Etude économique du Danemark 2008 : Promouvoir l'emploi sans exclusion

 

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Les évaluations et recommandations suivantes sont extraites du chapitre 3 de l'Etude économique du Danemark,  publiée le 19 février 2008.

 

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L’essor économique a abouti à une plus large intégration dans le marché du travail, mais cet avantage risque de disparaître si une spirale salaires s’enclenche aujourd’hui

À la suite de la forte expansion économique enregistrée en 2005 et 2006, à la mi-2006 le chômage est tombé à un point bas sans précédent depuis 30 ans et il a encore baissé depuis lors. Les accords conclus dans le secteur privé au début de 2007 impliquaient une croissance relativement modérée des salaires, entre 4 et 4.5 % par an, mais les accords à l’échelon local ont commencé à réagir aux pénuries de main-d’œuvre. La croissance du PIB a récemment ralenti, mais compte tenu d’un important écart de production positif, les contraintes de capacité risquent de persister. Les pressions inflationnistes s’accentuent et le chômage, que les autorités sont parvenues à ramener à un très bas niveau, risque fort de repartir à la hausse dans les prochaines années. Les groupes marginaux, notamment les immigrants en provenance de pays non occidentaux, ont profité particulièrement du dynamisme récent du marché du travail, mais pour sortir de la précarité de l’emploi, ces groupes ont besoin de temps et de stabilité. Il est donc vital d’éviter les mesures qui mettraient en danger l’expansion actuelle. À cet égard, il est crucial de parvenir à un accord raisonnable lors de la reconduction des conventions salariales du secteur public au début de 2008. Les revendications formulées à l’heure actuelle impliquent une croissance des salaires beaucoup plus rapide que dans le secteur privé, et si elles sont acceptées, elles pourraient bien déclencher une spirale des salaires dans l’ensemble de l’économie, suivie d’une montée de l’inflation.

 

Pourquoi un chômage extrêmement faible n’a-t-il pas eu d’effet inflationniste jusqu’à présent ?

Ces risques potentiels doivent être mesurés au regard des modifications du taux structurel de chômage (NAIRU) et des variations de la structure de l’emploi. Il apparaît de plus en plus que le NAIRU – taux de chômage non accélérateur de l’inflation – a baissé au Danemark, sous l’effet d’une combinaison de facteurs : les réformes des prestations et les politiques actives du marché du travail, y compris les efforts accrus pour mobiliser les personnes n’appartenant pas à la population active ; un phénomène d’hystérèse, la longueur de la période d’expansion offrant aux anciens chômeurs des possibilités d’acquérir des compétences professionnelles ; une offre accrue de travailleurs à bas salaire en provenance des nouveaux États membres de l’UE ; enfin, des négociations salariales peut-être plus décentralisées.

Cependant, la baisse du NAIRU ne peut pas expliquer intégralement la modération des salaires observée jusqu’à ces derniers temps. En vérité, depuis quelque temps le chômage effectif est inférieur à toutes les estimations empiriques du NAIRU, et l’écart de chômage est actuellement prononcé. La modération salariale observée au niveau global peut aussi s’expliquer en partie par des modifications substantielles de la structure industrielle au profit de secteurs à intensité de main-d’œuvre relativement faible. De fait, les augmentations salariales contractuelles ont déjà commencé à dépasser les gains de productivité dans certains secteurs, mais cela n’apparaît pas encore au niveau global, en partie parce que les modifications de la structure industrielle ont contribué à contenir l’évolution générale des salaires par rapport à la productivité de la main-d’œuvre. En l’absence de nouvelles modifications majeures de la répartition par secteurs, il est probable que les conditions actuelles très tendues sur le marché du travail accentueront les risques d’un dérapage des salaires et des prix.

 

L'offre de travail devrait être désormais stimulée - selon des modalités également propices à la viabilité budgétaire

Compte tenu de la vigueur récente de la croissance de l’emploi, l’emploi effectif dépasse nettement les objectifs structurels envisagés dans la Stratégie 2015. Toutefois, cette hausse conjoncturelle ne sera soutenue que si elle est appuyée par des mesures destinées à augmenter durablement l’offre de main-d’œuvre et à réduire encore le chômage structurel. Le récent plan gouvernemental pour l’emploi reconnaît cet impératif et propose des mesures visant à renforcer l’activation ainsi que des initiatives pour réduire la dépendance à l’égard des prestations d’invalidité et de maladie. Un certain nombre de ces actions pourraient être prises rapidement. D’autres peuvent demander plus de temps, par exemple celles qui visent à accroître la capacité des bureaux de placement de mettre en œuvre des obligations d’activation plus strictes. En réalité, il faudrait prendre des mesures qui contribuent aussi à relever le défi à long terme de la viabilité budgétaire. Il s’agit notamment des actions suivantes :

