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De hauts responsables réunis à l’OCDE appellent à exploiter toutes les possibilités d’encourager la transformation économique de l’Afrique que recèlent les villes

 

Forum Afrique benner

Paris, 29 septembre 2016


De hauts responsables réunis à l’OCDE appellent à  exploiter toutes les possibilités d’encourager la transformation économique de l’Afrique que recèlent les villes


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À l’heure où le monde se prépare à adopter un nouvel agenda urbain pour les vingt prochaines années lors de la Conférence des Nations unies Habitat III qui aura lieu à Quito le mois prochain, l’explosion démographique conjuguée à l’urbanisation galopante en Afrique mobilise l’attention des dirigeants du continent et de leurs partenaires.

Le nombre de personnes vivant dans des villes en Afrique – qui a pratiquement doublé en l’espace de 20 ans, passant de 237 millions en 1995 à 472 millions en 2015 – devrait être à nouveau multiplié par deux au cours des deux prochaines décennies. D’ici au milieu des années  2030, plus de la moitié des Africains seront des citadins.

Cette urbanisation à grande vitesse recèle un gigantesque potentiel d’accélération de la transformation économique de l’Afrique : l’expansion des villes est synonyme de nouveaux marchés pour les producteurs de denrées alimentaires, elle contribue à créer des conditions favorables au développement de l’industrie et stimule l’innovation sociale. En outre, les deux tiers des investissements nécessaires au renforcement des  infrastructures urbaines de l’Afrique d’ici à 2050 doivent  encore être réalisés : des perspectives économiques immenses s’ouvrent aux investisseurs nationaux et étrangers et promettent la création de millions d’emplois.

Enfin, on peut espérer que les villes africaines sauront gérer leur propre développement en évitant les faux pas du passé - notamment l’étalement urbain faisant la part belle à l’automobile – et promouvoir des modèles plus écologiques de fourniture des services. Tous les partenaires et acteurs du développement africain, y compris les entreprises multinationales travaillant en Afrique devraient collectivement intégrer ces préoccupations dans leur programmes notamment en donnant la priorité à l’utilisation des technologies vertes avec l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable (objectif 7 des Objectifs de Développement Durables).Pourtant, souvent associée à la lenteur de la transformation économique, à un défaut de planification et à des investissements inadéquats, l’urbanisation rapide s’accompagne généralement en Afrique de multiples inconvénients – pollution, bidonvilles, manque d’emplois productifs, accès inégal aux biens publics – qui l’emportent sur les avantages pouvant en découler. Des réformes ambitieuses et audacieuses doivent donc être engagées pour permettre de percevoir les dividendes de l’urbanisation. Il conviendrait d’opter pour des stratégies nationales d’urbanisation favorisant l’interconnexion entre zones rurales et zones urbaines, privilégiant le développement de villes moyennes et encourageant la participation des citoyens aux décisions en matière d’urbanisme.

Faire des petites et grandes villes africaines des moteurs de la croissance et du développement durable est un défi qui ne saurait être relevé à peu de frais. Ne serait-ce qu’en Afrique subsaharienne, le financement des infrastructures et services urbains de base est actuellement estimé entre 29 et 60 milliards USD par an, et au moins deux fois plus à l’horizon 2035. Les municipalités des villes africaines ne disposent pas de ressources suffisantes pour faire face à une croissance urbaine rapide. Pour combler ce besoin de financement, il convient de recourir à des instruments novateurs tout en renforçant les capacités locales en matière de recouvrement de l’impôt et en améliorant l’accès au crédit.

Ces sujets sont au cœur du 16e Forum économique international sur l’Afrique intitulé « Les villes africaines pour le développement de l’Afrique », inauguré aujourd’hui même par M. Angel Gurría, Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) -lire son discours- et René N’Guettia Kouassi, Directeur, Département des Affaires Économiques, Commission de l’Union Africaine (CUA).

De hauts responsables de pays d’Afrique et de l’OCDE ainsi que d’autres pays partenaires, parmi lesquels M. Marcel Alain de Souza, Président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et Jean Pierre Elong Mbassi, Secrétaire général des Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLU), se sont réunis à Paris pour mettre en commun les enseignements de leurs expériences respectives et leurs visions de l’avenir en présence de plus de 500 participants venus assister au Forum.

Co-organisé pour la première fois par le Centre de développement et, le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE, en partenariat pour la troisième année consécutive avec la Commission de l’Union africaine (CUA) le Forum est l’occasion du renouvellement du Protocole d’entente conclu en 2014 conclu entre l’OCDE et la CUA en vue d’intensifier le dialogue et la coopération à haut niveau sur le programme panafricain axé sur les citoyens d’intégration et de transformation. Les axes de coopération sont notamment la constitution d’un ensemble de données sur l’urbanisation africaine, baptisé Africapolis ; l’amélioration des statistiques des recettes publiques en Afrique ; l’adoption de politiques novatrices pour une valorisation optimale des ressources naturelles et de l’intégration sur les marchés mondiaux, et la promotion d’un développement urbain durable en Afrique.  

Les conclusions de l’Édition 2016 des Perspectives économiques en Afrique, publication conjointe de la Banque africaine de développement (BAD), du Centre de développement de l’OCDE et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), nourrissent les débats de ce jour.

Dans le droit fil de l’engagement de l’OCDE à encourager des politiques meilleures pour une vie meilleure en Afrique, le Réseau des marchés émergents de l’OCDE tient demain une réunion sur « investir les villes grandissantes d’Afrique » et  la publication du Centre de développement intitulée Enseignement supérieur et marché du travail au Togo: Comment valoriser les compétences? est lancée aujourd’hui même à Lomé en présence de M. Octave Nicoué Broohm, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche du Togo.

Suivez les débats sur twitter:  #AfricaForum.

Pour plus de renseignements, les journalistes sont invités à prendre contact avec le Bureau des relations avec la presse : bochra.kriout@oecd.org ; tél. : +33 (0) 6 26 74 04 03.

 

 

 

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