Belgique

En Belgique, renforcer l'investissement public tout en réformant la fiscalité et l'éducation permettra de favoriser une croissance inclusive

 

20/06/2017 - La conjonction de politiques publiques fondées sur les mécanismes du marché et de mesures de redistribution caractéristiques d'un État-providence ont porté le PIB par habitant de la Belgique à un niveau très supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE et renforcé le bien-être, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

 

Selon la dernière Étude économique de la Belgique publiée par l'OCDE, le pays obtient généralement de bons résultats dans plusieurs dimensions du bien-être, notamment l'équilibre vie professionnelle-vie privée, la santé, l'éducation et l'engagement civique. Les inégalités de revenu après prélèvements et transferts sont comparativement basses, et l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes est le plus faible de tous ceux des économies de l'OCDE.

 

Les politiques macroéconomiques saines ont été étayées par d'importantes réformes dans des domaines comme la fiscalité, le système de fixation des salaires, les retraites ou encore les prestations de chômage, ainsi que par des mesures visant à améliorer l'environnement professionnel offert aux petites entreprises et aux professions libérales.

 

La Belgique reste cependant confrontée à des problèmes importants : l'investissement public y est trop faible, la structure de la fiscalité ne vise pas suffisamment à garantir l'inclusivité de la croissance, et les politiques publiques en matière d'éducation et de marché du travail devraient avoir pour objectif de corriger les médiocres résultats obtenus par les immigrés et les membres d'autres groupes défavorisés.

 

En présentant aujourd'hui cette Étude économique à Bruxelles en compagnie du Premier ministre belge, Charles Michel, le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, a déclaré : « Dans un contexte mondial délicat, il est encourageant de voir que l'économie de la Belgique est en voie d'accélération, bien qu'à un rythme modeste par rapport aux niveaux d'avant la crise.  Les évolutions dont on peut se réjouir sont nombreuses, et la Belgique possède la détermination nécessaire pour relever les grands défis auxquels elle reste confrontée. Il importe que les pouvoirs publics mettent l'accent sur l'investissement public ainsi que sur les réformes de la fiscalité et de l'éducation pour renforcer la croissance et la rendre plus inclusive, afin que chacun puisse en récolter les fruits. »

 

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Selon l'Étude, il est essentiel d'améliorer la productivité, dont la croissance a été modeste ces dernières années, pour pouvoir durablement relever le niveau de vie de l'ensemble de la population. Pour ce faire, les pouvoirs publics pourraient stimuler le dynamisme et l'innovation des entreprises, améliorer les infrastructures publiques pour réduire les embouteillages aux alentours des grandes villes, et diffuser largement les technologies de pointe. 

 

Afin de garantir que les fruits de la croissance économique soient plus largement partagés, il est également impératif selon l'Étude de s'attaquer aux problèmes que constituent les inégalités sur le marché du travail et les fortes disparités régionales en matière d'emploi et de résultats scolaires. En Belgique, le chômage des jeunes est supérieur à la moyenne de l'OCDE, tandis que l'écart entre le taux d'emploi des immigrés non européens de deuxième génération et celui des autochtones est parmi les plus élevés de toute l'Union européenne (UE). De fait, un jeune issu de l'immigration a 35 % de chances de moins qu'un jeune autochtone d'obtenir un diplôme de l'enseignement supérieur ; ce taux est, là encore, l'un des plus faibles de l'OCDE.

 

L'Étude souligne qu'il importe tout particulièrement de développer les possibilités d'acquérir et d'entretenir des compétences pour mieux intégrer les jeunes, les travailleurs âgés et les immigrés peu qualifiés sur le marché du travail. Il est possible d'accroître le taux de participation aux formations, et nécessaire d'augmenter les dépenses consacrées à l'enseignement supérieur.

 

Les autres recommandations d'action formulées dans le rapport ont pour objet d'appeler notamment le gouvernement à :

 

  • augmenter l'investissement public dans les infrastructures de transport en le finançant grâce à des redevances d'utilisation, à une amélioration de l'efficience des dépenses publiques et à la mobilisation de fonds privés ;
  • continuer d'abaisser les cotisations patronales de sécurité sociale sur les bas salaires et envisager de mettre en place un impôt fédéral sur les plus-values, dans le cadre d'une réforme plus large de la fiscalité de l'épargne des ménages ;
  • réduire le taux de l'impôt fédéral des sociétés et réformer les exonérations qui facilitent l'évasion fiscale ;
  • veiller à ce que les entreprises respectent les nouvelles dispositions législatives et permettent aux travailleurs de bénéficier d'au moins cinq jours ouvrés d'enseignement et de formation par an ;
  • améliorer les mécanismes d'incitation en place afin d'attirer les enseignants expérimentés là où les besoins sont les plus grands et réduire la concentration d'élèves défavorisés dans certains établissements ;
  • relever les frais de scolarité et instaurer parallèlement un système de prêts remboursables en fonction des revenus futurs et de bourses pour les étudiants les plus défavorisés ;
  • Renforcer la formation à l'entrepreneuriat et continuer de promouvoir le capital-risque pour soutenir le développement des nouvelles entreprises.

 

Une Synthèse de cette Étude économique reprenant ses principales conclusions est disponible en anglais et en français à l'adresse suivante : www.oecd.org/fr/economie/etudes/etude-economique-belgique.htm.

 

Pour toute information complémentaire, les journalistes peuvent contacter la Division des médias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

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