Centre de développement

Une réunion ministérielle pour repenser le développement et élaborer de nouveaux outils pour la coopération nationale et internationale

 

03/10/2017 - Face à la complexité croissante des défis liés au développement, de nouveaux instruments sont nécessaires pour l’action publique.

 

Les décideurs des pays en développement font face à des choix de plus en plus complexes pour pouvoir mener de front leurs programmes d’action dans les domaines économique, social et environnemental. Bien que l’augmentation des niveaux de revenu ait contribué à améliorer les résultats sur le plan du développement, elle s’accompagne également de nouveaux défis et de nouvelles demandes de la part des classes moyennes émergentes. Ces questions ont été abordées par la quatrième Réunion à haut niveau du Comité directeur du Centre de développement de l’OCDE qui s’est tenue aujourd’hui à Paris dans le cadre du 55e anniversaire du Centre et de sa Semaine du développement, sous le thème « Appréhender le développement dans toute sa complexité ». Cette manifestation, inaugurée par le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría et co-présidée par l’Argentine et le Cabo Verde, a réuni des représentants des 52 pays membres, des organisations internationales et de la société civile.

 

Les discussions ont été consacrées aux opportunités et aux défis rencontrés par les pays en transition vers un niveau de revenu plus élevé, aux conséquences des migrations internationales pour les pays en développement et aux déterminants de l’inégalité de genre. Les participants ont également reconnu le rôle majeur du secteur de l’extraction dans le développement et salué les réalisations du Dialogue de l’OCDE sur les politiques de développement axé sur les ressources naturelles. Les activités menées par le Centre de développement à l’appui des Objectifs de développement durable (ODD) dépendent dans une mesure cruciale des progrès qui seront accomplis dans ces différents domaines d’action.

 

« De nouveaux partenariats, un dialogue plus soutenu et des nouveaux outils seront nécessaires pour assurer la pérennité de la transition. Notre priorité, désormais, est de  passer du développement « en transition » au développement « en action », de manière à ouvrir de meilleures perspectives d’avenir à tous les pays et tous les individus », a déclaré Mario Pezzini, Directeur du Centre de développement de l’OCDE et Conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’OCDE chargé du développement.

Les participants au débat sur le thème Développement et transition ont salué les avancées notables des pays en développement sur la voie de la consolidation de la croissance et de l’éradication de la pauvreté, tout en reconnaissant les défis, certains persistants et d’autres nouveaux, auxquels ils se heurtent lorsqu’ils changent de catégorie de revenu. Ils ont reconnu la nécessité, pour soutenir efficacement les progrès des pays en développement, d’adapter la coopération internationale à leur réalité actuelle. Ainsi, ils ont appelé à l’adoption d’un large éventail d’indicateurs de développement et de bien-être ne se limitant pas aux indicateurs fondés sur le revenu, afin de mieux évaluer les progrès et les besoins des pays à différents stades de leur développement. Les pays membres ont demandé au Comité directeur du Centre de développement d’exercer le rôle de plate-forme ouverte pour faire la lumière sur les conséquences des transitions et de concevoir une nouvelle « boîte à outils » pour maîtriser ces conséquences - recouvrant aussi bien des mesures de politique intérieure que de coopération internationale,  y compris la coopération Sud-Sud et triangulaire. Le Centre travaillera de concert avec les pays membres, le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, le Centre financier pour la cooperation Sud-Sud et d’autres parties prenantes concernées pour faire avancer cet agenda.

 

La Réunion à haut niveau a salué les travaux du Centre sur les migrations dans les pays en développement et les résultats de son premier Dialogue politique sur Migrations et développement. Elle a souligné l’importance de mieux gérer les interactions complexes entre les politiques migratoires et les autres politiques publiques, en mettant plus spécifiquement l’accent sur les pays émergents et en développement. Elle a également attiré l’attention sur la nécessité d’améliorer la cohérence des politiques publiques pour permettre aux migrations internationales de contribuer positivement au développement, en utilisant des outils tels que la Grille d’indicateurs pour la mesure de la cohérence institutionnelle et des politiques dans le contexte des migrations et du développement, mise au point conjointement par le Centre de développement, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Groupe de la Banque mondiale (GBM) sous les auspices du Partenariat mondial pour les connaissances sur les migrations et le développement (KNOMAD).

Lors des débats sur l’égalité des genres et l’autonomisation économique des femmes, les participants ont réaffirmé qu’il est était crucial de lutter contre les normes sociales et les institutions discriminatoires, afin de pouvoir élaborer des politiques pragmatiques à même de contribuer à la réalisation des ODD. Ils ont souligné l’importance de l’Indice sur les Institutions sociales et l’Égalité femmes-hommes (SIGI) du Centre, qui fait partie des sources officielles de données utilisées pour suivre les progrès accomplis au regard de l’ODD 5. Cet outil complète les actions menées par le Centre à travers le Dialogue politique sur l’autonomisation économique des femmes et son appui à l’initiative eskills4girls du G20.

Les pays ont adopté une Déclaration d’orientation sur les ressources naturelles à l’appui du développement et salué la contribution du Centre de développement de l’OCDE à l’initiative CONNEX du G7.

 

Les participants à la Réunion à haut niveau sont convenus de :

  • Contribuer à une compréhension plus approfondie et fournir des instruments de mesure du développement, notamment à travers le lancement d'une nouvelle plate-forme hébergée par le Comité Directeur du Centre de développement de l’OCDE sur le thème « Développement et transition », qui aura pour but de faciliter l’échange de connaissances et de bonnes pratiques, et de formuler des propositions concrètes.
  • Étendre et encourager l’utilisation de la Grille d’indicateurs pour la mesure de la cohérence institutionnelle et des politiques dans le contexte des migrations, afin que les pays membres et partenaires et les organisations régionales puissent mieux soutenir la contribution positive des migrations internationales au développement dans les pays en développement d’origine, de transit et de destination.
  • Faire avancer la mise en œuvre nationale et internationale de l’ODD 5 relatif à l’égalité des genres, tout en améliorant la collecte des données et en renforçant l’impact des travaux menés par le Centre à l’aide du SIGI, qui n’est pas seulement une source de données rigoureuses adaptée au suivi des normes sociales et des institutions discriminatoires, mais aussi un instrument d’aide à l’élaboration de politiques étayées par les faits dans les pays en développement.
  • Établir des principes pour la rédaction des contrats du secteur de l’extraction, en partenariat avec CONNEX, et étudier les moyens de développer les synergies entre la gestion durable des ressources naturelles renouvelables d’une part et des ressources non renouvelables d’autre part, dans la perspective du développement à long terme des pays.

 

Enfin, la Réunion à haut niveau a réaffirmé la position unique qu’occupe le Centre de développement de l’OCDE au sein de l’architecture internationale en tant que plate-forme d’analyse et de dialogue sur les politiques publiques réunissant sur un pied d’égalité des pays situés à différents stades de développement, capable de formuler des solutions sur mesure face à des défis complexes, et ainsi stimuler la croissance et améliorer les conditions de vie.

 

>> Accès à la version intégrale du Communiqué de la Réunion à haut niveau et à la Déclaration d’orientation sur les ressources naturelles à l’appui du développement.

 

Les journalistes qui souhaitent de plus amples renseignements sont invités à contacter Federico Bonaglia (+33 145 24 96 03) au Centre de développement de l’OCDE.

 

Pour en savoir plus sur le Centre de développement de l’OCDE, visiter  www.oecd.org/dev.

 

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