Canada

Malgré une croissance solide, le commerce et le marché du logement présentent des risques pour le Canada

 

23/07/2018 - D’après la toute récente Étude économique du Canada, présentée aujourd’hui à Ottawa par la Directrice de Cabinet et Sherpa de l'OCDE pour le G20 Mme Gabriela Ramos, le Canada est l’une des économies de l’OCDE qui offre les meilleurs résultats à bien des égards. Il enregistre des scores élevés dans toutes les dimensions de l’indicateur du mieux vivre de l'OCDE, en particulier en ce qui concerne le bien-être, la sécurité personnelle et l'état de santé. Le Canada entreprend également plusieurs programmes visant à encourager une croissance inclusive - notamment en termes de prestations de garde d'enfants, de l'égalité des sexes et du logement social - conformément au Cadre d'action politique de l'OCDE pour une croissance inclusive.


De plus, selon l'Étude économique du Canada de l'OCDE de 2018, la conjoncture macroéconomique est généralement favorable, avec un faible taux de chômage, une inflation conforme aux objectifs et une croissance qui devrait demeurer solide d’ici 2019.


La principale incertitude qui pèse sur les perspectives de croissance provient des nouvelles restrictions aux échanges commerciaux qui pourraient être établies, particulièrement en ce qui concerne la renégociation actuelle de l’Accord de libre-échange nord-américain. Il ressort de l’Étude que l’évolution de la situation à cet égard dépendra de décisions politiques, notamment aux États-Unis, mais que des retombées négatives se font déjà ressentir sur l’investissement des entreprises. Le deuxième risque mis en avant réside dans l’effet conjugué du fort endettement des ménages et des prix élevés des logements, qui pourrait conduire à une correction désordonnée du marché susceptible de réduire l’investissement résidentiel et le patrimoine des ménages, et de freiner la consommation.


Dans cette Étude, il est souligné que l’essor rapide des prix des logements au Canada présente un risque macroéconomique en plus d’avoir généré des problèmes d’accessibilité financière particulièrement aigus dans les grandes villes en expansion rapide. Depuis 2016, le gouvernement fédéral et les autorités des provinces ont réagi aux tensions sur le marché du logement en prenant des mesures qui ont permis de réduire le taux de croissance moyen national des prix de l’immobilier, qui est passé de 14.2% durant les 12 derniers mois à 2.9 % en glissement annuel en mai 2018. D’après l’Étude, les pouvoirs publics devraient surveiller les effets des réglementations ciblées récemment adoptées, en suivant de près la situation des emprunteurs à faible revenu lourdement endettés très menacés par l’alourdissement du service de leur dette qui intervient parallèlement à la hausse des taux d’intérêt. Il y est également recommandé d'augmenter l'offre de logements abordables et de mieux entretenir les logements sociaux existants.


Une grande partie de l'Étude économique est consacrée à l'amélioration de la croissance inclusive en faveur des femmes, des jeunes et des personnes âgées. Le rapport salue bon nombre des efforts déployés par le gouvernement fédéral pour atteindre une croissance plus inclusive, notamment à travers la Stratégie nationale de logement de 2017, de l'augmentation des prestations de congé parental dans le budget de 2018 et de l'établissement en 2017 du Cadre multilatéral pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants. "Le Canada devrait continuer sur cette voie et faire un effort supplémentaire pour assurer des résultats inclusifs en matière de travail pour les catégories sous-représentées comme les femmes, les jeunes et les personnes âgées. Cela contribuera non seulement à une société plus inclusive, mais aussi à une économie plus productive, dans un contexte de faible croissance de la productivité et de vieillissement de la population", a déclaré Mme Ramos.


L’écart d’emploi en fonction du sexe n’a quasiment pas évolué depuis 2009 et les femmes, notamment les mères, continuent de gagner sensiblement moins que les hommes, en partie à cause de l'importante disparité du partage des responsabilités non rémunérées relatives à la garde d'enfants. Ailleurs que dans la province du Québec, les montants de l'aide publique à la garde d'enfants, faibles quoiqu’en hausse, devraient être nettement augmentés, tout comme les congés parentaux des pères. Il faudrait en outre donner la priorité au développement des compétences des jeunes pour endiguer le déclin de leurs qualifications et mettre fin à l’atonie de la croissance des salaires parmi les hommes jeunes ayant un faible niveau d’éducation.


