Brésil

Le Brésil doit poursuivre les réformes engagées pour dynamiser les échanges et l’investissement afin de favoriser une croissance inclusive

 

28/02/2018 - Au sortir d’une longue récession, l’embellie se confirme au Brésil, qui devrait enregistrer une croissance soutenue en 2018 et en 2019 à mesure que les réformes structurelles récemment mises en place commenceront à porter leurs fruits. Pour conforter cette reprise, libérer le plein potentiel économique du Brésil et distribuer équitablement les fruits de la croissance, il faudra redoubler d’efforts pour maîtriser les dépenses publiques, stimuler les échanges et l’investissement, et cibler les dépenses sociales sur ceux qui en ont le plus besoin, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

Il ressort de la dernière Étude économique de l’OCDE sur le Brésil qu’en intensifiant les réformes  permettant de renforcer les institutions, améliorer la réglementation des entreprises et recueillir les fruits d’une intégration plus poussée dans l’économie mondiale, le Brésil pourrait accroître son PIB d’au moins 20 %  sur 15 ans, ce qui aurait un impact positif sur le revenu des ménages et contribuerait à compenser la charge que fait peser le vieillissement rapide de la population sur l’économie. Pour favoriser une croissance inclusive, il est essentiel de cibler plus précisément les dépenses sociales sur les ménages les plus démunis.

 

« Le Brésil a certes renoué avec une trajectoire de croissance positive, mais il ne doit pas relâcher ses efforts », explique le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, à l’occasion de la présentation de l’Étude économique à Brasilia. « Le dividende démographique ayant désormais disparu, il sera nécessaire, pour que l’économie reparte à plein régime, d’accroître les investissements, de gagner en productivité et de s’intégrer plus profondément dans l’économie mondiale. C’est pourquoi le Brésil doit continuer sur la voie des réformes structurelles, afin d’assurer sa viabilité budgétaire et de faire en sorte que la croissance profite à tous ».

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L’Étude montre que le Brésil ne profite pas des avantages liés à l’intégration dans l’économie mondiale car sa politique commerciale a eu pour priorité de préserver les marchés intérieurs plutôt que de faciliter l’accès aux marchés étrangers. Ainsi, le Brésil applique des droits de douane très élevés sur les biens intermédiaires et les biens d’équipement, tandis que les obstacles non tarifaires aux échanges, comme les règles de contenu local et les mesures antidumping, sont très nombreux.

 

La levée des obstacles aux échanges renforcerait la compétitivité des entreprises brésiliennes en leur permettant de se procurer leurs matières premières et biens intermédiaires à moindre coût. Cela aurait pour effet de dynamiser les volumes d’échanges et  d’augmenter la productivité et les salaires, tout en entraînant une baisse des prix pour les consommateurs, en particulier pour les ménages à bas revenus.

 

L’investissement, qui est déjà limité par comparaison avec d’autres économies d’Amérique latine et émergentes, a reculé à la fois en valeur réelle et en proportion du PIB ces dernières années, ce qui pèse sur l’ensemble de l’économie et aggrave les goulets d’étranglement existants au niveau des infrastructures. Pour inverser cette tendance, il faudra prendre des mesures concrètes pour améliorer la planification des infrastructures, ouvrir de nouvelles sources de financement, réduire les charges administratives, simplifier la fiscalité et rationaliser les régimes d’octroi de licences. La poursuite de la lutte contre la corruption au moyen de réformes visant à renforcer l’obligation de rendre des comptes contribuerait aussi à attirer les investissements et à rétablir la confiance des citoyens à l’égard des institutions.

 

En matière de finances publiques, l’Étude montre que, faute d’une réforme significative des dépenses publiques obligatoires, la viabilité budgétaire du pays pourrait être compromise. Pour favoriser une croissance plus inclusive sans sacrifier les objectifs budgétaires, la priorité du Brésil dans l’immédiat est de mener une réforme complète de son régime de retraite.

