Le Nord Mali en bref

 

Le milieu et les hommes 


Northern MaliLe Nord Mali couvre 827 000 km², 66 % du territoire national. Il compte en 2010, 1,3 million d’habitants soit 8,6 % de la population du pays contre 17 % en 1960 et 11,5 % en 1990. La population ne diminue pas toutefois. Elle croît moins vite que la population totale du pays. Entre 1960 et 2010, la population malienne a été multipliée par 3,2 ; celle du septentrion par 1,9. C’est donc une région d’émigration nette liée tant à la rudesse du milieu qu’aux problèmes sécuritaires chroniques.

La population est très majoritairement rurale. Seuls 8 % des habitants de la zone vivent dans des agglomérations de plus de 10 000 habitants. Les deux principales villes – Gao (50 000 habitants) et Tombouctou (30 000 habitants) – sont situées au sud de la zone le long du fleuve Niger, de même que des communes allant de quelques milliers à une dizaine de milliers d’habitants : Niafounké, Diré, Goundam, Bourem, Ansongo. A 300 km à vol d’oiseau de Gao, se trouvent deux autres localités du même type : au nord-est Kidal, à l’est Ménaka. Proche des « villes » et de l’eau, l’essentiel de la population rurale vit dans cette étroite vallée bordée d’espaces désertiques. Au nord de Tombouctou et Kidal, il ne pleut pas plus de 100 millimètres par an et la température moyenne annuelle est supérieure à 30° (le record du monde est détenu par le nord de l’Éthiopie avec 34°). On ne trouve sur 0,5 million de km², qu’une poignée de petits bourgs : Tessalit, Araouane, Taoudeni, séparés par des centaines de kilomètres de désert de sable ou de pierres, dont le terrible Tanezrouft. A l’est, le massif l’Adrar des Ifoghas, grand comme la Guinée, est un peu moins hostile ; le relief, peu élevé mais accidenté, y provoque des pluies un peu plus importantes (150 mm) nourrissant oueds et pâturages en juillet et août. 

Les infrastructures de transport sont réduites à leur plus simple expression, en dehors de la Nationale 16 qui relie Mopti à Gao dans l’extrême sud de la zone. Une route, qui reliera Tombouctou à Bamako via Niono, est en cours de construction. 

L'économie

Le PIB cumulé des régions de Gao, Kidal et Tombouctou peut être estimé à moins de 1 milliard de dollars US (en parité de pouvoir d’achat) ; soit environ 50 % de celui de la plus petite économie de l’Afrique de l'Ouest : la Guinée-Bissau. 

Certains rêvent de voir le pétrole et le gaz surgir à flot du bassin sédimentaire transfrontalier de Taoudeni. Pour l’heure, les promesses répétées depuis de nombreuses années, n’ont pas été tenues. L’élevage est présent partout et contribue à faire vivre une grande partie de la population. Loin de l’image d’Épinal, il est majoritairement sédentaire bien que la pratique de la transhumance saisonnière soit encore très courante. Il est concentré dans le sud de la zone, proche de la vallée. A la fin des années 90, l’Institut national de la statistique du Mali ne recensait que 60 000 personnes pratiquant le nomadisme pur dans les grands espaces du Nord. Le reste de l’économie agricole est concentrée dans la vallée à l’image de la population. La production de riz était, ces dernières années, en plein essor. Les périmètres irrigués des plaines de Koriomé Daye et Amadia, au sud de la ville de Tombouctou, ont produit à eux seuls 360 000 tonnes de paddy en 2010, soit 20 % de la production malienne. A proximité, la zone Diré – Goudam produit 80 % du blé malien même si cette production est marginale (20 000 tonnes). Plus loin dans la vallée, on trouve également de nombreux périmètres irrigués villageois dont plus de la moitié est équipée de pompes, utilise les bons intrants et obtient régulièrement des rendements de 4 à 6 tonnes /ha. Tous les potentiels ne sont pas mis en valeur. La partie nord de la vallée du Niger peut devenir un pôle agricole important au Mali et en Afrique de l'Ouest. Toute cette économie est aujourd'hui menacée. Les stocks de semences et d’intrants sont vides. Le manque de carburant empêche les pompes de fonctionner.

Tourist areas in Mali

Le tourisme était porteur de tous les espoirs. Au Mali, les zones les plus appréciées par les touristes sont la vallée du Niger de Ségou à Gao, le Delta intérieur du Niger, le pays Dogon et les espaces désertiques du Nord. Elles sont toutes placées en « zone rouge » interdite au tourisme. En 2004, les emplois directs et indirects dans le secteur formel liés au tourisme étaient estimés à 13 000 et contribuaient sans doute à faire vivre plus de 60 000 personnes. Sans compter bien entendu le secteur informel. Entre 2004 et 2010, le chiffre d’affaires du tourisme malien a doublé.

En 2010, les touristes ont dépensé au Mali 240 millions d’euros. Leur nombre est passé de 40 000 en 1995 à 170 000 en 2008. Ces chiffres étaient appelés à doubler au cours des dix prochaines années. La fin du tourisme au Nord sonne la fin du tourisme malien. A Bamako, les hôtels et les restaurants sont vides, l’artisanat touristique périclite. C’est donc une perte considérable de revenus et d’emplois pour l’ensemble du pays. Ceci montre que le Nord n’est pas le fardeau économique que l’on dit parfois, mais au contraire le poumon d’un secteur d’activité dont les perspectives de croissance sont vertigineuses pourvu que la paix revienne. Atteindre le chiffre d’un million de visiteurs par an n’est pas - n’était pas - une chimère.

 

 

 

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