Une meilleure inclusion des peuples autochtones sur le marché du travail au Canada est un autre moyen d'accroître la participation de la population active ainsi que le bien-être. L'Enquête soutient qu'une meilleure harmonisation entre les programmes fédéraux et provinciaux du marché du travail autochtone, une expérience de travail ciblée, un accès élargi à l'enseignement supérieur et un suivi et une évaluation rigoureux sont tous des éléments importants.


Par ailleurs, la croissance de la pauvreté des personnes âgées est liée à l'indexation des pensions publiques minimales sur l’Indice des prix à la consommation (IPC), ce qui signifie qu'elles ont augmenté plus lentement que les salaires . Il est ainsi nécessaire de réagir à l’augmentation de la pauvreté chez les personnes âgées en relevant progressivement le montant des pensions de base. Augmenter l'âge de l'ouverture des droits à la retraite publique, parallèlement à l'espérance de vie, favoriserait la croissance en développant le taux d’emploi des Canadiens du troisième âge qui souhaitent continuer à travailler et ont la possibilité de le faire. Cela devrait s'accompagner d'une plus grande flexibilité dans les modalités de travail pour les travailleurs âgés.


Dans cette Étude, une attention particulière est portée au système d’immigration du Canada, qui affiche des résultats très positifs, accueillant un grand nombre d'immigrants d'origines diverses qui contribuent au dynamisme économique et à la diversité culturelle du pays tout en maintenant des niveaux élevés de cohésion sociale. Avec la mise en place du système d’Entrée Express en 2015, l’accent a été mis sur la sélection d’immigrants témoignant d’un niveau de capital humain élevé et ayant de très bonnes perspectives de rémunération. Le Canada a également élaboré une série de programmes d’établissement concluants et pris des initiatives visant à faciliter l’intégration des immigrants qui ont été couronnées de succès.


En vue de d’accroître davantage les effets bénéfiques de l’immigration sur l’économie canadienne, les auteurs de l’Étude suggèrent de renforcer, dans les procédures de sélection, l’importance accordée à l’expérience de travail qualifié acquise au Canada. Il conviendrait également de donner la priorité aux candidats ayant une expérience de travail qualifié et une offre d’emploi valide. Le Canada devrait aussi développer les programmes de formation relais et les programmes de mentorat, qui facilitent la reconnaissance des diplômes postsecondaires des migrants et leur permet de se constituer des réseaux professionnels, et redéployer les ressources des programmes d’établissement pour que leur utilisation reflète mieux les besoins. La politique d'immigration devra également continuer à trouver un équilibre entre la maximisation de la facilité d'intégration par la sélection d'immigrants hautement qualifiés et la maximisation des gains de bien-être pour les migrants en soutenant également la migration des migrants moins qualifiés.


En ce qui concerne le défi que pose le changement climatique, le Canada dispose des moyens pour s’améliorer. L'enquête accueille favorablement du lancement du Cadre pancanadien sur la croissance propre et le changement climatique. Par ailleurs, elle recommande aux gouvernements de prendre davantage de mesures pour augmenter progressivement le prix du carbone, ce qui permettrait de réduire le chevauchement avec d'autres mesures et d'atteindre plus efficacement les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Canada.


L'Enquête fait également état de la croissance décevante de la productivité au Canada depuis longtemps et réitère les recommandations antérieures visant à combler l'écart avec les économies de l'OCDE ayant les niveaux de productivité les plus élevés. Il s'agit notamment de réduire les barrières à l'entrée dans les industries de réseau et les services ainsi que les restrictions au commerce intérieur.


Une synthèse de cette Étude économique, reprenant ses principales conclusions, est librement consultable sur le site internet de l'OCDE, à l'adresse suivante : www.oecd.org/fr/economie/etude-economique-canada.htm. Vous êtes invités à inclure ce lien hypertexte dans les articles consacrés à cette publication.


Pour obtenir de plus amples informations sur cette Étude économique, les journalistes sont invités à contacter la Division des médias de l'OCDE (+33 (0)1 45 24 97 00).



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