Perspectives ouest-africaines 2011-12 : Peuplement, marché et sécurité alimentaire

 

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Le programme « Perspectives ouest-africaines » (POA) 2011-12 analyse des dynamiques de peuplement et de marché et leurs impacts sur la sécurité alimentaire. Capitalisant sur ce travail de deux ans, l'étude finale fournit aux responsables politiques et autres parties prenantes des analyses nouvelles sur les enjeux de sécurité alimentaire à venir. Soulignant l'importance des statistiques cohérentes et harmonisées au niveau régional pour améliorer les stratégies ouest-africaines en matière de l’agriculture et de l’alimentation, le programme montre notamment que l’insuffisante prise en compte du commerce régional informel des produits agricoles biaise singulièrement les analyses de la sécurité alimentaire. Quelques résultats clés ont fait l’objet de débats lors du Forum du Club ; des ateliers de formation sur la modélisation démo-économique et spatiale ont été organisés au siège de l’UEMOA. L’Outil statistique et cartographique d’analyse régionale (OSCAR) permet de cartographier, suivre et comparer des indicateurs sur le peuplement pour les 17 pays et groupes de pays de l’Afrique de l’Ouest entre 1950 et 2050. Tout au long de l’année 2013, le Secrétariat du Club a poursuivi ses efforts à partager les données et résultats dans les débats internationaux et ouest-africains.

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POA en bref

Présentation du programme

Résultats attendus

Impact des dynamiques de peuplement

Fiches d'information

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Données en ligne : OSCAR


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‌Outil statistique et cartographique d’analyse régionale (OSCAR)

Les données du programme POA sont également disponibles en ligne dans le cadre de l’Outil statistique et cartographique d’analyse régionale (OSCAR), lancé en avril 2013 ; cet outil interactif permet de cartographier, comparer et télécharger 40 indicateurs différents pour les 17 pays et 8 groupes de pays de l’Afrique de l’Ouest. Les données de population et de peuplement couvrent la période 1950-2050. En reliant ces indicateurs aux performances de l’agriculture ouest-africaine, OSCAR montre comment la dynamique de peuplement peut changer l’interprétation des tendances passées et des estimations futures. L’outil est doté d’une fonction de téléchargement rapide. 

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Réunions du Groupe de travail et Forum 

Un Groupe de travail s’est réuni régulièrement pour suivre les avancées des réflexions. Deux ateliers sur la modélisation démo-économique et spatiale ont été accueillis par l’UEMOA. 

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Dialogue politique et résultats

Les conclusions de POA 2011-12 ont été diffusées et présentées en Afrique de l’Ouest et sur le plan international ; l’objectif étant de les inclure aux débats internationaux, de partager les données et la méthodologie avec d’autres programme prospectifs travaillant sur la sécurité alimentaire ouest-africaine, et de contribuer ainsi à la formulation des politiques et programmes de développement.

Plus de 500 copies électroniques ont été téléchargées de la librairie en ligne de l’OCDE (I-Library). Quelque 1 000 exemplaires ont été diffusés par le Secrétariat du CSAO ciblant, entre autres, des décideurs politiques ouest-africains et des partenaires au développement.

  • Les conclusions et analyses du programme POA sont incluses dans la Feuille de route régionale d’AGIR, mettant l’accent sur une interprétation exhaustive des dynamiques de marchés ainsi que sur l’importance de l’urbanisation et du peuplement dans les stratégies alimentaires et nutritionnelles ;
  • L’intégration des données Africapolis dans les systèmes d’alerte pour la sécurité alimentaire et autres outils d’analyse spatiale, notamment USAID/FEWS NET, est en discussion ;
  • Les analyses de l’étude POA ont été largement référenciées dans le programme de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest de l’Australian Aid.

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Africapolis - Mise à jour des données d’urbanisation

Ayant souligné l’importance des données relatives à l’urbanisation et au peuplement pour renseigner l’analyse et la formulation des politiques, le Secrétariat du CSAO a collaboré avec l‘équipe Africapolis sur une mise à jour de l‘étude « sur les dynamiques de l’urbanisation en Afrique de l’Ouest ». Cette mise à jour, qui sera publiée mi-2014, intègre de nouvelles données provenant du recensement de treize pays. Elle identifie et géolocalise 2 965 agglomérations (contre 1 582 en 2008), dont 1 366 situées au Nigeria, fournissant ainsi la base de données la plus complète actuellement disponible sur l’urbanisation au Nigeria.

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Le saviez-vous ?

  • Entre 1950 et 2010, la population totale est passée de 72 à 290 millions d’habitants.
  • La transition démographique en cours en Afrique de l’Ouest est accompagnée d’une forte redistribution spatiale des populations.
  • Au cours des six dernières décennies, la population urbaine s’est multipliée par 20, passant de 6 millions à 118 millions d’habitants et le niveau d’urbanisation a augmenté de 8 % à 41 %.
  • Sur la même période, la population rurale s’est multipliée par 3, passant de 66 millions à 172 millions et les densités rurales augmentent.
  • La production agricole entre 1980 et 2010 (en valeur brute) connaît une croissance annuelle moyenne de 3,7 % pour une moyenne mondiale de 2,21 %. 
  • La part des importations dans les disponibilités alimentaires totales est stable. 
  • La hausse des rendements contribue à 40 % de l’augmentation de la production, les 60 % restants résultant de l’augmentation de la surface récoltée.
  • La prévalence de la sous- alimentation a diminué de 44 % depuis 1990 ; toutefois, 33 millions de personnes restent encore sous-alimentées

