Autriche

L’Autriche doit redoubler d’efforts pour aider les personnes présentant des troubles fréquents de la santé mentale

 

02/09/2015 - Dans un nouveau rapport, l’OCDE indique que l’Autriche doit faire davantage pour aider les personnes présentant des troubles de la santé mentale à trouver un emploi ou à rester sur le marché du travail. Une approche plus globale serait profitable à la fois aux salariés et aux entreprises : on estime que les problèmes de santé mentale coûtent à l’économie autrichienne près de 3.6 % du PIB chaque année en productivité perdue, en soins de santé et en prestations hors emploi.

 

Santé mentale et emploi : L’Autriche indique qu’environ un tiers des personnes qui perçoivent des prestations de maladie, de chômage ou d’invalidité présentent un trouble de la santé mentale. Le taux de chômage des personnes ayant une maladie mentale est trois fois supérieur au taux global, et il est particulièrement élevé chez les travailleurs âgés. Si l’on s’intéresse au lien qui existe entre l’âge, la santé et l’emploi, on observe qu’en Autriche l’âge, combiné à des troubles de santé mentale, est considéré comme une raison acceptable de quitter le marché du travail prématurément. De ce fait, ces deux dernières décennies, la santé mentale est devenue le principal facteur à l’origine des demandes de prestations d’invalidité.

 

Le marché du travail autrichien est vigoureux, mais les personnes qui présentent des troubles de la santé mentale sont très souvent absentes de leur travail et connaissent d’importants problèmes de performance. Leur situation peut être améliorée par la mise en place sur le lieu de travail de services de gestion de la maladie financés par l’assurance-maladie et par la possibilité d’un retour partiel à l’emploi. Les services existants de médecine du travail et de conseil en matière de santé (fit2work) peuvent jouer un rôle accru en aidant les travailleurs en proie à des problèmes de santé mentale à conserver ou à retrouver leur emploi.

 

La réforme récente des prestations d’invalidité est une étape importante qui va dans la bonne direction, étant donné qu’elle vise à prévenir toute sortie prématurée du marché du travail et qu’elle aide les personnes concernées à rester sur le marché du travail ou à y retourner. Sa réussite dépend toutefois de la mesure dans laquelle les personnes qui peuvent désormais bénéficier d’une aide soit à la réadaptation, soit à la reconversion, seront prises en charge par les organismes compétents. Sans véritable accompagnement, les nouvelles aides pourraient facilement aboutir à une impasse.

 

En Autriche, les dépenses de santé sont élevées et les services de santé en général sont facilement accessibles. Le rapport constate néanmoins un manque d’attention à l’égard des besoins dans le domaine de la santé mentale et une insuffisance des ressources pour la psychothérapie. Soigner les gens pour les aider à reprendre le travail n’est pas une démarche courante, et il n’existe aucun lien entre les services de santé et les services d’emploi. D’autres pays mènent des essais concluants dans ce domaine.

 

Des changements sont également nécessaires dans d’autres domaines, notamment dans le système éducatif. Les dépenses totales élevées dans l’éducation n’aident pas suffisamment les jeunes qui connaissent des problèmes de comportement et de santé mentale. Un accompagnement professionnel renforcé est nécessaire à la fois dans les établissements scolaires et en dehors. Le soutien pédagogique fourni aux jeunes et aux apprentis devrait être étendu pour atteindre les groupes ciblés et lutter contre le décrochage scolaire au deuxième cycle du secondaire et dans les établissements d’enseignement professionnel.

 

L’OCDE recommande aux autorités autrichiennes de :

 

  • Mettre rigoureusement en œuvre la réforme des prestations d’invalidité de 2013 pour les travailleurs de tous âges et d’étendre la réforme à l’ensemble de la population active.
  • Renforcer les moyens et les compétences du service public pour l’emploi de sorte qu’il puisse prendre en charge les clients présentant des troubles de la santé mentale.
  • Intégrer le versement des prestations de maladie dans un système actif pour encourager un retour rapide à l’emploi ou, le cas échéant, un retour partiel à l’emploi.
  • Renforcer le service de soutien actif fit2work afin qu’il soit facilement accessible aux travailleurs comme aux employeurs.
  • Redéployer les ressources de santé pour développer les soins de santé mentale à un niveau suffisant, notamment en ce qui concerne les soins ambulatoires et primaires et la pédopsychiatrie, et dans les zones rurales.
  • Réorienter les ressources éducatives pour développer l’accompagnement des élèves et des enseignants par du personnel qualifié.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont priés de prendre contact avec Christopher Prinz (tél. : +33 1 4524 9483 / christopher.prinz@oecd.org) ou Niklas Baer (tél. : +41 79 778 2884 / niklas.baer@pbl.ch), les auteurs du nouveau rapport de l’OCDE, ou avec Antonie Kerwien du bureau des médias de l’OCDE à Berlin (tél. : +49 30 2888 3541 / antonie.kerwien@oecd.org). 

 

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