Centre de développement

Compétitivité industrielle, éducation et compétences, cohérence des stratégies sectorielles : trois leviers pour ajuster le cap de développement du Maroc

 

Rabat, le 14 mai 2018 - Le Maroc ambitionne de rejoindre le rang des économies émergentes et s’est engagé dans un programme de transformation profonde depuis la fin des années 90. Pour assurer une croissance forte, pérenne et inclusive, le pays aura besoin de poursuivre des réformes ambitieuses, centrées sur la création d’emplois de qualité afin de tirer le plein bénéfice de son dividende démographique.

Pour atteindre cet objectif, le second volume de l’Examen multidimensionnel du Maroc identifie trois axes de réformes essentiels : renforcer la compétitivité des entreprises industrielles pour donner une impulsion à la transformation structurelle ; relever le niveau de formation de la population et mettre la formation en adéquation avec les besoins de l’économie ; renforcer la cohérence des stratégies sectorielles pour accroître l’efficacité de l’action de l’État.

Saad Eddine El Othmani, Chef du Gouvernement du Maroc, a présidé le lancement de ce second volume de l’Examen, présenté aujourd’hui à Rabat par Mario Pezzini, Directeur du Centre de développement de l’OCDE et Conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’OCDE chargé du développement.

D’après le rapport, bien que l’économie marocaine soit dynamique et internationalisée, elle doit faire face à un développement à deux vitesses de son tissu productif, avec d’importants écarts de compétitivité. Environ 30% des entreprises marocaines dans le secteur de la machinerie atteignent les niveaux de productivité des firmes mondiales les plus performantes, mais la plupart des entreprises des autres secteurs affichent des niveaux de productivité faibles ou moyens. Pour améliorer durablement sa compétitivité et soutenir la création d’emplois de qualité, le Maroc devrait renforcer la productivité de ses entreprises industrielles en mobilisant trois leviers d’action : un soutien à l’innovation qui fasse participer et bénéficie à un large éventail d’entreprises ; l’émergence d’un secteur logistique structuré et de qualité ; et une utilisation plus intensive des normes de qualité par les entreprises, l’État et les consommateurs.

Le Maroc accuse un retard important en matière d’éducation – 4,3 années de scolarisation en moyenne pour la population de plus de 25 ans contre près de 8 en Tunisie et 10 en Turquie. Pour relever le niveau de formation, le Maroc doit mieux planifier les besoins et mieux distribuer les ressources humaines tout en rendant attractifs les parcours des enseignants. L’amélioration des conditions de travail, ainsi que de la formation initiale et continue, et des primes à la mobilité et à la performance pourraient attirer de nouveaux talents vers le métier d’enseignant. De plus, le Maroc gagnerait à mettre en place une stratégie de soutien scolaire envers les élèves en difficulté afin de réduire les taux de déperdition et d’abandon à la jonction de chaque cycle d’enseignement.

De plus, le pays dispose d’un stock important de compétences inutilisées compte tenu du faible taux d’emploi et du taux de chômage des diplômés. Pour mieux tirer parti des capacités de ses travailleurs, le Maroc doit résoudre l’inadéquation entre formation et emploi. Pour cela, il est nécessaire de développer les filières plus proches des besoins de l’économie, comme celles qui débouchent sur un diplôme professionnel ; de renforcer la formation en milieu professionnel ; de soutenir l’apprentissage tout au long de la vie en capitalisant sur les revenus de la taxe de la formation professionnelle ; et de mettre en place des mécanismes efficaces pour anticiper les besoins du marché.

Enfin, la mise en cohérence des politiques publiques et des stratégies sectorielles permettra une action plus efficace de l’État marocain. Pour ce faire, le Maroc devrait se doter d’objectifs prioritaires de développement clairs et partagés, niveler par le haut la qualité des stratégies sectorielles et renforcer les mécanismes de coordination interministériels. De plus, le Maroc gagnerait à développer une véritable culture de l’évaluation au sein de l’administration en rendant plus systématique l’évaluation des stratégies, et en mettant en place une instance d’évaluation indépendante et doté de moyens financiers et humains suffisants. La réforme du budget représente une opportunité pour assurer une meilleure cohérence et une soutenabilité des politiques publiques sur le court et moyen terme si elle appuie la prise de décision stratégique et l’action interministérielle.

Pour toute information ou obtenir un exemplaire électronique du rapport, les journalistes sont invités à prendre contact avec Bochra.Kriout@oecd.org (tel: +33 1 45 24 82 96) au bureau de presse du Centre de développement de l’OCDE.

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A propos de l'Examen multidimensionnel du Maroc :

L'Examen multidimensionnel du Maroc est mené par le Centre de développement de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) en étroite collaboration avec le Gouvernement marocain. Le processus a été initié en février 2016 et a donné lieu à la publication de deux rapports : un premier rapport lancé en en juillet 2017 qui proposait un diagnostic de la dynamique de développement au Maroc ; et un second rapport lancé ce jour.

Ce second volume de l’Examen Multidimensionnel s’appuie sur une analyse approfondie des principales contraintes identifiées dans le premier volume et un processus participatif mené avec les parties prenantes marocaines. Il propose des recommandations de politiques dans chacun des domaines de réformes identifiés.

Cet Examen multidimensionnel du Maroc est le troisième réalisé en Afrique, après ceux de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Il s’inscrit en parallèle du Programme-Pays Maroc de l’OCDE.

Pour en savoir davantage sur les Examens multidimensionnels par pays de l’OCDE, voir :http://www.oecd.org/development/mdcr/.

 

 

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