Aide pour le commerce

Aide pour le commerce : maintenir la dynamique

 

Allocution de M. Angel Gurría, Secrétaire général de l'OCDE, prononcée pour le lancement de l'examen global 2009 de l'Aide pour le commerce
Genève, le 6 juillet 2009
 
Mesdames et Messieurs,


J’ai le plaisir de présenter aujourd’hui le deuxième rapport de suivi établi conjointement par l’OCDE et l’OMC sur l’aide pour le commerce.


Comme nous le rappelle la métaphore placée en exergue à ce rapport, « Semons dès à présent les graines de l’avenir », eu égard notamment aux retombées positives que des stratégies de croissance ouvertes sur l’extérieur peuvent avoir pour les pays en développement.


Nous savons tous que les relations entre le commerce international, la viabilité de la croissance économique et la réduction de la pauvreté sont complexes. Néanmoins, tout porte à croire que l’ouverture est une condition indispensable à la croissance, et nombreux sont les exemples de pays qui sont parvenus à s’intégrer avec succès dans l’économie mondiale. En fait, aucun pays n’a connu une croissance durable sur le long terme sans développer ses échanges.


Mais encore faut-il pouvoir le faire. Les pays à faible revenu n’ont souvent pas les capacités voulues – en termes de politiques publiques, d’institutions ou d’infrastructure – pour exploiter les possibilités offertes par l’ouverture des marchés et pour sortir de la pauvreté grâce au commerce extérieur. L’Initiative Aide pour le commerce a pour objet de permettre à ces pays de renforcer leurs capacités dans ce domaine.


Cette tâche est plus importante que jamais dans le contexte actuel, car les pays en développement ont été durement touchés par la crise. En volume, les échanges commerciaux de la zone OCDE ont baissé de 10 % environ en 2008 et le commerce mondial pourrait accuser une contraction du même ordre en 2009. Les cours des matières premières ont été volatiles, les crédits commerciaux et les envois de fonds ont diminué. Tout effort de redressement de l’économie mondiale doit comprendre un élément important de transfert en faveur des pays en développement. L’aide pour le commerce est l’illustration même d’une mesure à court terme qui a des effets à long terme. C’est l’exemple type d’action doublement avantageuse que nous recommandons de mettre en œuvre pour sortir de la crise.

 

Un Bilan Positif

L’Initiative Aide pour le commerce est un succès. Depuis son lancement en 2005, les pays partenaires accordent une priorité croissante au commerce dans leurs stratégies de développement, tandis que les donateurs leur apportent une aide supplémentaire pour leur permettre de surmonter les obstacles auxquels ils se heurtent du côté de l’offre.


L’OCDE et l’OMC suivent en étroite collaboration l’évolution de la situation. Permettez-moi de mettre en relief quelques-unes des principales conclusions de ce rapport conjoint.

 

L’aide pour le commerce est en augmentation

Entre 2005 et 2007, les flux d’aide pour le commerce ont augmenté de plus de 20 % en termes réels. Les nouveaux engagements d’aide à des conditions concessionnelles ont atteint plus de 25 milliards de dollars au total en 2007. Le financement des programmes mondiaux et régionaux, jugé particulièrement important, a plus que doublé depuis 2005. D’après des données préliminaires pour 2008, les flux au titre de l’aide pour le commerce auraient encore progressé de 10 % environ en termes réels. En l’absence de statistiques plus récentes, il est difficile de dire si ces flux sont restent soutenus en 2009 malgré la crise.


Cependant, en novembre dernier, les dirigeants des pays de l’OCDE ont souscrit une « Déclaration sur la politique d’aide » et se sont engagés à maintenir les flux d’aide. Espérons qu’ils tiendront leurs promesses. Il convient de noter que l’augmentation de l’aide pour le commerce vient en supplément des autres apports d’aide et ne se fait donc pas aux dépens du financement de programmes sociaux, dans les domaines de la santé et de l’éducation par exemple.


Par ailleurs, les prêts accordés par les organisations multilatérales et régionales aux conditions du marché sont venus grossir de 27 milliards de dollars le financement lié au commerce. Ainsi, en 2007, des engagements s’élevant à plus de 52 milliards de dollars ont été annoncés pour remédier aux problèmes rencontrés par les pays en développement du côté de l’offre. Plus important encore, d’après nos calculs, la part des fonds effectivement versés est de l’ordre de 90 % ; en d’autres termes, 9 engagements sur 10 se concrétisent sous la forme de projets et programmes d’aide pour le commerce.


Les pays partenaires sont plus actifs

Les pays partenaires jouent un rôle de plus en plus actif dans le cadre de l’Initiative Aide pour le commerce ; ils ont été près de 90 à participer à cet exercice de suivi, alors qu’ils n’étaient que 7 il y a deux ans. La majorité d’entre eux indiquent qu’ils intègrent le commerce dans leurs stratégies de développement. Ils doivent persévérer dans cette voie. Dans le contexte de la crise économique, et compte tenu des multiples sollicitations auxquelles sont soumises les ressources limitées dont disposent les donateurs, cet engagement plus résolu des pays partenaires permettra d’assurer la poursuite du financement de leurs priorités en matière d’aide pour le commerce.