 

L’Étude préconise également d’améliorer l’affectation des dépenses sociales, dont une grande partie profite aux ménages de la classe moyenne, afin de cibler plus précisément ceux qui en ont le plus besoin. Par exemple, Bolsa Familia, qui est un programme très efficace, ne représente que 0.5 % du PIB, alors que le total des dépenses sociales s’élève à 15 % du PIB. Le transfert de ressources supplémentaires au profit de ce dispositif, couplé à une réforme des autres programmes de transferts, contribuerait à faire reculer les inégalités et la pauvreté.

 

Les transferts au profit des entreprises privées, notamment par le biais de réductions d’impôts, ont fortement augmenté ces dernières années, ce qui crée un terrain fertile à des comportements de recherche de rentes et à la corruption politique, sans enrayer la contraction notable de l’investissement.

 

Alors que le Brésil s’efforce de renforcer la gouvernance publique et d’améliorer la reddition de comptes concernant les dépenses publiques, l'OCDE lance, à l’occasion de la visite du Secrétaire général à Brasilia, un nouveau projet de trois ans avec le Tribunal de Contas da União, l’institution supérieure de contrôle des finances publiques du Brésil. L’objectif : renforcer sa capacité à améliorer l’efficacité des politiques et des programmes ainsi que le socle de données concrètes sur lequel ils s’appuient, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la sécurité.

 

Pour télécharger l’Étude, cliquer ici pour la version en anglais et ici pour la version en portugais

 

Les journalistes souhaitant obtenir de plus amples informations sont invités à contacter Catherine Bremer de la Division des médias de l'OCDE (catherine.bremer@oecd.org, +33 1 45 24 97 00).

 

Note aux responsables de publication :

 

L'OCDE est une organisation internationale qui a son siège à Paris et dont la mission consiste à promouvoir des politiques visant à améliorer le bien-être économique et social des populations du monde entier. Elle offre aux pouvoirs publics une enceinte où ils peuvent conjuguer leurs efforts en vue de partager leurs expériences et de rechercher des solutions aux problèmes économiques, sociaux et de gouvernance auxquels ils sont confrontés.

 

Les 35 pays actuellement membres de l'OCDE sont : l'Allemagne, l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Chili, la Corée, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Islande, Israël, l'Italie, le Japon, la Lettonie, le Luxembourg, le Mexique, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République slovaque, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Slovénie, la Suède, la Suisse et la Turquie.

 

Trois pays – la Colombie, le Costa Rica et la Lituanie – ont été officiellement invités à entamer des discussions d'adhésion et leur processus d'adhésion est en cours.

 

Le Brésil est l’un des cinq Partenaires clés de l'OCDE, aux côtés de l’Afrique du Sud, de la Chine, de l’Inde et de l’Indonésie. Les Partenaires clés contribuent aux travaux de l'OCDE de façon régulière et approfondie. Un élément central du programme relatif aux Partenaires clés consiste à favoriser la participation directe et active de ces pays aux travaux des organes de substance de l'Organisation. Cela passe notamment par l'établissement de partenariats entre ces pays et les organes de l'OCDE, leur adhésion aux instruments de l'Organisation, et leur intégration dans ses systèmes de notification et d'information statistiques. Pour de plus amples informations sur la coopération de l'OCDE avec le Brésil, consulter le site www.oecd.org/latin-america/countries/brazil/.

 

En mai 2017, le Brésil a adressé un courrier officiel à l'OCDE afin de lui faire part de sa volonté d’engager une procédure d’adhésion à l’Organisation. Le Conseil de l'OCDE, organe de gouvernance de l'Organisation, examine actuellement cette demande, ainsi que celles reçues de la part de l’Argentine, de la Bulgarie, de la Croatie, du Pérou et de la Roumanie.

 

Pour de plus amples informations sur la procédure d’adhésion à l'OCDE : www.oecd.org/fr/juridique/procedure-adhesion.htm

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.