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Urbanisation 

  • En 60 ans, la population urbaine est multipliée par 20 – de 6 à 118 millions d’habitants (1950-2010). En 1950, aucun pays n’a un niveau d’urbanisation supérieur à 20 %, en 2010, huit dépassent ou avoisinent 50 %.
  • D’ici 2050, la région comptera 400 millions d’urbains, soit deux urbains pour un rural.
  • La croissance de l’urbanisation est rapide entre 1950 et 1980 à un taux annuel de 6 % (2 x tous les 11 ans), puis baisse à 4 % (2010).
  • En 2050, par le croît naturel et le jeu des migrations, l’Afrique de l’Ouest rassemblerait autant d’urbains que l’Europe à 27, avec cependant un niveau d’urbanisation plus bas. Le Nigeria représenterait une grande part de la population urbaine ouest-africaine.
  • La concentration dans les métropoles – depuis les années 1980, le développement des villes est plus le fait de leur croissance naturelle que des migrations.
  • Le développement du réseau des villes petites et moyennes – en 1950, la région est faiblement peuplée et rurale : six centres urbains de plus de 100 000 habitants ; un niveau d’urbanisation de 8 %. En 2010, plus de 122 villes de 100 000 habitants ou plus et un niveau d’urbanisation de 41 %.
  • Six des dix plus grosses villes sont côtières (Lagos, Abidjan, Accra, Dakar, Conakry, Lomé). ­Ouagadougou, Niamey et N’Djamena, respectivement les 11e, 18e et 20e villes les plus grandes de la région, grossissent à un rythme proche voire supérieur aux villes côtières. Niveau d’urbanisation : < 25 % : Mali, Niger, Tchad ; ≥ 50 % : Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Libéria, Sénégal, Togo.

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« Le réseau de villes structure l’organisation spatiale des marchés intérieurs en participant de la connexion entre zones rurales et urbaines : en tant que lieux d’échanges pour la production agricole et rurale, en tant que stimulateurs de l’activité rurale non agricole, en tant que lieux d’opportunités professionnelles diversifiées pour les agriculteurs et en tant que facilitateurs d’économies d’échelle. Ainsi, l’urbanisation prend des formes multiples et opère à des rythmes différents en relation avec le développement économique et social. »

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Réseau urbain et croissance des villes

Population rurale

  • En parallèle à une forte urbanisation, la population rurale ouest-africaine continue de croître. De 66 millions en 1950 à 172 millions en 2010. Les Projections 2050 s’élèvent à 197 millions.
  • 59 % de la population ouest-africaine est rurale en 2010. Ce pourcentage est de 37 % dans la région MENA et de 69 % en Asie du Sud.
  • L’espace rural se densifie. La distance moyenne séparant les agglomérations (> 10 000 habitants) diminue de 111 à 33 km entre 1950 et 2000. Les connexions (routes, téléphonies mobiles) intègrent l’espace rural à l’économie de marché.
  • Les zones les plus denses et les mieux reliées aux villes sont les économies locales les plus diversifiées. En effet, l’urbanisation crée un débouché croissant pour la production agricole : les activités économiques en amont (intrants et services) et en aval (commercialisation et transformation) soutiennent le développement du réseau de villes moyennes et petites et des métropoles.
  • De plus de 150 hab/km² à des densités inférieures à 2 hab/km². En 1960, 50 % de la population rurale est concentrée sur moins de 11 % de la superficie des terres 3.
  • En 2010, 15 % vivent dans des zones de très haute densité (> 150 hab/km² et 2 % de la superficie des terres 4) dans le bassin d’une ville de plus de 50 000 habitants.

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Population rurale (2000)

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Statistiques 

  • L’Afrique de l’Ouest n’a pas achevé sa transition démographique. Entre 1950 et 2010, la population passe de 72 à 290 millions d’habitants.
  • Le nombre d’urbains est multiplié par 20 : de 6 à 118 millions d’habitants. En 1950, le niveau d’urbanisation est\ inférieur à 20 % dans tous les pays ; en 2010, huit avoisinent 50 %. Ces transformations profondes impactent la géographie agricole, les dynamiques de marché, les revenus et donc la sécurité alimentaire.
  • Relire les impacts des mutations agricolesL’économie rurale change. Des informations fiables de la population non agricole et agricole et leur rapport témoigneraient des transformations spatiales et sociales et de la relation entre demande et offre alimentaires. Les statistiques disponibles ne permettent pas d’en mesurer l’ampleur. Les populations rurales sont communément assimilées aux producteurs agricoles et les populations urbaines aux consommateurs. Le nombre de producteurs en est surestimé, leur répartition erronée et leur productivité sous-évaluée.
  • Décrypter l’économie informelleLa majorité des consommateurs non producteurs de biens alimentaires, est constituée d’urbains qui tirent leurs revenus de l’économie informelle. Ces derniers restent, pour la plupart, insuffisants pour accéder aux biens produits et commercialisés par l’économie moderne. La consommation alimentaire est donc assurée par des « filières informelles » – mal observées par les travaux classiques de la comptabilité nationale. On peut résumer l’articulation entre secteur informel, urbanisation et sécurité alimentaire dans le contexte de la transformation rural-urbain ainsi : « en Afrique subsaharienne, les villes sont à l’origine de plus de 80 % de la croissance économique, plus de 80 % des créations d’emploi sont le fait de l’informel, l’urbanisation est l’un des moteurs de la modernisation de l’agriculture et de la croissance des revenus en milieu rural ». Malgré ce rôle majeur et reconnu, l’économie informelle reste mal définie, mal appréhendée et peu prise en compte dans les politiques de sécurité alimentaire.

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