Les donateurs font preuve de réactivité

Face à cet engagement des pays partenaires, l’aide pour le commerce revêt aussi une importance croissante dans les programmes des donateurs. Ceux-ci augmentent leurs apports de ressources au titre de l’aide pour le commerce, développent les compétences locales et s’efforcent de sensibiliser les décideurs et les spécialistes, aussi bien chez eux que sur le terrain. La plupart d’entre eux ont honoré les engagements qu’ils avaient pris en 2005 à Hong Kong en matière d’aide pour le commerce. De plus, malgré la crise économique, ils ont réaffirmé leur volonté de maintenir les flux d’aide. Ils ont même estimé que la crise actuelle justifiait encore plus l’aide pour le commerce. L’intérêt manifesté par les donateurs est également mis en évidence par la participation de 57 donateurs bilatéraux et multilatéraux, alors qu’ils n’étaient que 43 lors de notre première enquête.


L’aide pour le commerce est efficace

En résumé, le deuxième exercice de suivi a mis en évidence plusieurs évolutions positives. Les mécanismes existants de coordination et de mise en œuvre se sont traduits par une amélioration et une augmentation de l’aide pour le commerce, c’est-à-dire des apports prévisibles et durables, fondés sur les priorités des partenaires, alignés sur les systèmes nationaux et mieux harmonisés entre les donateurs, y compris ceux du Sud.


Le renforcement de la reddition de comptes a joué un rôle décisif, validant la recommandation de l’ Equipe spéciale de l’OMC selon laquelle l’Initiative devrait être guidée par la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.


Les résultats obtenus sont donc très satisfaisants, d’autant plus que, d’après les donateurs, les flux d’aide pour le commerce devraient s’accroître encore à moyen terme. Pour que cet objectif puisse être atteint, il faut continuer de tirer parti des progrès déjà réalisés, en s’attachant notamment :


I. A relier l’aide pour le commerce au programme pour le développement de manière générale ; et
II. A élargir et approfondir le dialogue sur l’aide pour le commerce.


Le Programme pour le Développement

Le monde a beaucoup changé depuis la dernière allocution que j’ai prononcée ici en novembre 2007. A ce moment-là, le commerce était florissant, les prix des matières premières étaient élevés, la croissance était robuste et les ressources financières consacrées au développement étaient abondantes. Aujourd’hui, nous traversons une récession mondiale qui touche durement les pays pauvres. Il faut venir en aide à ces pays.


En mai, les membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE – qui regroupe les principaux pays donateurs du monde – ont promis d’honorer leurs engagements, d’assurer l’efficacité de l’aide et de renforcer la reddition de comptes. Ils se sont engagés à assurer la complémentarité de l’aide et des autres formes de financement du développement.


Dans leur plan d’action, ils relient les mesures destinées à faire face à la crise aux objectifs mondiaux à long terme, les inscrivant ainsi dans une stratégie d’ensemble visant à rendre le monde plus fort, plus sain et plus juste. La lutte contre le changement climatique et la réduction de la pauvreté constituant à cet égard des tâches prioritaires.


L’aide pour le commerce peut jouer un grand rôle dans la réalisation des objectifs de développement auxquels nous souscrivons tous. Elle peut exercer un effet de relance immédiat sur l’activité économique, générant des possibilités d’emploi au niveau local. Et elle peut surtout contribuer au renforcement des capacités dont les pays en développement ont besoin pour assurer une meilleure protection de l’environnement et lutter contre la pauvreté.


La Nécessité du Dialogue

Relier l’aide pour le commerce au programme plus large de développement mondial exige aussi un élargissement et un approfondissement du dialogue sur les politiques à suivre.


Il faut impliquer les parlements, les citoyens, la société civile et le secteur privé.


Il faut aussi mettre en évidence la nature et l’ampleur des contraintes du côté de l’offre au niveau régional et national et au cas par cas. Cette tâche accomplie, il faut montrer comment l’aide pour le commerce peut contribuer à surmonter ces obstacles, en assurant la coordination avec les initiatives du secteur privé et en complétant ces initiatives.


Les fiches-pays sur l’aide pour le commerce contenues dans la publication conjointe de l’OCDE et de l’OMC constitue un premier pas vers le renforcement - pays par pays – des liens entre la ‘demande’, la ‘réponse’, les résultats et l’incidence des projets et programmes d’aide pour le commerce. L’intérêt de ces études de cas est qu’elles favorisent – grâce à l’amélioration de la transparence et de la responsabilité mutuelle – un renforcement des synergies entre l’aide pour le commerce et le programme pour le développement au sens large. Ce renforcement des synergies devrait à son tour encourager une amélioration et une augmentation de l’aide pour le commerce.


Mesdames et Messieurs,
Nous sommes persuadés que cette initiative peut véritablement contribuer à notre objectif commun d’une économie mondiale plus solidaire et plus respectueuse de l’environnement.


L’OCDE continuera de travailler en étroite collaboration avec l’OMC pour suivre l’aide pour le commerce. Nous rassembleront les données sur les bonnes pratiques et en ferons la synthèse, afin que les efforts d’aide pour le commerce aboutissent à des résultats concrets. Nous concevrons aussi un cadre commun d’évaluation des résultats de l’aide pour le commerce et de son incidence du point de vue des capacités commerciales, de la lutte contre la pauvreté et de la protection de l’environnement.

Mesdames et Messieurs,
J’ai commencé mon allocution en disant : “Semons dès à présent les graines de l’avenir !” Mais n’oublions pas de récolter ce que nous avons semé en 2001 ; ne relâchons pas notre effort et finissons ce que nous avons commencé à Doha. Menons à son terme le Programme pour le développement et, grâce à une augmentation des échanges commerciaux, permettons à des millions d’individus de sortir de la pauvreté.

Je vous remercie.

 

 

 

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