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Croissance verte et développement durable

Les partenariats peuvent accélérer la transition vers une économie bas carbone

 

Ces dix dernières années, les cercles politiques ont beaucoup débattu des moyens de renforcer la collaboration entre pouvoirs publics et secteur privé pour accélérer la transition vers une croissance verte. La bonne nouvelle, c’est que pendant ce temps de nombreux facteurs ont permis de donner corps à cette idée : les gouvernements, y compris dans les pays en développement, s’engagent de plus en plus vers un avenir bas carbone, le capital requis pour financer la transition est en théorie disponible, et les avancées récentes de la technologie rendent l’objectif de croissance verte plus abordable et réalisable.

Ce qui manque encore, c’est une meilleure coordination et une meilleure coopération entre le secteur privé et les gouvernements. Pour rendre cette coopération la plus efficace et efficiente possible, des mesures décisives doivent être prises des deux côtés. Toutefois, en l’absence d’une volonté politique suffisante de la part des gouvernements, et sans engagement ni réflexion à long terme de la part des acteurs privés, la transition vers une économie bas carbone sera difficile, voire impossible.

Pour accepter d’investir à long terme dans un monde bas carbone, le secteur privé doit mieux comprendre les risques liés aux pratiques économiques non durables et aux évènements climatiques majeurs, les opportunités offertes par la durabilité et la croissance verte ainsi que la nécessité d’établir des partenariats stratégiques entre entreprises sur les questions liées à la durabilité, et avec les acteurs publics pour limiter les risques et tirer parti des opportunités.

Tandis que les effets négatifs du changement climatique s’intensifient, le secteur privé, et les industries à forte intensité de ressources en particulier, est confronté à une augmentation de la volatilité, de la vulnérabilité et de l’imprévisibilité. D’un autre côté, le changement climatique est aussi l’occasion pour les entreprises de recourir à des méthodes qui optimisent leur performance, réduisant ainsi leurs coûts, et d’accéder à de nouveaux marchés. Grâce à une planification stratégique intelligente, les entreprises peuvent transformer ces risques en opportunités, mais cela requiert une planification à long terme et l’intégration de la gestion des risques et des pratiques durables à leurs valeurs essentielles.

Les entreprises qui prendront ces mesures, surtout les premières d’entre elles, pourront réduire leurs risques et améliorer leur rentabilité à long terme. Comme on a pu le constater, les entreprises ne prennent cependant pas toujours l’initiative, mais agissent plutôt en réaction à des incitations ou à la concurrence : d’où l’importance des partenariats stratégiques avec les gouvernements et au sein du secteur privé. Les entreprises n’adopteront pas la durabilité en dehors de tout contexte : la règlementation, la pression des pairs et le marché doivent les influencer en ce sens.

Presque tout le monde reconnaît aujourd’hui que la transition vers une croissance verte doit être pilotée par le secteur privé. Mais celui-ci ne sera pas en mesure de fournir le capital et l’investissement suffisants si le cadre d’action ne lui est pas favorable. Pour les entreprises, les investissements verts et bas carbone sont assortis de risques inacceptables, en particulier dans les pays en développement, qui en ont pourtant le plus besoin. Il revient donc aux gouvernements de mettre en place des politiques stratégiques qui atténuent le risque financier et encouragent les entreprises à faire le choix de la durabilité et de l’investissement vert.

De nombreuses politiques stratégiques efficaces peuvent remplir ces objectifs, et elles varieront d’un pays à l’autre en fonction des conditions et atouts économiques de chaque pays ou région. Cependant, quelles que soient les politiques et règlementations adoptées, elles devront être claires, cohérentes et transparentes, et viser explicitement la création d’un environnement propice à l’investissement vert afin de rassurer les investisseurs. Des politiques instables et contradictoires envoient aux entreprises des signaux de risques trop élevés. Les pays devront aussi utiliser des instruments fiscaux, taxe carbone ou systèmes d’échange de quotas d’émission, pour assurer la prise en compte de l’intégralité des coûts environnementaux.

En résumé, les entreprises doivent revoir leurs notions du risque afin d’y inclure le changement climatique, et faire de la durabilité une de leurs valeurs essentielles. Les gouvernements, quant à eux, doivent adopter des politiques stables, homogènes et cohérentes, capables de lever les obstacles, d’encourager l’investissement vert et de promouvoir des modes de suivi et de prise en compte de l’intégralité des coûts permettant aux entreprises de revoir leurs définitions du risque. Cela contribuera à créer une sorte de cercle vertueux fondé sur la complémentarité entre les choix économiques rationnels opérés par les entreprises et les choix stratégiques clairvoyants imposés par les gouvernements.

 

Voir http://gggi.org

Travaux de l'OCDE sur la croissance verte et le développement durable

Travaux de l'OCDE sur l'environnement

Politiques économiques pour la croissance verte

 

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L'Observateur de l'OCDE

‌‌‌‌Yvo de Boer

Yvo de Boer
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