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Belgique

Etude économique de la Belgique, 2005: Un défi pour les pouvoirs publics : se préparer au vieillissement démographique

 

Le principal enjeu est la préparation au vieillissement démographique

La population belge vieillit, bien qu’un peu moins rapidement qu’en moyenne dans la zone de l’OCDE. Vers la fin de la présente décennie, les membres de la génération du baby-boom seront de plus en plus nombreux à prendre leur retraite. Cela freinera la croissance économique, essentiellement parce que la croissance de l’offre de travail se ralentira, et les finances publiques seront fortement sollicitées durant les décennies à venir. Des politiques ont été mises en œuvre pour limiter le coût de ce choc démographique, notamment grâce à une diminution sensible de la dette. Les quelques années qui restent avant que la nombreuse génération du baby-boom prenne sa retraite donnent  l’occasion  d’aller plus loin dans ces mesures pour préserver ainsi les éléments essentiels du système de protection sociale. Premièrement, la consolidation des finances publiques est nécessaire pour assurer la soutenabilité budgétaire à long terme – définie comme la situation dans laquelle les programmes publics peuvent être financés en permanence à taux d’imposition constants, la dette se stabilisant en définitive en proportion du PIB (puisque la Belgique fait partie de la zone euro, cette stabilisation de la dette publique doit se faire à un niveau  inférieur à 60% du PIB). Deuxièmement, il faut mettre en place des réformes pour accroître les taux d’emploi, en particulier dans le cas de la population active âgée, des jeunes d’âge actif et des minorités ethniques, et pour ralentir encore plus la baisse du temps de travail. Enfin, des réformes s’imposent pour accélérer la croissance de la productivité. L’économie étant en phase de reprise, c’est le moment idéal pour progresser sensiblement dans la mise en oeuvre de ces mesures.

Le vieillissement démographique freinera la croissance économique et sollicitera les finances publiques

A supposer que la durée du travail diminue encore (mais moins que ces trente dernières années) et que le taux de chômage structurel ne recule pas sensiblement la  croissance économique pourrait se ralentir en passant d’un rythme annuel moyen de l’ordre de 2% durant la présente décennie à un peu plus de 1% entre 2010 et 2050 selon des projections réalisées par  l’OCDE. Toutefois, ces projections ne tiennent pas compte des effets futurs sur l’offre de travail de la réforme fiscale de 2001, de la baisse des cotisations de sécurité sociale, des mesures visant à intensifier la recherche d’un emploi et de la réforme des retraites de 1996. Compte tenu de ces éléments et à supposer que  de nouvelles  mesures soient prises pour accroître le taux d’emploi, en particulier dans le cas de la population active âgée, et que le taux de croissance de la productivité du travail augmente par rapport à la tendance récente, le Conseil supérieur des finances (CSF), qui prépare des projections annuelles concernant l’impact économique et budgétaire du vieillissement démographique, prévoit un plus faible ralentissement du taux de croissance économique, à 1½ pour cent environ en 2030. Se situant dans cette perspective et considérant que le gouvernement continuera à prendre régulièrement des mesures pour maîtriser les dépenses de santé, le CSF prévoit que le coût budgétaire du vieillissement de la population atteindra 3.4% du PIB en 2030, essentiellement à cause de la hausse des dépenses pour les retraites et pour la santé. Mais si la croissance économique devait être conforme aux projections de l’OCDE – ce qui se traduirait par un taux d’emploi plus faible pour la population active la plus âgée, qui perçoit des prestations sociales élevées – le coût budgétaire du vieillissement serait supérieur d’environ 1% du PIB.

Il serait également possible d’atténuer les effets du vieillissement de la population en ralentissant la diminution à long terme de la durée du travail grâce à une nouvelle baisse de l’impôt sur les revenus du travail

On pourrait atténuer l’impact du vieillissement de la population sur l’offre de travail non seulement en augmentant le taux d’emploi, mais aussi en freinant la baisse à long terme de la durée du travail par personne exerçant un emploi. La durée du travail a diminué ces dernières décennies essentiellement parce que la productivité s’est accrue, la fiscalité des revenus du travail a été alourdie et les femmes sont plus nombreuses dans la population active. Elle est aujourd’hui légèrement inférieure à la moyenne pour l’OCDE. Une des conséquences de nouvelles baisses de l’impôt et des cotisations de sécurité sociale frappant les revenus du travail, s’appuyant sur le programme en cours d’allégement de l’impôt et des charges sociales, serait de ralentir davantage  la diminution de la durée du travail par personne exerçant un emploi. L’allègement de la fiscalité des revenus du travail,  inciterait également moins à l’exercice de certaines activités dans l’économie souterraine, ce qui élargirait les bases d’imposition et réduirait encore les pertes d’efficience dues à l’impôt. Pour pouvoir alléger la fiscalité des revenus du travail, il faudrait que les dépenses publiques diminuent en proportion du PIB. La suppression progressive des prestations de sécurité sociale pour les pré pensionnés et les chômeurs qui ne sont pas demandeurs d’emploi (comme on l’a recommandé ci-dessus), réduirait les dépenses de sécurité sociale de 1% du PIB. Si l’obligation de recherche d’emploi était strictement appliquée et si les partenaires sociaux s’entendaient sur une augmentation des dépenses pour la formation des travailleurs âgés et une moindre majoration de salaire pour âge ou ancienneté, la plupart des personnes qui auraient  perçu des prestations pour retraite anticipée exerceraient un emploi et paieraient des impôts au lieu d’être chômeurs de longue durée. Par conséquent, ces mesures pourraient utilement contribuer à faire baisser les dépenses publiques. En outre, les mesures qui visent à accroître les taux d’emploi et à faire reculer le chômage parmi les jeunes et les minorités ethniques auraient également un effet budgétaire positif, rendant possibles de nouveaux allégements de la fiscalité des revenus du travail.

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Une synthèse (en format pdf) peut également être téléchargée. La Synthèse contient le résumé et les évaluations et recommandations de l'OCDE, mais pas nécessairement tous les graphiques disponibles dans les pages ci-dessus.

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