Chili

Le Chili doit profiter de la reprise pour remédier à la faiblesse de sa productivité et à l'ampleur de ses inégalités

 

26/02/2018 - Des perspectives de croissance favorables offrent au Chili l'occasion de remédier à la faiblesse de sa productivité par rapport à d'autres économies avancées, d'améliorer l'accès à des emplois de qualité et de prendre des mesures pour réduire l'ampleur persistante de ses inégalités, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

D'après la dernière Étude économique de l'OCDE sur le Chili, une saine gestion macroéconomique a donné une assise économique solide, et les mesures mises en œuvre par le gouvernement sortant pour rendre la croissance plus inclusive vont dans la bonne direction. L’étude avertit que le prochain gouvernement devra poursuivre ces efforts en engageant de nouvelles réformes pour renforcer la croissance de la productivité, diversifier l'économie, améliorer les compétences des adultes et faire en sorte que davantage de personnes accèdent à des emplois formels pérennes ayant une réelle valeur ajoutée. Le Chili bénéficierait également d'une augmentation des aides publiques à la recherche-développement (R-D) et d'un renforcement de l'investissement en infrastructures, qui stimuleraient l'innovation et la compétitivité.

 

« Le Chili est en bonne santé sur le plan économique, mais un triple problème se pose toujours : comment rehausser la productivité, améliorer la compétitivité internationale et réduire les inégalités », a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, lors de la présentation de l'Étude à Santiago. « La reprise économique mondiale actuelle offre une occasion essentielle d'approfondir les réformes structurelles, afin que le Chili puisse réaliser pleinement son potentiel économique, profiter pleinement de la globalisation et en partager plus équitablement les fruits. » (Lire le discours en anglais dans son intégralité)

 

D'après les prévisions de l'OCDE, la croissance du produit intérieur brut (PIB) chilien devrait se porter à 2.9 % en 2018 et 2019, dans un contexte de vigueur de l'économie mondiale et de raffermissement des cours du cuivre. Cependant, la faiblesse de la productivité pèse toujours sur le niveau de vie.

 

S'il est élevé par rapport aux autres pays de l'Amérique latine, le niveau de la production par travailleur au Chili est toujours inférieur de moitié à la moyenne de l'OCDE, de trop nombreux actifs étant employés dans des secteurs d'activité qui produisent peu de valeur ajoutée par heure travaillée.

 

Les inégalités de revenu au Chili sont également supérieures de plus de 65 % à la moyenne de l'OCDE, avec un rapport du revenu des 10 % les plus riches de la population par rapport à celui des 10 % les plus démunis parmi les plus élevés de l’OCDE. Près d'un tiers des travailleurs chiliens occupent des emplois informels ou non permanents, et l'évaluation des compétences des adultes réalisée par l'OCDE montre qu'un Chilien sur deux a un faible niveau de compétences en littératie. Les pressions que cela exerce sur le système de retraite et le niveau de vie s'accentueront parallèlement au vieillissement démographique rapide du Chili.

 

 

 

     <Télécharger les données en Excel>

 Il est recommandé dans l'Étude de prendre de nouvelles mesures pour réduire les obstacles à l'entrée sur le marché et la complexité de la réglementation, afin d'aider les jeunes entreprises à innover, à se développer et à affronter la concurrence. Cela contribuerait également à ouvrir un marché d'exportation dominé par une poignée de conglomérats. Deux pour cent seulement des petites et moyennes entreprises chiliennes (PME) participent actuellement aux échanges internationaux.

 

Il est possible de bâtir sur les récentes réformes du système éducatif destinées à améliorer l'enseignement et les compétences pour renforcer et étoffer la formation professionnelle et l'apprentissage, notamment en ciblant mieux les programmes de formation sur les personnes qui en ont le plus besoin. Le Chili devrait remédier au problème posé par le fait que les emplois informels et les contrats de courte durée représentent toujours une forte proportion des emplois, et élargir l'accès à l'assurance chômage.

 

Poursuivre un agenda social ambitieux est aussi essentiel. Le système de prélèvements et de transferts peut être davantage mis à contribution pour réduire les inégalités. Augmenter les impôts sur le patrimoine et les taxes environnementales, ou abaisser les tranches du barème de l'impôt sur le revenu des personnes physiques, aiderait à financer une augmentation des dépenses sociales, des aides à l'emploi formel et des mesures de soutien relatives à l'assurance maladie. Une hausse des cotisations de retraite et un relèvement de l'âge de la retraite, en particulier pour les femmes, pourraient se traduire par une augmentation nette du PIB par habitant à moyen terme et contribuer à rehausser les taux de remplacement assurés par les pensions, qui sont aujourd'hui bas.

 

Télécharger l'Étude (en anglais seulement).

 

Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations sont invités à contacter Catherine Bremer, à la Division des médias de l'OCDE (+33 603 483456).

 

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