Corruption

Il est indispensable de réduire la fragmentation des politiques publiques pour ouvrir la voie à une croissance rapide et durable de la productivité

 

9/6/2016 - Des réformes structurelles supplémentaires sont nécessaires pour aider le secteur des entreprises à améliorer les gains de productivité et à s’affranchir des contraintes majeures que sont l'atonie de l'investissement dans les économies avancées et l'excédent de capacités dans les économies émergentes, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

Selon les Perspectives 2016 de l’OCDE sur l’entreprise et la finance (publication seulement disponible en anglais), la croissance globale de la productivité est insuffisante depuis la crise, et la faiblesse des taux d'intérêt n'est guère propice à un renversement de cette tendance. Les entreprises qui dépensent davantage en R-D, privilégient les financements par fonds propres plutôt que les emprunts, arrivent à se ménager un volant de trésorerie et sont plus actives en matière de fusions-acquisitions ; ce sont celles qui réussissent le mieux, tandis que les autres sont à la traîne, incapables de mettre au point de nouveaux produits ou de s'adapter rapidement à un environnement en pleine mutation.

 

« Si nous voulons prendre la voie d'une croissance plus dynamique et plus durable, nous devons mettre en œuvre des politiques publiques mieux coordonnées, qui nous permettent de recomposer de façon plus harmonieuse les pièces éparses de notre monde fragmenté », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría lors du lancement du rapport à Paris. « Le rôle des politiques structurelles sera primordial pour renforcer les mécanismes propres à inciter les entreprises à mener des activités de recherche-développement, éliminer la défiance envers le financement par fonds propres, ou encore supprimer les obstacles à l'intégration des énergies renouvelables dans les réseaux d'électricité, pour ne citer que quelques-uns des domaines qui sont évoqués dans ce rapport. » (lire le discours dans son intégralité en anglais)


Dans cette publication, les auteurs montrent que la fragmentation touche différents environnements économiques, notamment les marchés de capitaux, où les technologies de l'information et les réformes de la réglementation ont été propices à la fragmentation du fait de la multiplication des plateformes de négociation, et ont ouvert la voie aux transactions informelles. Les différences entre les obligations réglementaires et les règles de diffusion d'informations applicables aux différentes plateformes de négociation qui existent actuellement font naître des craintes quant à la transparence des places boursières et à l'équité de traitement des investisseurs. Les entreprises peuvent en outre être pénalisées si la rapidité et la complexité sont récompensées au détriment de l’investissement à long terme.

 

L'hétérogénéité des régimes juridiques entre les pays et entre les traités internationaux sur l'investissement qui se multiplient, fragmente aussi l'environnement dans lequel les entreprises opèrent. Les diverses législations nationales sanctionnent la corruption transnationale avec une sévérité inégale et souvent insuffisante, et de nombreux traités d’investissement établissent des règles qui peuvent conduire à la fragmentation des entreprises elles-mêmes et introduire des ruptures dans les règles établies pour leur gouvernance et leur financement.

 

Enfin, les énergies propres sont un autre grand secteur où la fragmentation des marchés doit être combattue, puisque des barrières commerciales et d'autres mesures continuent de freiner l'investissement global dans les projets relatifs aux énergies renouvelables.

 

Les pouvoirs publics doivent prendre des mesures plus favorables à la R-D, laquelle est l'un des plus importants facteurs de gains de productivité. Les incitations budgétaires devraient être plus judicieuses et cibler des obstacles, des freins ou des synergies spécifiques pour permettre d'atteindre le niveau souhaité d'investissement dans la R-D. La fiscalité devrait cesser d'être plus favorable aux emprunts qu'aux financements par fonds propres. Les États devraient aussi favoriser l’ouverture des marchés, y compris pour le contrôle des sociétés, tant entre pays qu’à l’échelon national, sachant que les réglementations intérieures et le manque de coopération entre autorités de la concurrence constituent souvent un obstacle à l'entrée.

 

Les Perspectives 2016 de l’OCDE sur l’entreprise et la financeévoquent aussi les difficultés que les importants écarts d’espérance de vie entre catégories socioéconomiques soulèvent en termes d’'équité sociale et de solvabilité des organismes de retraite et des compagnies d’assurance.

 

Pour de plus amples informations sur le rapport et sur son lancement, prière de consulter la page www.oecd.org/fr/finances/oecd-business-and-finance-outlook-2016-9789264257573-en.htm.  

 

Consultez également le Tableau de bord de l’OCDE sur l’entreprise et la finance : www.oecd.org/finance/oecd-business-and-finance-scoreboard.htm (seulement disponible en anglais).

 

Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations sont invités à contacter la Division des médias de l'OCDE (news.contact@oecd.org; +33‑1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui œuvre à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des citoyens dans le monde entier.

 

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