  • Privilégier la recherche d’emploi dès le début de la période de chômage. Cette action comprend l’évaluation immédiate de l’employabilité et la notification des postes disponibles.
  • Affiner les programmes d’activation pour les rendre plus efficaces par rapport à leur coût. Il faudrait envisager d’offrir davantage de services d’orientation par le personnel du bureau de placement et de mieux adapter les programmes d’activation aux besoins de chacun, tout en affectant moins de temps et de ressources à des formations qui se sont révélées peu efficaces par rapport à leur coût. Dans la mesure où son rapport coût-efficacité est satisfaisant, on pourrait avancer la mise en route de l’activation obligatoire afin d’accélérer la transition à l’emploi. En outre, les programmes de formation devraient être structurés de telle sorte qu’ils permettent de poursuivre la recherche d’emploi. Une évaluation continue des programmes du marché du travail est indispensable, compte tenu de leur coût élevé.
  • Les programmes d’activation devraient être plus étroitement ciblés sur les travailleurs âgés proches d’un départ en retraite anticipé. Mettre l’accent sur ces travailleurs dans les politiques d’activation, comme c’est le cas actuellement pour les jeunes, permettrait sans doute de réduire le chômage parmi les travailleurs âgés et peut-être même les flux d’entrées dans le programme de préretraite.
  • Veiller à ce que les indemnités de chômage favorisent le retour à l’activité. Il importe que ces prestations soient versées à un stade précoce de façon que le chômeur puisse consacrer du temps à la recherche d’emploi. En même temps, si la période de chômage se prolonge, il est impératif que les critères d’ouverture des droits à prestations soient progressivement durcis, avec l’obligation de rechercher un emploi dans d’autres régions ou d’envisager une reconversion professionnelle. En particulier, les bénéficiaires d’une indemnité de chômage à temps plein qui avaient un revenu d’activité faible, et bénéficient donc d’un taux de compensation très élevé (jusqu’à 90 %) pendant quatre ans, ne sont guère incités à envisager un départ dans une autre région pour des raisons professionnelles, car ils auraient alors un revenu disponible inférieur à celui dont ils disposent s’ils restent chômeurs dans leur lieu de résidence actuel. Il faudrait envisager de réduire progressivement le taux de compensation de la prestation de chômage durant la période de chômage, comme l’a fait récemment la Suède. En outre, une réduction de la durée de versement des indemnités de chômage à temps partiel favoriserait la recherche d’un emploi à temps plein.

 

Les mesures visant à promouvoir l’immigration de travailleurs, qui sont un autre élément essentiel du plan gouvernemental pour l’emploi, devraient contribuer à atténuer les pénuries actuelles de main-d’œuvre. Cependant, le Danemark ne présente pas un très bon bilan en matière d’intégration des immigrants dans le marché du travail, surtout pour ceux qui viennent de pays non occidentaux. L’écart de taux d’emploi entre les personnes nées au Danemark et les personnes nées à l’étranger est le plus important de la zone OCDE, en partie à cause des caractéristiques des immigrants, notamment leur pays d’origine. L’insuffisance de l’intégration et les caractéristiques redistributives des impôts, des prestations et des services financés par l’État font que l’entrée d’immigrants peu qualifiés n’améliore pas en général la viabilité budgétaire. En outre, le niveau élevé des taux de l’impôt sur le revenu peut dissuader les travailleurs très qualifiés de rester longtemps au Danemark. Des réformes d’accompagnement seraient donc nécessaires pour faire en sorte que l’accroissement des flux de migration ait aussi des retombées bénéfiques dans le long terme ; il convient notamment de prendre des initiatives pour encourager les immigrants très qualifiés à rester au Danemark, mais aussi pour améliorer les qualifications et les perspectives d’emploi des immigrants peu qualifiés.

 

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Informations complémentaires                                                                        

   

Des informations complémentaires sur cette Etude peuvent être obtenues auprès du Bureau du Danemark du Département des affaires économiques de l'OCDE à eco.survey@oecd.org. Ce rapport du Secrétariat de l'OCDE a été préparé par Jens Lundsgaard et David Turvey sous la direction de Stefano Scarpetta. La recherche statistique a été faite par Lutécia Daniel.

 

 

 

 

 

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