Direction de la coopération pour le développement (DCD-CAD)

Résumé du Rapport 2011 sur la coopération pour le développement

 

 

Le paysage du développement a radicalement changé depuis la création du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 1961. À l’époque, la plupart des fournisseurs mondiaux d’aide au développement étaient représentés au sein du Comité.  Aujourd’hui, il existe un nombre toujours croissant d’instruments et d’organismes de financement qui ne cessent d’ajouter à la complexité de l’architecture de la coopération pour le développement. Parallèlement, les problèmes d’envergure mondiale qui influent sur les modèles de développement, et sont influencés par eux, sont à l’évidence plus complexes que jamais. Comme le souligne J. Brian Atwood, Président du CAD, dans son introduction, « Les responsables politiques nationaux sont plus que jamais conscients du fait que nombre des problèmes pressants qui se posent à nous à l’échelle mondiale ne peuvent être résolus que grâce à des solutions renforcées en matière de développement — ce qui suppose une coopération pour le développement plus efficace ».

 

Cette édition spéciale « cinquantième anniversaire » du Rapport sur la coopération pour le développement regroupe des articles d’acteurs renommés sur la scène du développement qui ont, au fil de leurs carrières respectives, contribué à façonner la réflexion sur les questions et les besoins d’importance auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.  En guise de présentation de ces contributions, M. Atwood souligne le rôle joué par le CAD depuis 50 ans et met en avant la pertinence persistante de ses travaux face aux défis de demain.

 

En avant-propos, le Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurrìa explique comment l’OCDE entend répondre à cette évolution du paysage du développement et aux défis nouveaux qui en résultent à travers l’élaboration d’une ambitieuse stratégie pour le développement à l’échelle de l’Organisation. Il insiste en particulier sur la diversité grandissante des modes et des sources de financement du développement, sur les problèmes spécifiques de gouvernance qui se posent dans les Etats fragiles, et sur le rôle qui incombe aux pays en développement pour faire avancer les choses.

 

Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, qui signe la préface du rapport, rappelle que depuis la naissance de l’OCDE—émanation du Plan Marshall mis en place après la deuxième guerre mondiale—le développement a toujours été au centre des travaux de l’Organisation. Louant les progrès accomplis dans ce domaine, elle fait observer que « Des nations qui, il y a seulement quelques générations, étaient paralysées par une pauvreté endémique et des institutions inefficaces représentent aujourd’hui un cinquième des échanges mondiaux ». Evoquant ensuite les défis à venir, elle souligne que l’action à l’appui du développement devra intégrer des mesures destinées à contrer le changement climatique, le chômage, l’inégalité entre hommes et femmes et le ralentissement de la croissance dans les pays en développement.

 

Qu’avons-nous appris en cinquante années de coopération pour le développement ?

James Wolfensohn, ancien Président de la Banque mondiale, se penche sur la contribution apportée par le CAD au développement à travers la fourniture de données statistiques, l’analyse des politiques, la conclusion de partenariats et la coordination d’initiatives mondiales à l’appui du développement. Il note cependant que les prochaines décennies seront marquées par de profonds changements : « d’ici 2050, la population mondiale aura dépassé de peu les neuf milliards d’individus – qui vivront pour la plupart dans les pays en développement ; et notre monde sera définitivement placé sous la domination de l’Asie, tant sur les plans démographique qu’économique ». Il appelle le CAD à « continuer à assurer un suivi et à fournir des analyses et des orientations susceptibles de faciliter une adaptation sans heurt à ces changements et de contribuer à la réduction des inégalités et de l’instabilité à l’échelle mondiale ».


Dans son chapitre consacré à la vraie richesse des nations, Helen Clark, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement, fournit un historique du Rapport mondial sur le développement humain et de la façon dont il a contribué à influer sur la notion de développement. Elle constate que, globalement, les individus sont en meilleure santé, plus instruits et plus riches qu’ils ne l’ont jamais été. Par ailleurs, si les inégalités de revenu se sont dans l’ensemble creusées, les écarts entre pays développés et pays en développement quant aux résultats en matière de santé et d’instruction ont diminué. Se tournant ensuite vers l’avenir, elle juge indispensable que tous les partenaires du développement unissent leurs efforts en vue d’assurer la construction d’institutions et de systèmes suffisamment résilients et fiables pour pouvoir répondre aux objectifs visés en matière de développement durable, satisfaire aux exigences des citoyens, faire face aux chocs, promouvoir la cohésion sociale et assurer pacifiquement le règlement des tensions et des conflits.


Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement, met à profit sa connaissance de l’Afrique pour étudier le cas spécifique de ce continent. Il constate que la politique de développement n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a cinquante ans et en dégage des enseignements importants. A de nombreux égards, souligne-t-il, l’Afrique fait office de laboratoire d’essai de l’aide, donnant une image fidèle de l’évolution des politiques et des pratiques des donneurs, ainsi que du changement du contexte géopolitique. Il se déclare persuadé que, désormais, le développement nécessite l’instauration d’un dialogue et d’une collaboration reposant sur un véritable partenariat.

Qu’est-ce qui freine les progrès dans les domaines de l’égalité entre hommes et femmes, de l’autonomisation, des droits de l’homme et de l’environnement ?

Michelle Bachelet, Sous-secrétaire générale et Directrice exécutive de l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), aborde ensuite les questions de l’égalité des sexes, de la justice sociale, de la paix et de la prospérité. Elle affirme qu’un développement efficace ne saurait ignorer ces objectifs. L’aide publique au développement (APD) a contribué à donner aux femmes et aux filles les moyens de faire valoir pleinement leurs droits et de s’imposer en tant que citoyennes à part entière, mais par suite d’un manque général d’investissement dans ces domaines, de nombreux pays accusent encore du retard dans la concrétisation d’importants objectifs de développement. Mme Bachelet recommande de mettre en place des incitations propres à favoriser l’intégration de la problématique hommes-femmes dans l’aide au développement, d’accroître le volume de cette aide et de renforcer les capacités pour ce qui est de la conception, de la mise en œuvre et du suivi de stratégies qui contribuent efficacement à lever les obstacles qui empêchent les femmes d’exploiter pleinement leur potentiel.


Hernando de Soto, Président de l’Institute for Liberty and Democracy, poursuit sur le sujet de l’autonomisation, concentrant lui son attention sur les peuples indigènes d’Amazonie, qu’une série de mythes et d’idées reçues continue à marginaliser et à exclure de toute intégration dans l’économie mondiale. D’une façon plus générale, il constate que, dans le monde en développement, des millions d’êtres humains qui vivent des ressources naturelles se heurtent à des obstacles tels que la possession d’un titre de propriété, la reconnaissance de la personnalité juridique et le défaut d’enregistrement légal lorsqu’ils cherchent à participer à l’économie mondiale et à en recueillir les fruits. Si le concept d’autonomisation a sous-tendu le débat au sein de la communauté internationale des donneurs, fait observer M. de Soto, ceux-ci le trouvent difficile à mettre en pratique. Pour promouvoir l’autonomie juridique – condition essentielle pour permettre aux populations pauvres de se protéger des retombées négatives de la mondialisation, tout en tirant le meilleur parti de ses bienfaits – il convient, d’après M. de Soto, de commencer par : comprendre le fossé séparant les secteurs formel et informel, analyser comment ces deux économies parallèles fonctionnent, évaluer les problèmes qui leur sont inhérents et les difficultés de communication dont elles pâtissent, quantifier leurs effets économiques, et imaginer comment les intégrer suivant une seule règle de droit pour créer une économie moderne, productive et fédératrice.


S’appuyant sur son expérience personnelle en tant que Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés et plus tard de responsable de l’administration de l’aide japonaise au développement, Sadako Ogata fait valoir que l’état actuel des affaires du monde aggrave les tensions politiques, sociales et économiques auxquelles sont confrontées les populations vulnérables. Elle préconise des politiques et des programmes qui seront profitables à toutes les parties prenantes et qui contribuent à combler le fossé entre catégories sociales. Selon elle, un véritable développement sans exclus doit mettre l’accent sur la sécurité et le bien-être de toutes les populations, dans toutes les situations.


