • Chili
  • Chine (République populaire de)
  • Chypre
  • Colombie
  • Comores
  • Congo, La République Démocratique du
  • Corée
  • Corée, République Populaire Démocratique de
  • Costa Rica
  • Croatie
  • Cuba
  • Côte D'ivoire
  • Danemark
  • Djibouti
  • Dominicaine, République
  • Dominique
  • Egypte
  • El Salvador
  • Emirats Arabes Unis
  • Equateur
  • Erythrée
  • Espagne
  • Estonie
  • Etats Fédérés de Micronésie
  • Etats-Unis
  • Ethiopie
  • ex-République yougouslave de Macédoine (ERYM)
  • Fidji
  • Finlande
  • France
  • Gabon
  • Gambie
  • Ghana
  • Gibraltar
  • Grenade
  • Groenland
  • Grèce
  • Guatemala
  • Guernesey
  • Guinée Équatoriale
  • Guinée-Bissau
  • Guinéee
  • Guyana
  • Guyane Française
  • Géorgie
  • Haïti
  • Honduras
  • Hong Kong, Chine
  • Hongrie
  • Ile de Man
  • Ile Maurice
  • Iles Cook
  • Iles Féroé
  • Iles Marshall
  • Iles Vierges Britanniques
  • Iles Vierges des États-Unis
  • Inde
  • Indonésie
  • Iraq
  • Irlande
  • Islande
  • Israël
  • Italie
  • Jamaïque
  • Japon
  • Jersey
  • Jordanie
  • Kazakstan
  • Kenya
  • Kirghizistan
  • Kiribati
  • Koweït
  • l'Union européenne
  • Lao, République Démocratique Populaire
  • le Taipei chinois
  • Lesotho
  • Lettonie
  • Liban
  • Libye
  • Libéria
  • Liechtenstein
  • Lituanie
  • Luxembourg
  • Macao
  • Madagascar
  • Malaisie
  • Malawi
  • Maldives
  • Mali
  • Malte
  • Maroc
  • Mauritanie
  • Mayotte
  • Mexique
  • Moldova
  • Monaco
  • Mongolie
  • Montserrat
  • Monténégro
  • Mozambique
  • Myanmar
  • Namibie
  • Nauru
  • Nicaragua
  • Niger
  • Nigéria
  • Nioué
  • Norvège
  • Nouvelle-Zélande
  • Népal
  • Oman
  • Ouganda
  • Ouzbékistan
  • Pakistan
  • Palaos
  • Panama
  • Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Paraguay
  • Pays-Bas
  • Philippines
  • Pologne
  • Porto Rico
  • Portugal
  • Pérou
  • Qatar
  • Roumanie
  • Royaume-Uni
  • Russie, Fédération de
  • Rwanda
  • République du Congo
  • République Islamique d' Iran
  • République Tchèque
  • Sahara Occidental
  • Saint-Kitts-et-Nevis
  • Saint-Marin
  • Saint-Vincent-et-les Grenadines
  • Sainte-Hélène
  • Sainte-Lucie
  • Salomon, Îles
  • Samoa
  • Sao Tomé-et-Principe
  • Serbie
  • Serbie et Monténégro (avant juin 2006)
  • Seychelles
  • Sierra Leone
  • Singapour
  • Slovaquie
  • Slovénie
  • Somalie
  • Soudan
  • Soudan du Sud
  • Sri Lanka
  • Suisse
  • Suriname
  • Suède
  • Swaziland
  • Syrienne, République Arabe
  • Sénégal
  • Tadjikistan
  • Tanzanie
  • Tchad
  • Thaïlande
  • Timor-Leste (Timor Oriental)
  • Togo
  • Tokelau
  • Tonga
  • Trinité-et-Tobago
  • Tunisie
  • Turkménistan
  • Turks et Caïques, Îles
  • Turquie
  • Tuvalu
  • Ukraine
  • Uruguay
  • Vanuatu
  • Venezuela
  • Viêt Nam
  • Wallis et Futuna
  • Yémen
  • Zambie
  • Zimbabwe