Selon une nouvelle étude de l'OCDE, la lutte contre les institutions sociales discriminatoires profitera aux économies ouest-africaines

 

8 mars, Journée internationale des femmes : le Secrétariat du Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (CSAO/OCDE), en collaboration avec le Centre de développement de l'OCDE, lance un rapport sur l'impact des normes sociales sur les économies ouest-africaines.


Les institutions sociales discriminatoires ont un impact négatif sur la performance socio-économiques et le développement. Bien que les gouvernements ouest-africains aient pris des mesures importantes pour réduire les disparités femmes-hommes, davantage de mesures doivent être prises pour lutter contre la discrimination de genre inscrite dans les cadres juridiques, mais aussi dans les normes et pratiques sociales telles que le mariage précoce et les mutilations génitales féminines (MGF).


L'Indicateur des Institutions sociales et égalité femmes-hommes (SIGI) en Afrique de l'Ouest
examine à travers 17 pays comment les règles formelles et informelles, les normes et les pratiques sociales restreignent l'accès des femmes et des filles à l'égalité des droits, à la justice, aux opportunités d'emploi et aux ressources. Il examine également comment l'évolution des normes sociales au cœur des réponses politiques peut favoriser l'égalité femmes-hommes et élargir les résultats en matière de développement. Le défi pour les décideurs politiques et les citoyens est de créer un environnement qui permette le changement dans les institutions sociales, permettant  aux femmes et aux hommes ouest-africains de bénéficier de façon égale des opportunités de développement et de la croissance économique.

 

Résultats clés :

 

  • La perte de revenu associée aux discriminations de genre dans les lois, les attitudes et les pratiques est estimée à 120 milliards de dollars (USD) par an.
  • Les normes et pratiques sociales discriminatoires, telles que le mariage précoce, accentuent les disparités femmes-hommes et limitent la capacité des femmes à poursuivre des études et à chercher un emploi. Malgré des signes de réduction des mariages précoces en Afrique de l'Ouest, 30 % des filles ouest-africaines âgées de 15 à 19 ans sont mariées, divorcées ou veuves ; la moyenne mondiale étant de 13 %.
  • Les atteintes à l’intégrité physique des femmes sont profondément ancrées dans les normes sociales. La moitié des femmes ouest-africaines sont touchées par les mutilations génitales féminines (MGF), avec les taux les plus élevés en Guinée et au Mali, où neuf femmes sur dix ont été soumises à cette pratique. Dans ces pays, trois femmes sur quatre pensent que cette pratique devrait perdurer.
  • Les femmes continuent d'être privées de droits fonciers. Elles représentent, en moyenne, 43 % des travailleurs agricoles mais seulement 8 % des propriétaires terriens dans sept pays (Burkina Faso, Cabo Verde, Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée, Mali et Sénégal).

 


Mettre l'égalité femmes-hommes au centre des politiques est un investissement à long terme qui aura des rendements sociaux et économiques importants. Les gouvernements peuvent effectivement parvenir à l'égalité femmes-hommes et encourager l'autonomisation des femmes et des filles en mettant en œuvre des réformes juridiques ; en mettant les normes sociales au cœur de la politique de genre et du dialogue ; en reconnaissant que l'égalité d'accès à l'éducation pour les femmes et les filles est un droit humain fondamental et une étape essentielle pour la construction de sociétés plus inclusives, durables et prospères ; et en renforçant les données empiriques et les analyses factuelles sur l’étendue et la nature des institutions sociales discriminatoires.

 

À propos du SIGI

L’indicateur SIGI mesure les discriminations qui s’exercent contre les femmes au sein des institutions sociales dans 160 pays. Il propose également des analyses régionales et des études de pays. Il constitue un outil de recherche et de plaidoyer politique pour la communauté du développement et pour les décideurs politiques. C'est l'une des façons dont l'OCDE travaille avec les pays pour aider à réaliser le Programme de développement durable à l'horizon 2030 et, en particulier, l'Objectif 5 de développement durable sur l'égalité des sexes. Le SIGI est une source de données officielle pour la surveillance de SDG 5.1.1.

 

Pour plus d'informations, veuillez contacter : Lia Beyeler (Tél. +33 1 45 24 89 54; lia.beyeler@oecd.org)

 

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