Dans son chapitre, R.K. Pachauri, Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, insiste sur la nécessité d’intégrer les aspects politiques, sociaux, économiques et environnementaux de manière à améliorer la capacité des populations d’atténuer les conséquences du changement climatique et de s’y adapter. La lutte contre le changement climatique passe par le règlement simultané de plusieurs problèmes, et un large éventail de modes et d’instruments d’intervention s’offrent aujourd’hui aux gouvernements pour ce faire : intégration des politiques climatiques dans les plans de développement, élaboration de réglementations et de normes, instauration de taxes et de redevances, mise en place d’incitations financières et soutien des activités de recherche-développement, pour ne citer que ceux-là.

Face à l’évolution des enjeux et des objectifs, quel avenir pour l’aide publique au développement ?

Fort de son expérience en tant que Président du CAD (de 2003 à 2008), Richard Manning procède à un examen attentif des apports internationaux assortis de conditions libérales et du rôle que le CAD peut jouer pour renforcer l’efficacité, la responsabilité, la redevabilité et la transparence des futurs programmes d’aide. En prévision de « l’échéance » des objectifs du Millénaire pour le développement, il prône la définition de nouveaux objectifs en étendant le champ à des domaines tels que les transports, l’énergie, les droits de l’homme et l’autonomisation. Ces nouveaux objectifs, fait-il valoir, devront s’accompagner d’une nouvelle approche de la mesure des apports d’aide ainsi que d’une redéfinition de l’aide publique au développement avalisée par tous les apporteurs de coopération pour le développement.


Dans son chapitre, Jean-Michel Severino, ancien Directeur général de l’Agence française de développement, affirme qu’un réexamen en profondeur des objectifs, outils, finalités et modalités opérationnelles de l’aide n’est pas seulement nécessaire et opportun mais aussi inévitable. Les défis mondiaux, amplifiés par les tendances démographiques et le changement climatique, appellent des réponses mondiales, et les politiques de développement comme le financement du développement doivent en faire partie. Toutefois, la façon dont l’aide publique au développement (APD) est actuellement définie et dont les politiques en la matière sont aujourd’hui conçues, avec notamment le cadre global des OMD, n’est pas satisfaisante. Pour avoir une portée globale et s’inscrire dans une perspective véritablement mondiale, ces politiques doivent être repensées de manière à promouvoir une politique sociale mondiale et à favoriser une redistribution planétaire des ressources, des plus riches vers les pauvres. Il conviendrait de redéfinir en conséquence les nouveaux objectifs du Millénaire pour le développement afin d’y inclure certains aspects des biens publics mondiaux et ne plus privilégier de manière excessive les indicateurs sociaux.

 

Performance des membres du CAD en matière d'aide

L’annexe consacrée aux profils et efforts des pays membres du CAD a été étoffée et intègre des données inédites à ce jour sur l’APD multilatérale et les contributions extrabudgétaires aux organisations multilatérales, le déliement de l’aide, l’aide en faveur de l’égalité hommes-femmes, les apports ciblés sur la mise en œuvre des Conventions de Rio, et l’aide humanitaire.

 

En 2010, les apports nets d’aide publique au développement (APD) émanant des membres du CAD ont totalisé 128.7 milliards USD, soit 6.5 % de plus qu’en 2009. Ce chiffre, le plus élevé jamais enregistré, dépasse même celui de 2005 qui avait été gonflé par des opérations exceptionnelles de remise de dette. L’APD nette a représenté 0.32 % du revenu national brut (RNB) cumulé des membres, soit une part équivalente à celle de 2005 mais supérieure à celle de toutes les autres années écoulées depuis 1992.
L’aide bilatérale destinée aux programmes et projets de développement proprement dit (c’est-à-dire compte non tenu des allégements de dette et de l’aide humanitaire) a progressé de 5.9 % par rapport à 2009. Les prêts (+13.2 %) se sont davantage accrus que les dons (+6.8 %).

 

L'annexe statistique « 50ème anniversaire »

Une annexe statistique spéciale « cinquantième anniversaire » fournit un récapitulatif de l’évolution des apports à l’appui du développement au cours des 50 ans écoulés, avec en particulier des données sur l’APD comparée à d’autre types d’apports, l’APD en pourcentage du RNB par habitant, la répartition de l’APD par donneur, région, type de pays et secteur, ainsi que des indicateurs de la qualité de l’aide.

 

Pour l'intégralité des statistiques de l'aide pour 2009, merci de visiter www.oecd.org/cad/stats/annexercd.

 

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