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Centre de développement

Des préjugés profondément enracinés entravent toujours l'égalité des sexes dans le monde, mais une action gouvernementale plus résolue peut faire la différence, selon un nouveau rapport

 

Malgré l'augmentation des réformes juridiques favorisant une plus grande égalité des sexes, des normes profondément ancrées en matière de genre continuent de discriminer les femmes et les filles dans le monde entier, selon le rapport mondial 2019 sur les Institutions sociales et l'égalité des sexes (SIGI). Lancé aujourd’hui dans le cadre de la célébration par l’OCDE de la Journée internationale de la femme, le rapport fournit des recommandations de politique générale pour aider les gouvernements à honorer leurs engagements en faveur de l’égalité des sexes.

Depuis sa première édition en 2009, le SIGI du Centre de développement de l’OCDE a mesuré les lacunes engendrées par les lois, normes et pratiques sociales discriminatoires créent entre les femmes et les hommes en termes de droits et d’opportunités.

Le rapport 2019 - qui comprend 180 notes-pays et classe 120 pays - indique des progrès encourageants : depuis l'édition précédente de 2014, 15 pays ont adopté une législation visant à ériger en infraction la violence domestique ; 15 ont éliminé les exceptions légales permettant aux filles mineures (moins de 18 ans) de se marier ; 8 ont mis en place des mesures juridiques pour promouvoir une représentation équilibrée des sexes dans les fonctions publiques élues ; et le congé de maternité payé est maintenant garanti dans tous les pays sauf deux.

De même, les politiques visant à corriger les déséquilibres entre les sexes commencent à faire reculer certaines normes discriminatoires sur le plan social. Par exemple, l'acceptation sociale de la violence domestique devient de moins en moins courante : alors que 50 % de la population féminine mondiale déclarait en 2012 qu'elle pensait que c'était acceptable dans certaines circonstances, la proportion de celles qui exprimaient ce point de vue était tombée à 35 % en 2014 et à 27 % en 2018. Au Soudan, la proportion de femmes ayant déclaré être en faveur de la mutilation génitale féminine (MGF) est passée de 27 % en 2014 à 18 % en 2018.

Cependant, les progrès restent lents en raison de facteurs interdépendants tels que les discriminations juridiques, la faible application des lois, les lois coutumières discriminatoires et les normes sociales. Dans de nombreux pays, les engagements politiques, les réformes juridiques et les programmes sensibles au genre ne se traduisent toujours pas par de réels changements pour les femmes et les filles. Au niveau mondial, la prévalence du mariage des fillettes a stagné à 16 %, la proportion de femmes victimes de violence conjugale au moins une fois dans leur vie est restée inchangée depuis 2012 et moins de 24 % des sièges parlementaires sont occupés par des femmes, soit seulement deux points de mieux qu’en 2014.

SIGI 2019 recommande aux gouvernements de prendre trois types d’actions pour faire accélérer les progrès :

 

Traduire les conventions internationales dans les cadres juridiques nationaux. Cela abolirait les lois discriminatoires, notamment en ce qui concerne les droits des femmes sur le lieu de travail et leur autonomie en matière de procréation, et corrigerait les failles juridiques qui permettent aux pratiques négatives telles que le mariage précoce de se perpétuer. Là où le droit statutaire coexiste avec les lois et pratiques coutumières, traditionnelles et religieuses, les décideurs devraient chercher à aligner tous les cadres aux niveaux national et infranational.

Appliquer les lois de manière plus résolue et augmenter le nombre de poursuites et de condamnations, tout en invitant les dirigeants communautaires et les citoyens à participer publiquement à la reconnaissance du caractère discriminatoire des normes et pratiques préjudiciables. Les gouvernements doivent également impliquer les enseignants, les professionnels de santé, la justice, les officiers de police, les médias, les acteurs de la coopération pour le développement, les fondations, le secteur privé, etc. Les médias sociaux et les autres campagnes lancées par les citoyens sont des occasions d'amplifier le dialogue communautaire et de promouvoir le changement.

Rendre compte publiquement et régulièrement des progrès réalisés en matière d'égalité des sexes, même lorsque les objectifs ne sont pas atteints. Les gouvernements devraient définir des indicateurs clairs et évaluer de manière rigoureuse l'impact de leurs initiatives. Dans ce contexte, les fonctionnaires peuvent utiliser les données du SIGI sur la discrimination juridique, que les Nations Unies ont officiellement reconnues comme indicateur de suivi de l'ODD 5.1.1 intitulé « Présence ou absence d'un cadre juridique visant à promouvoir, faire respecter et suivre l'application des principes d'égalité des sexes et de non-discrimination fondée sur le sexe ».

 

Pour plus d'informations sur le SIGI et pour accéder à ses 180 notes-pays, visitez le site :www.genderindex.org

 

Accédez à Wikigender, plateforme collaborative en ligne, désormais disponible en espagnol, anglais et français :www.wikigender.org

 

Les questions des médias doivent être adressées au service de presse du Centre de développement de l’OCDE (email : Bochra.Kriout@oecd.org; tél. : +33 145 24 82 96).

 

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