Mobilités ouest-africaines et politiques migratoires des pays de l'OCDE

 

Octobre 2008

ISBN: 978-92-64-03180-7

 

Cet ouvrage analyse les politiques migratoires des principaux pays de l'OCDE accueillant des migrants ouest-africains et présente les récentes avancées des discussions européennes. Elle met côte à côte les processus d’approche commune qui sont engagés en Europe, en Afrique et Afrique de l’Ouest et éclaire la réflexion des décideurs.

 

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Sommaire

Contexte

En Afrique de l'Ouest, 86% des migrations sont intra-régionales (7.5 millions de personnes). Les 1.2 million restant se répartissent entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Le débat politique agité et la presse biaisent les réalités statistiques. Même si il ne faut aucunement occulter les dimensions humanitaires et sécuritaires des migrations irrégulières, il convient de s’attarder sur les enjeux de la mobilité humaine en termes de développement et de dialogue pour les espaces de circulation que sont les pays d’accueil, de transit et de départ. Face aux défis de la mondialisation, les politiques doivent trouver une réponse coordonnée aux exigences de l’Accord de partenariat économique et des dynamiques démographiques africaines et européennes.

 

Revue des politiques migratoires de certains pays membres de l'OCDE

Les instruments de gestion des questions migratoires concernant l’Afrique de l’Ouest font l’objet de ce document. La revue des approches et les politiques des pays membres de l’OCDE où s’oriente prioritairement la migration ouest-africaine, montre les tendances suivantes :

  • En Allemagne, une réforme pour une approche globale se dessine. Deux questions semblent toutefois rester en suspens : comment combler les besoins en main-d’oeuvre peu qualifiée et comment promouvoir l’intégration des résidents étrangers et de leurs descendants.
  • La Belgique, met en avant l’intégration par l’accès à la citoyenneté des ressortissants non européens et par la lutte contre les discriminations. Les conditions de l’accueil des demandeurs d’asile sont toutefois moins généreuses que par le passé.
  • Le Canada est considéré comme un modèle pour la gestion des flux et la conception de mesures intégrées globales. Il lie les conditions de l’admission à la capacité d’intégration des étrangers (principe de la sélectivité). L’encadrement de l’immigration de main-d’œuvre peu qualifiée est décentralisé au niveau des provinces (migration circulaire et partenariat avec les pays d’origine).
  • En Espagne, le débat se focalise sur la migration de travail peu qualifié et la maîtrise des situations irrégulières, les deux aspects étant souvent abordés sous l’angle sécuritaire. Depuis son adhésion à l’UE, l’Espagne recherche la collaboration de partenaires européens sur le dossier des migrations. Elle joue un rôle actif dans les relations de l’UE avec les pays africains d’origine et de transit.
  • Aux États-Unis, une réforme globale est indispensable mais elle ne fait pas l’unanimité entre enjeux sécuritaires réveillés par les attentats de 2001, maîtrise des flux irréguliers et besoins accrus de maind’oeuvre. Le repli sécuritaire semble nuire à l’immigration estudiantine. Les étudiants africains sont moins touchés que ceux d’autres communautés.
  • En France,  les innovations récentes concernent le retour à la migration de travail et la promotion de la migration sélective. La création du ministère de l’Immigration, l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire illustre le cadre conceptuel et opérationnel
    de la réforme en cours. Le volet « contrôle et sécurité » est couplé avec l’agenda « migration et développement » en politique étrangère.
  • L’Italie aspire à développer une approche globale cohérente vis-à-vis d’une migration croissante. Maîtriser les situations irrégulières, gérer les défis sécuritaires liés à la montée rapide des flux et aborder la question de l’intégration au-delà du niveau local, sont les priorités. Le soutien aux initiatives européennes est une constante.
  • Les Pays-Bas adoptent un nouveau système de gestion davantage restrictif et sélectif ; l’approche suivie pendant de longues années ayant montré ses limites, en particulier en matière d’intégration, de protection et d’assistance aux demandeurs d’asile.
  • Le Portugal accueille une population africaine migrante importante du fait de son histoire coloniale. La lutte contre les discriminations et la promotion de l’intégration sont les objectifs phares de sa politique migratoire ; le dialogue social et la consultation, ses méthodes privilégiées.
  • Le Royaume-Uni prône une gestion efficace des flux afin de maximiser les impacts positifs de la mobilité humaine et réduire ceux qui sont négatifs. Malgré une attention particulière accordée à la promotion de la diversité culturelle en vue de l’épanouissement de la société, l’aspect « contrôle et sécurité » occupe une place importante  dans les mesures mises en œuvre.

Politique d'immigration et d'asile commune aux pays de l'Union européenne :  quels enjeux pour l'Afrique de l'Ouest ?

L’Europe devient un pôle d’attraction en raison notamment des avancées de son processus d’intégration régionale. L’approche européenne s’est graduellement enrichie et complexifiée tant sur le plan conceptuel qu’institutionnel. Alors qu’elle essaie toutefois d’incorporer d’autres domaines comme les relations avec les pays tiers, l’aide au développement, l’emploi et l’intégration, la composante sécuritaire demeure prégnante. Les tendances suivantes peuvent être observées :

  • Les approches des pays membres de l’OCDE sont plutôt convergentes. Elles indiquent un regain d’intérêt pour la migration de travail, en particulier la main-d’œuvre qualifiée.
  • L’enjeu spécifique aux pays européens est de voir dans quelle mesure doit être déléguée à l’UE l’élaboration de règles communes pour la gestion des migrations.
  • L’Afrique est l’espace privilégié d’application des initiatives européennes en matière de migrations, le processus d’élargissement à l’Est étant presque accompli.

Approche africaine des migrations


En Afrique, les débats sur les migrations intra et extra-continentales sont désormais à l’ordre du jour. Les initiatives de la CEDEAO et de l’Union africaine sont passées en revue, illustrées par un aperçu des politiques migratoires nationales ouest-africaines. Les observations suivantes peuvent être faites :

  • La mobilité humaine est l’un des objectifs clés des organisations africaines de coopération régionale au nom du principe  de libre circulation des personnes conforme aux traditions et aux modes de vie des populations du continent.
  • Les avancées vers la création d’un régime européen de la migration ont sollicité des initiatives similaires au sein du continent africain.

>> pour en savoir plus sur l'approche commune de la CEDEAO

 

À propos de l'auteur

  

Née à Rome, Donata Gnisci s’occupe de développement, paix et sécurité en Afrique depuis 1998. Après un séjour de deux ans au Kenya puis au Sénégal, elle rejoint le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO,
OCDE) en 2001. En tant qu’analyste des conflits, elle s’intéresse, entre autres, aux migrations involontaires dans les pays du Fleuve Mano (Sierra Leone, Libéria et Guinée), la Côte d’Ivoire et le long du Fleuve Sénégal. Elle est co-auteure du chapitre sur les « Migrations » de l’Atlas de l’Intégration régionale en Afrique de l’Ouest co-publié par le CSAO et la CEDEAO. Depuis 2006, elle vit et travaille à Londres, où elle s’est spécialisée dans la gestion de la diversité culturelle au sein des organisations qui s’occupent de Développement.

Contact : Ms. Donata Gnisci

 

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